Affiche pour les Romans de la province, chez Gallimard, 1956.

 

La Quinzaine de la Pléiade
Album Marcel Aymé

L'écrivain au travail


« Quand on compare les textes définitifs à leur première version dans la presse, on s'aperçoit souvent des changements importants qu'il a effectués avant de signer les bons à tirer de ses recueils de nouvelles et de ses romans. D'une manière générale, il a plus retranché qu'ajouté, pour être moins pesant ou accroître l'intérêt dramatique de ses textes. En somme, le promeneur nonchalant de la butte Montmartre, que l'on voyait tous les matins avenue Junot ou rue Lepic, rue Caulaincourt ou rue du Mont-Cenis, était un grand travailleur. Rentré chez lui, il prenait son déjeuner, puis il s'enfermait dans son bureau où il écrivait plusieurs pages chaque après-midi. Même le soir, quand ses obligations mondaines ou familiales ne le retenaient pas, il retournait à sa table de travail et emplissait des pages et des pages d'une petite écriture fine et serrée, en évitant les ratures. Il préférait réfléchir complètement à ses phrases avant d'écrire. »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé.

Manuscrit de Marcel Aymé.


Des tournures populaires et régionales

« Il est cependant un domaine dans lequel il a largement puisé : celui des expressions et du vocabulaire franc-comtois. Dans ses romans de la campagne, on trouve quelques termes techniques comme la "seille" ou la "bouille", mais surtout beaucoup de tournures populaires ou régionales. Il a excellé à les imiter, faisant de nombreux passages de son œuvre de véritables morceaux d'anthologie. Il en est ainsi des propos de Gustalin au sujet de sa femme, la Flavie : "Elle a des fois des mots vexants, mais ce ne serait pas une mauvaise femme. Ce qu'il y a, c'est qu'elle est en train de faire sa ménopause, vous comprenez ? Quand les sangs de retour la travaillent, c'est tout de suite les humeurs qui remontent et son caractère qui redomine. Autrement que ça, je vous dis, pas mauvaise femme. "
On parlait français à la tuilerie des Monamy, mais dans beaucoup d'autres familles on ne pratiquait que le patois, et un esprit naturellement observateur comme celui du jeune Marcel a dû en tirer très tôt des remarques amusées, ne serait-ce qu'à l'école où les différences dues à l'intelligence et au langage ne faisaient que s'accentuer. »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé.

La Quinzaine de la Pléiade
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