A la première décade de Pontigny. Coll. part.











Billet de Gide  convoquant  Pierre de Lanux à une réunion de la revue. © Gallimard
Le premier numéro 1, 1908

Auteurs entrés au catalogue

Claudel
Fargue
Jammes
Larbaud
Léger
Romains
Valéry
Giraudoux
Jaloux
Bachelin
Alain-Fournier
Bloch
Thibaudet
Suarès
Martin du Gard
Benda
Proust

La maison d'édition de Gaston Gallimard est le «prolongement» de la célèbre Nouvelle Revue française, dominée par André Gide.
Le premier numéro de la revue, paru le 15 novembre
1908 sous la direction d'Eugène Montfort, ne fait pas l'unanimité du groupe et provoque sa dissolution.
Un second premier numéro paraît le 1er février 1909, à l'initiative de Gide, Henri Ghéon, Marcel Drouin, Jacques Copeau, Jean Schlumberger et André
Ruyters.
Ces trois derniers co-dirigent la revue jusqu'en janvier 1912 ; ensuite Copeau en assure seul la direction.
Sous l'impulsion de Jacques Rivière - secrétaire depuis décembre 1911, la revue réorganise ses sommaires.

R. Martin du Gard, l'un des auteurs de la N.R.F.  D.R.
R. Martin du Gard
André Gide en 1908. Coll. part.
André Gide


Elle a tôt fait de trouver sa légitimité littéraire, offrant chaque mois des contributions de ses
fondateurs et d'écrivains proches de leurs préoccupations. Au romantisme, au naturalisme et au symbolisme des générations passées, La N.R.F. préfère la tradition classique française ; contre le « globalisme » et les effets de plume, elle choisit la puissance contenue de l'analyse.
La littérature y est défendue pour elle-même, affranchie des contingences politiques ou morales qui corrompent son propos. Ce thème sous -tend la plupart des évolutions, dissensions et polémiques qui animeront la revue.

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« Il faut faire un effort d'imagination pour mesurer, neuf décennies passées, la force de rupture que recelait la bombe NRF. Rupture avec quoi ? Avec qui ? Les six «gidiens» n'apparaissent pas dans un désert. On trouve là le faisandé et l'académique, le chauvin et le parisien, le décadent et le licencieux, Claudine et Colette Baudoche, la cambrure 1900 et les langueurs fin de Siècle. La NRF ne va pas naître d'un désir, si banal en littérature, de faire table rase, mais d'un retour à la rigueur et aux inspirations classiques. On nettoie. On ne se débraille pas : on resserre les cravates. »

François Nourissier