Gen Paul et Céline, deux amis de Marcel Aymé. Photo coll. François Gibault.
Maurice Fombeure. Photo Roger Parry/Gallimard
De gauche à droite : Claude Gallimard, Roger Nimier et Marcel Aymé, à l'enterrement de Céline, en 1961. Photo C. Lechevalier. D.R.

 

La Quinzaine de la Pléiade
Album Marcel Aymé

Les amitiés de Marcel Aymé

Marcel Aymé et les « gendelettres »
« Dans le domaine de ses relations professionnelles, il a su aussi se contraindre et, quoi qu'il en ait dit, il n'a jamais été un solitaire dans le monde des lettres. Dès les années trente, non seulement il y est reconnu, mais aussi accepté. Il appartient désormais, qu'il le veuille ou non, à l'univers français des " gendelettres ", comme il l'écrira plus tard. Il ne faut surtout pas prendre pour argent comptant ses dénégations à ce propos. Certes, il cultive sa différence et veille constamment à ne pas se laisser entraîner enfermer dans telle ou telle chapelle littéraire. Mais il les connaît bien et sait s'y faire recevoir le cas échéant, sans être gêné le moins du monde par leurs diverses étiquettes. D'ailleurs, il affiche un mépris complet pour les exclusions de toute nature.
L'un des premiers avec lequel il se soit lié est un homme réservé, discret et aussi silencieux que lui, Emmanuel Bove. De leurs premières rencontres naîtra une amitié que les divergences politiques n'altéreront pas. »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé

Envoi de Colette à Marcel Aymé en 1939. Coll. part.

Maurice Fombeure
« Dans les années trente, Marcel Aymé se lie aussi d'amitié avec Maurice Fombeure qui reçoit un exemplaire de La Jument verte avec ces quelques mots : " À Marcel Aymé. Amitiés sincères. Marcel Aymé " ! Belle étourderie qu'il rattrapera plus tard en pastichant le poète dans " La Grâce " par le biais de quelques vers en l'honneur d'une fille publique : " C'est Marie-Jannick / De Landivisiau / Qui tue les moustiques / Avec son sabot. " […] »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé

Envoi de Marcel Aymé à... lui-même, en fait à Maurice Fombeure. Coll. J. Fombeure

Louis-Ferdinand Céline
« À La NRF, Marcel Aymé aperçut André Gide et se lia avec Malraux et Jouhandeau dont le Chaminadour lui plut. Outre René Lalou, René Trintzius, Edmond Jaloux ou Marcel Arland, avec lesquels Marcel Aymé entretint de bonnes relations, il fit aussi, dans les années trente, une rencontre capitale, celle de Louis-Ferdinand Céline. Si l'on en croit le témoignage du peintre Gen Paul, ils se sont connus dans son atelier, en haut de l'avenue Junot, peu après la parution de Voyage au bout de la nuit. Excessif, comme à son habitude, Céline aurait répondu à Gen Paul qui lui parlait de Marcel Aymé : " Ah ! oui, ce petit plumaillon ! ". Néanmoins, les deux romanciers se fréquenteront et Céline sera impressionné par ce silencieux, si différent de lui, mais qui écrivait si bien, malgré tout… Selon Arletty, Céline était " bluffé par cet homme. C'est quelqu'un qui vous bluffait ce type là… Parlant peu, rarement, un mot qui tombait une fois au hasard : alors c'était ses paupières en capote de fiacre un peu, alors tout ça ! " »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé

Des vieux amis aux « jeunes, spirituels et anticonformistes. »
« Marcel Aymé se trouve au centre d'une pléiade d'amis qui ne cessent de lui témoigner leur estime et leur admiration. En 1957, il écrit une notice pour La Fontaine des innocents de Jean Guirec qu'il fréquente depuis ses débuts littéraires et qui a été, avec Roland Dorgelès, son partenaire à la Société des gens de lettres. Maurice Fombeure l'assure de son " amitié ancienne et profonde " dans ses envois et Pierre Mac Orlan se présente comme " son admirateur et ce qui ne gâte rien son vieil ami ". Marcel Jouhandeau, Georges Simenon, François Billetdoux et Félicien Marceau ne l'oublient jamais dans leurs services de presse. […] Au fil des années, Marcel Aymé avait donc suscité l'admiration de beaucoup d'écrivains, même parmi les plus jeunes. Antoine Blondin, Roger Nimier, Michel Déon et Jacques Laurent s'en réclamèrent ouvertement. Il n'était pas leur maître, mais leur aîné, et ils se sentaient en affinité avec lui. Parlant peu, il les écoutait beaucoup. " Il était perdu dans vos pensées ", a écrit fort justement Antoine Blondin. Marcel Aymé s'était pris à aimer ces jeunes, spirituels et anticonformistes. »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé

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La Quinzaine de la Pléiade
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© Gallimard 2001