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«Faire
cesser la contrainte que la guerre
exerce encore sur les intelligences»,
tel est en juin 1919 le projet
contesté de Rivière,
jeune directeur d'une N.R.F.
renaissante. Malmené par
les fondateurs de la revue mais
soutenu par son ami Gallimard,
Rivière tient fermement
la barre et assure le succès
de la revue (2 755 abonnés
en août 1920).
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Montherlant
Drieu La Rochelle
Morand
Crémieux
Groethuysen
Jacob
Pourrat
Jouhandeau
Mac Orlan
Breton
Aragon
Eluard
Supervielle
Alain
Léautaud
Soupault
Schloezer
Lacretelle
A. Cohen
Delteil
Mauriac
Malraux
Arland
Fernandez
Vialatte
Ponge
Cocteau
Maurois
Cassou
Artaud
Crevel
Ungaretti
Vitrac |
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Sous
l'influence de son directeur et de Jean Paulhan
- secrétaire à partir de juillet
1920, La N.R.F. ouvre ses sommaires
à une nouvelle génération
d'auteurs qui, à l'image de Dada et
des surréalistes, bouleversent les
valeurs littéraires d'avant-guerre.
La revue subit en 1921 une attaque frontale
d'Henri Béraud, soutenu par la presse
nationaliste et antiparlementaire ; c'est
La Croisade des longues figures, qui s'en
prend à «l'esprit N.R.F.»,
à ses soutiens politiques, et à
son prétendu sectarisme homosexuel
et protestant. Rivière lutte habilement
contre ces agressions ; il approfondit dans
les colonnes de la revue son engagement pro-européen
et pacifiste, et milite - contre la politique
de Poincaré - en faveur de la réconciliation
franco-allemande. Mais plus que jamais, malgré
ses préoccupations politiques, Rivière
veille à préserver La N.R.F.
d'un asservissement à «l'intérêt
national». |