© Archives Editions Gallimard
 Les Jours
 Bibliographie
 Nouveauté
 Lettre à Claude Gallimard
Association
des amis d'auteur

Marguerite Yourcenar (1903-1987)

 

  La durée du travail littéraire se confond avec celle de l'existence de l'auteur lui-même

Marguerite Yourcenar, Avant-propos de l'auteur aux Œuvres romanesques
« Bibliothèque de la Pléiade », 1982

  « L'être qui s'appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903 » (Souvenir Pieux, 1974).
  L'auteur de Mémoires d'Hadrien et de L'Œuvre au noir évoque en ces termes sa naissance dont le centenaire est célébré cette année. Romancière et essayiste, Marguerite Yourcenar échappa, dans sa traversée du siècle, à toutes les conventions, sociales, familiales et littéraires.

 

     
Vers 1906. Photo © Archives Editions Gallimard
Scheveningen, 1905. Avec Egon de Vietinghoff. Photo Fonds Letot, © Archives Editions Gallimard
Vers 13 ans. Photo © Archives Editions Gallimard
Alexis - Le Coup de grâce, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1971
Nouvelles orientales, de M. Yourcenar (coll. L'Imaginaire). Gallimard, 1978
En Italie en 1924. Photo © Archives Editions Gallimard
Anna, soror..., de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1981
Mémoires d'Hadrien, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1977
Portrait. Photo © Archives Editions Gallimard
Sous bénéfice d'inventaire, de M. Yourcenar (coll. Folio Essais). Gallimard, 1962
L'OEuvre au noir, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1968
Fleuve profond, sombre rivière, de M. Yourcenar (coll. Poésie/Gallimard). Gallimard, 1964
Devant Petite-Plaisance. Photo © Archives Editions Gallimard
Mishima ou la vision du vide, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1980
En juin 1968, à la Nrf. Photo Marc Garranger © Archives Editions Gallimard
Un homme obscur - Une belle matinée, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1985

Les Jours
• 8 juin 1903 : naissance à Bruxelles de Marguerite, fille de Michel Cleenewerck de Crayencour, né à Lille, et de sa seconde femme, Fernande de Cartier de Marchienne, née dans la province de Namur en Belgique.

• 1912-1916 : Michel de Crayencour s'installe à Paris. Marguerite fait ses études sous la direction d'une institutrice, mais s'instruit surtout grâce aux visites des musées, aux matinées classiques des théâtres et à de longues lectures. En 1914, M. de Crayencour et sa fille sont surpris par la guerre à Westende. Les routes pour la France étant bloquées, ils s'embarquent pour l'Angleterre où ils passeront un an. Marguerite y apprend l'anglais et commence avec son père l'étude du latin. De retour dans le Paris de la guerre, Marguerite continue ses études privées et commence le grec. Elle apprend par ses propres moyens à lire les poètes italiens dans leur langue.

• 1917-1922 : Marguerite fait la lecture de bon nombre d'auteurs classiques et des maîtres de la littérature européenne du XIXe siècle et passe, en 1919, un baccalauréat latin-grec. Par jeu, avec l'aide de son père, Marguerite se fabrique l'anagramme dont elle finira par se servir exclusivement, et qui deviendra son nom légal aux États-Unis à partir de 1947.

• 1922-1926 : découverte de l'Italie. En 1922, Marguerite Yourcenar est témoin de la marche sur Rome. Durant les années qui suivent, le fascisme, vu de près, la familiarité avec la vie populaire italienne, tant en Italie que dans le midi de la France et plus tard, en Suisse, des contacts avec les intellectuels italiens exilés, lui permettent d'amasser les impressions et les souvenirs dont sera faite, en 1934, la première version de son roman Denier du rêve, dont la version définitive ne paraîtra qu'en 1959. Marguerite Yourcenar s'engage aussi dans la lecture de l'histoire contemporaine et des théoriciens du socialisme et de l'anarchie, puis des philosophes et des poètes de l'Allemagne et de l'Angleterre du XIXe siècle, et effleure pour la première fois des traductions de textes de l'Inde et de l'Extrême-Orient.

• 1926-1929 : années passées principalement en Suisse romande. Entre août 1927 et septembre 1928, Marguerite Yourcenar compose à Lausanne le court récit intitulé Alexis ou le Traité du vain combat. Paru dans Sans pareil en novembre 1929, il fut très loué par quelques uns des meilleurs critiques du temps, entre autre par Edmond Jaloux, avec qui Marguerite Yourcenar se lia d'une amitié durable.

• 1929-1931 : années partagées entre Paris, la Belgique, la Hollande, l'Italie et les pays d'Europe centrale.

• 1932-1933 : fréquents séjour à Vienne. Rencontre avec Charles Du Bos et l'écrivain autrichien Rudolf Kassner.

• 1934-1938 : années centrées surtout sur la Grèce, où Marguerite Yourcenar fait de longs séjours. En 1935, elle commence Feux à Constantinople, au cours d'un voyage en mer Noire entrepris avec un ami grec, le poète et psychanalyste André Embiricos. Le recueil Nouvelles orientales, paru en 1938 chez Gallimard dans la collection « La Renaissance de la nouvelle » dirigée par Paul Morand, et dont les récits à sujets anecdotiques ou légendaires témoignent comme Denier du rêve et Feux, du désir de montrer l'intime emmêlement du mythe et de la vie.

• Février 1937 : Marguerite Yourcenar se rend à Londres pour y rencontrer Virginia Woolf, dont elle a accepté de traduire pour Stock le roman The Waves, paru en français la même année. C'est aussi en février 1937 qu'elle fait la connaissance à Paris de Grace Frick, qui l'accompagnera en Grèce et en Italie et qui deviendra par la suite pour de longues années une compagne de vie et une admirable traductrice en langue anglaise. En septembre, Marguerite Yourcenar s'embarque pour les États-Unis, passe l'hiver à New Haven (Connecticut) et se familiarise avec la Nouvelle-Angleterre et certains États du sud où s'amorce son intérêt pour les negro spirituals.

• 1938 : Marguerite Yourcenar rentre des États-Unis à Capri où elle entreprend et compose en quelques semaines Le Coup de grâce, publié en 1939 par Gallimard. En octobre, elle fait durant un séjour à Vienne l'expérience de l'Autriche sous la domination nazie et de certains aspects de la tragédie juive.

• Novembre 1939 : Quelques séjours en Floride, en Géorgie, en Virginie et au Canada. Nombreuses visites à New York où se rencontrent Breton, Max Ernst, Jules Romains, Schiffrin, Stravinsky, Yves Tanguy et quelques autres.

• Décembre 1950 : Marguerite Yourcenar, installée depuis peu avec Grace Frick dans leur résidence de l'île des Monts-Déserts « Petite Plaisance », nouvellement acquise, termine Mémoires d'Hadrien dont la genèse date des années vingt. Le livre est « couronné » par le Prix Femina-Vacaresco et par l'Académie française en 1952. Paru en 1954 aux États-Unis, Mémoires d'Hadrien reçoit en 1955 le Newspaper Guild of New York Page One Award.

• 1954-1955 : l'année 1954 la ramène à Paris, puis en Scandinavie. Retour aux États-Unis en été 1955. Comme dans les années précédentes, et jusqu'en 1965 environ, ses voyages donnent lieu à un certain nombre de conférences ou de rencontres dans les instituts français.

• 1958 : à partir des années 1955-1958, Marguerite Yourcenar, de plus en plus préoccupée des fautes et des maux de la société contemporaine, adhère tant en Europe qu'aux États-Unis à de nombreux groupements de défense des droits civiques, de lutte en faveur de la paix, contre la prolifération nucléaire, contre la surpopulation et pour la protection du milieu naturel. Les allusions à ces sujets deviennent de plus en plus fréquentes dans ses ouvrages ; et quelques articles de journaux ou déclarations signalent désormais cette orientation.

• 1962-1965 : publication du recueil d'essais Sous bénéfice d'inventaire, comprenant la plupart des essais composés depuis 1954, ainsi que l'essai sur Constantin Cavafy, datant dans son ensemble de 1939. Ce livre reçu la même année le Prix Combat. Publication en 1964 des traductions de negro spirituals sous le titre Fleuve profond, sombre rivière.

• Septembre 1962-février 1964 : rédaction et mise au point de la première partie de L'Œuvre au noir, « La Vie errante ». En mars 1964, Marguerite Yourcenar entreprend à Salzbourg la seconde partie du roman, « La Vie immobile ». Elle se consacre alors exclusivement à ce livre qu'elle achèvera en août 1965. Paru au printemps 1968 en pleine crise, L'Œuvre au noir reçoit le plus large accueil. En novembre, son auteur est récompensé par le Prix Femina.

• 1968-1969 : quelques conférences dans diverses villes des États-Unis, entre autres à Boston, sur « L'imagination créatrice », et à Smith College, à Northampton, à l'occasion du centenaire d'André Gide.

• 1970 : l'Académie royale belge de langue et de littérature française élit Marguerite Yourcenar à titre étranger.

• 1971 : Marguerite Yourcenar reçoit la légion d'honneur. L'achèvement de Souvenirs pieux (Le Labyrinthe du monde, I) paru en 1974, la rédaction d'Archives du Nord (Le Labyrinthe du monde, II), paru en 1977, et une dernière mise au point de ses traductions de La Couronne et la Lyre, parues en 1979, l'occupent tour à tour. Un certain nombre d'essais sont également de ces années-là, dont Ton et langage dans le roman historique (1972) et Jeux de miroirs et feux follets (1975).

• 1974 : Grand Prix national de la culture.

• 1977 : Grand prix de l'Académie française.

• 18 novembre 1979 : mort de Grace Frick à « Petite Plaisance ».

• 1980-1985 : nombreux voyages aux États-Unis, en Europe, en Afrique (Afrique du nord, Kenya) et en Asie (Japon, Asie du sud-est, Inde) en compagnie de Jerry Wilson.

• 22 janvier 1981 : réception à l'Académie française (Marguerite Yourcenar a préparé son discours de réception par une lecture de l'œuvre complète de Roger Caillois l'été précédent). En octobre 1981 paraît l'essai Mishima ou la vision du vide, fruit de quelques années de lecture de l'œuvre du grand écrivain japonais et de la littérature japonaise en général. Publication en novembre d'Anna, soror en tiré à part.

• 1982 : l'Académie américaine des Arts et des Lettres élit comme membre Marguerite Yourcenar. Au cours d'une traversée entre San Francisco et Yokohama, cette dernière termine la traduction du Coin des « Amen » de James Baldwin, paru en mars 1983.

• 5 octobre1983 : Marguerite Yourcenar se rend à Amsterdam pour y recevoir le Prix Erasme. À Paris, mi-novembre, elle figure dans le documentaire télévisé Saturday Blues de Jerry Wilson, réalisé durant l'été en Arkansas, en qualité de commentatrice.

• 1984 : publication de la traduction des Cinq Nô modernes de Mishima, ainsi que des Charités d'Alcippe, paru hors commerce en 1956 sous forme de plaquette, et augmenté d'un assez grand nombre de poèmes, rassemblant toute la production poétique dont elle souhaite garder trace.
Publication, enfin, de Blues et Gospels, recueil de textes traduits et présentés par Marguerite Yourcenar, et illustré de photographies de Jerry Wilson.

• 24-28 février 1986 : bref séjour à New York pour recevoir l'insigne de commandeur de la Légion d'honneur, en même temps que la médaille d'or du National Art Club.

• 2 décembre 1986 : départ pour Paris. Travaux avec Yannick Guillou, de la maison Gallimard, ami à qui Marguerite Yourcenar a confié la première moitié de Quoi ? L'Éternité (Le Labyrinthe du monde, III) — lequel paraît en 1988 ; préparation de l'album La Voix des choses, textes anciens et modernes, de type poétique ou mystique, avec illustration de Jerry Wilson. Travail avec le cinéaste André Delvaux, dont Marguerite Yourcenar accepte le scénario de L'Œuvre au noir.

• 17 décembre 1987 : mort de Marguerite Yourcenar. Service funèbre le 16 janvier 1988 à la Union Chur ch de Northeast Harbor, à la mémoire de Marguerite Yourcenar dont les cendres ensevelies plus tôt reposent dans le cimetière de Somesville.

D'après les Œuvres romanesques de Marguerite Yourcenar, dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade.

       
     
Marguerite Yourcenar du Mont-Noir aux Monts-Déserts (coll. Les Cahiers de la Nrf). Gallimard, 2003
Marguerite Yourcenar. OEuvres romanesques (coll. Bibliothèque de la Pléiade). Gallimard, 1982
Marguerite Yourcenar, de J. Savigneau (collection Nrf Biographie). Gallimard. 1990

Bibliographie

Œuvres de Marguerite Yourcenar aux Éditions Gallimard

  Nouveauté
Marguerite Yourcenar du Mont-Noir aux Monts-Déserts. Hommage pour un centenaire. Collection Les Cahiers de la N.R.F.

Personnalités des arts et des lettres, romanciers, poètes, critiques, auteurs-réalisateurs de films disent sur quels sentiers de traverse ou à proximité de quels carrefours de vie et d'écriture, ils ont croisé Marguerite Yourcenar qui se voulut, sans contradiction, être de solitude et être d'ouverture.

  Articles parus dans La N.R.F.
• « Les prisons imaginaires de Piranèse », dans La N.R.F., janvier 1961
• « La conversation à Innsbruck », dans La N.R.F. n° 141, septembre 1961, pp. 399-419
• « La mort à Münster », dans La N.R.F. n° 149, mai 1965, pp. 859-875
• « Présentation et traduction de quelques épigrammes de l'Époque Alexandrine », dans La N.R.F. n° 167, novembre 1966
• « Ébauche d'un Jean Schlumberger », dans La N.R.F., mars 1969, pp. 321-326
• « Ton et langage dans le roman historique », dans La N.R.F. n° 238, octobre 1972, pp. 101-123
• « Saint Just à Marchienne », dans La N.R.F. n° 238, octobre 1972, pp. 58-68
• « Jeux de miroirs et feux follets », dans La N.R.F. n° 269, mai 1975, pp. 1-15
• « Sur quelques lignes de Bède le Vénérable », dans La N.R.F. n° 280, avril 1976, pp. 1-7
• « La fin de Marko Kralievitch », dans La N.R.F. n° 302, mars 1978, pp. 46-50
• « Lettres de Mademoiselle S. à Léonie Siret », dans La N.R.F. n° 327, avril 1980, pp. 181-191
• « Les charmes de l'innocence — une relecture d'Henri James », dans La N.R.F. n° 359, décembre 1982, pp. 666-673
• « Les Trente-trois noms de Dieu », dans La N.R.F. n° 401, juin 1986, pp. 101-117

  Article paru dans Les Cahiers André Gide
• « André Gide revisited », dans Cahier André Gide n° 3, « Le Centenaire », Paris, Gallimard, 1972 (conférence faite à Smith College, Massachusetts, 1969)

  Traductions, aux Éditions Gallimard
• Baldwin (James). Le Coin des « Amen », traduit de l'anglais par Marguerite Yourcenar, collection Le Manteau d'Arlequin, 1983
Blues et et Gospels, traduit de l'anglais par Marguerite Yourcenar (images réunis par Jerry Wilson), collection Albums Beaux Livres, 1984

• Mishima (Yukio). Cinq Nôs modernes, traduit du japonais par Marguerite Yourcenar, collection Du monde entier, 1984

  Pour en savoir plus
• Savigneau (Josyane). Marguerite Yourcenar. Collection Nrf Biographie. Gallimard. 1990

       
     
Souvenirs Pieux, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1974
Archives du nord, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1977
Quoi ? L'Eternité, de M. Yourcenar (coll. Folio). Gallimard, 1988
Denier du Rêve, de M. Yourcenar (coll. L'Imaginaire). Gallimard, 1971
Lettre à Claude Gallimard

 

  Petite Plaisance
  Northeast Harbor
  Maine 04662 USA
  28 octobre 1976

  Cher Monsieur et ami,

  Je vous remercie bien vivement de votre lettre du 14 octobre (arrivée seulement le 26 !). [...]
  Je termine en ce moment les toutes dernières retouches au second volume de la série dont Souvenirs Pieux est le premier. Selon mon usage, j'enverrai ces jours-ci le manuscrit à Madame Jeanne Carayon, votre correctrice, en qui j'ai grand confiance, pour une dernière mise au point, avant de mettre sous vos yeux le manuscrit que vous recevrez en fin novembre ou début décembre.
  Ce second volume, consacré à ma famille paternelle et surtout à l'histoire intime de mon grand-père et de mon père, se situe entièrement dans le nord de la France, et, pour ne pas dépasser certaines limites (ni mélanger les tons) j'ai rejeté tout ce qui touche aux vingt-cinq ou trente premières années du XXe siècle dans un troisième volume au plan duquel je travaille, mais qui demandera du temps. Ce second volume se termine donc, comme le premier, en 1903, rejoignant à la fin Souvenirs Pieux comme se rejoignent les deux valves d'une coquille. Ces décisions m'ont amenée à changer le titre du présent manuscrit que j'avais annoncé comme Le Labyrinthe du Monde. Ce titre devient maintenant celui de la série des trois ouvrages, et celui que vous allez recevoir incessamment se dénomme Archives du Nord.
  Le triptyque s'établira donc éventuellement de la sorte : Le Labyrinthe du Monde : I. Souvenirs Pieux ; Il. Archives du Nord ; III. Suite et Fin.
  Il était entendu, je crois, que Mémoires d'Hadrien paraîtrait cet automne en Folio. Je n'en ai pas encore reçu d'épreuves, et la lettre que j'ai écrite, le 10 juillet, à M. Massin, suggérant certaines possibilités pour la couverture, et envoyant un choix de photographies, n'a pas encore eu de réponse. Puis-je vous demander à quel moment vous envisagez cette sortie ?
  D'autre part, Madame Duconget m'a récemment envoyé le justificatif du nouveau tirage de Denier du Rêve en couverture blanche. [...]
  Pour ne pas entamer une troisième page, je m'interromps (bien cordialement) ici,

  Marguerite Yourcenar


Extrait de : Yourcenar (Marguerite). Lettres à ses amis et quelques autres, Gallimard, 1995. En « Folio », pp. 661-664
         
        © www.gallimard.fr 2003