• Imprimer

Disparition d'Arlette Jouanna (1936-2022)

 Spécialiste du XVIsiècle, l’autrice de nombreux ouvrages sur la Renaissance et les guerres de religion s'est éteinte le 29 janvier, à l’âge de 85 ans.

Disparition d'Arlette Jouanna

Dans le portrait d’Arlette Jouanna (1936-2022), la discrétion et la pudeur contrastent de manière saisissante avec la place éminente qu’elle occupait au sein de l’école historique française et avec la trace indélébile que laisse son œuvre. Elle rejoint en 1968 l’Université Paul Valéry, qu’elle ne quittera plus (elle disait préférer la douceur de la province aux tumultes de la Capitale). Sa thèse consacrée à l’idée de race dans la France moderne allait faire date. Tout comme Le Devoir de révolte (1989), livre consacré à l’éthique nobiliaire d’Ancien Régime, devenu aussitôt un classique ; puis son Histoire et dictionnaire des guerres de religion (1998), une référence.

Chez Gallimard, son magnifique ouvrage sur la Saint-Barthélemy (« Les Journées qui ont fait la France », 2007), qui clôt l’interminable débat sur le sens de nos guerres civiles et religieuses, lui vaudra le prix Guizot, et son diptyque sur le pouvoir absolu (« L’Esprit de la cité », 2013-2014), le prix Chateaubriand ; bientôt suivis d’une magistrale biographie de Montaigne (Nrf-Biographies, 2017). Son exploration des ressorts du pouvoir monarchique, de l’idéologie absolue, des passions religieuses, de l’honneur aristocratique forment l’œuvre lumineuse d’une historienne d’exception qui a su, avec une clarté et une maîtrise sans égal, renouveler l’histoire de la France moderne.

Son dernier ouvrage, Le Sang des princes, paraîtra à l’automne 2022 dans « L’Esprit de la cité ».

Ouvrages associés