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Yukio
Mishima (1925-1970)
À
l'occasion du trentième anniversaire de la mort de Yukio Mishima
en 2000, ont paru aux Éditions Gallimard un roman, La Musique,
et une pièce de théâtre, Le Lézard noir,
inédits en France.
Biographie
Bibliographie
Mishima vu par
Marguerite Yourcenar
«
La façon dont chez Mishima les particules traditionnellement japonaises
ont remonté à la surface et explosé dans sa mort
font de lui... le témoin, et au sens étymologique du mot,
le martyr du Japon héroïque qu'il a pour ainsi dire rejoint
à contre courant ».
« Ce suicide
a été, non comme le croient ceux qui n'ont jamais pensé
pour eux-mêmes à telle conclusion, l'équivalent d'un
flamboyant et presque facile beau geste, mais une montée exténuante
vers ce que cet homme considérait, dans tous les sens du mot, comme
sa fin propre ».
Indications
biographiques
Né
à Tokyo en 1925, Kimitake Hiroaka est plongé dès
son enfance dans la littérature et le théâtre Kabuki
dont sa grand-mère paternelle, issue d'une famille de samouraï,
lui transmet la passion. Vers l'âge de douze ans, l'enfant découvre
les classiques japonais et des auteurs occidentaux tels que Wilde, Rilke,
puis Radiguet. Il commence alors à rédiger des récits
qu'il porte jusqu'à sa mort à sa mère, avec laquelle
il entretient des liens passionnés. Effectuant sa scolarité
au Collège des Pairs, son talent littéraire est très
vite remarqué. Invité à publier en feuilleton sa
première uvre importante, La Forêt tout en fleurs,
dans la revue Art et Culture, Kimitake choisit pour l'occasion
le pseudonyme Yukio Mishima, et fréquente le milieu de l'École
romantique japonaise. Puis Kimitake entreprend alors des études
à la facultés des sciences juridiques de l'Université
Impériale, provisoirement interrompues par la guerre.
Après la reddition de 1945, Mishima délaisse l'École
romantique japonaise au profit du groupe de la revue Littérature
Moderne. Pourtant, le jeune homme fasciné par la mort est mal
à l'aise dans le Japon d'après-guerre avec lequel il se
sent « anachronique » de par ses goûts littéraires
et sa façon d'écrire. En 1946, il rencontre l'écrivain
Yasumi Kawabata qui encourage la publication de ses manuscrits. Après
un bref passage au ministère des finances, Mishima décide
de se consacrer exclusivement à sa carrière d'écrivain
: Confession d'un masque, paru à l'automne 1948, le révèle
au public.
Auteur prolifique, Mishima enchaîne nouvelles et romans parmi lesquels
on peut citer Amours interdites (1951), paru l'année de
son premier voyage en Occident, Le Tumulte des flots (1954), Le
Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). Parallèlement,
l'écrivain se consacre à la rédaction de ce qu'il
appelle ses «divertissements », récits populaires qui
lui assurent un confort matériel. La Musique (1964), roman
dans lequel apparaît son aversion pour la psychanalyse, est l'un
d'entre eux. Loin de se limiter au genre romanesque, Mishima poursuit
également dans la voie du théâtre. Il produit, essentiellement
pour la compagnie théâtrale le Bungaku-za, une pièce
par an, parmi lesquelles figurent ses Cinq Nôs modernes.
Mishima atteint le faîte de sa popularité à la fin
des années cinquante. Le court récit Patriotisme,
ainsi que la pièce Un Jour trop tard, reflètent l'idéalisme,
l'attachement aux valeurs traditionnelles du Japon et le désir
de mort de leur auteur. Après s'être entraîné
secrètement durant un mois en 1967 dans les forces militaires d'auto-défense,
Mishima crée l'année suivante son armée privée,
« La Société du bouclier ».
Malgré tout, l'auteur du Pavillon d'or poursuit son uvre
littéraire. Outre plusieurs essais tel que Mes Errances littéraires
(1963) et Le Soleil et l'acier (1968), il commence en 1965 l'uvre
la plus importante à ses yeux, un cycle de quatre romans intitulé
La Mer de la fertilité (Neige de printemps, Chevaux
échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition),
qu'il achèvera juste avant sa mort en 1970. Les dernières
années de sa vie sont également marquées par la rédaction
de plusieurs pièces de théâtre, dont Madame de
Sade (1965), Mon ami Hitler (1968), La Terrasse du roi lépreux
et Le Lézard noir (1969).
Mishima se donne la mort de façon spectaculaire au quartier général
des forces japonaises en novembre 1970 au cours d'un seppuku. Reconnu
à la fois en Orient et en Occident, il est incontestablement le
plus grand auteur du Japon de l'après-guerre, et l'un des rares
écrivains à avoir décrit la société
japonaise dans son ensemble.
Bibliographie
Œuvres
de Yukio Mishima aux Éditions Gallimard
Pour en savoir
plus
Millot, Catherine, Gide, Genet, Mishima : intelligence
de la perversion, Gallimard, 1996
Nathan, John, La Vie de Mishima, Gallimard, 1980
Takemoto T., « Mishima pour ou contre Bataille »,
La NRF, avril 1974, n° 256
Yourcenar, Marguerite, Mishima ou la vision du vide,
Gallimard, Paris, 1981
et aussi :
Assoun,
Paul-Laurent et al., Analyses et réflexions sur Mishima,
Le Pavillon d'or et la beauté, Ellipses, 1986
Cecchi, Annie, Mishima Yukio : esthétique classique,
univers tragique : d'Apollon et Dionysos à Sade et Bataille,
H. Champion, 1999
Fino, Giuseppe, Mishima, écrivain et guerrier,
Éd. de la Maisnie, 1983
Miller, Henry, Virage à 80, Stock, 1981
Morris, Ivan, Japon, Gallimard, 1980
Scott-Stokes, Henry, Mort et vie de Mishima, Balland,
1985
Le Magazine littéraire, février 1981,
n° 169
©
Gallimard 2000
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