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Au
moment où commence le roman, par un automne pluvieux,
il y a une série de meurtres de femmes. Ces meurtres
se concentrent tous autour du jardin des plantes. L'un d'entre
eux, en particulier, a lieu près d'un enclos, à
l'intérieur du jardin, où sont parqués
des kangourous de là le titre un peu insolite,
peut-être, du roman. |
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« Je
revoyais aussi les kangourous.
Ils ne regardaient pas en face une manie qu'ils
ont de se présenter de profil, comme les lapins. Je n'en
avais jamais vu d'aussi près. Je ne savais pas de quel animal
les rapprocher; ils avaient des oreilles écartées,
des yeux sombres et inquiets, moins veloutés que ceux des
biches; leur museau était plus ingrat et plus court.
En fait, c'était à l'homme qu'ils faisaient
penser davantage (je me le suis dit tout à coup). On aurait
dit qu'ils n'osaient pas me regarder. (C'était curieux
parce que je m'étais tenue devant eux ; je les avais observés
à travers les trous du grillage.) Et tout à coup je
me suis dit qu'ils n'avaient pas non plus dû regardé
le meurtrier en face ; mais certainement , ils l'avaient vu. Aussi
nettement qu'ils me voyaient. Le crime s'est passé tout près.
Ils avaient entendu les cris. Ils étaient prudemment restés
posés sur leur pelouse, un peu maladifs et tremblants. Lorsque
la femme avait crié, ils n'avaient pas dû bouger davantage.
Mais ils sentaient ; avec ce flair des animaux, ils avaient bien
senti qu'il se passait quelque chose de contre-nature. Et ils se
cachaient le museau. Et depuis, ils restaient assis dans cete position
tellement inconfortable, ils n'osaient pas nous regarder, leurs
mains d'infirmes pressées contre leur ventre, dans le geste
impuissant que font certains vieillards quans ils se rappellent
le passé. »
Ce qu'en dit la presse...
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Une
échographie troublante des délices de la peur. |
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Marie-Claire
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Dominique
Barbéris distille l'angoisse avec élégance
dans un roman au charme glacial. [...] Le ton, le
style ont un je-ne-sais-quoi d'un peu démodé qui
fait le charme de ce récit d'une solitude citadine. |
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Isabelle
Lortholary - Elle
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...Elle
raconte tout cela avec un léger détachement décalé
qui donne à ce roman un ton d'une immense ironie dans
une ambiance de conte de fées cruel. |
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Marie-France
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Dominique
Barbéris est née en 1958. Normalienne, elle enseigne
la stylistique et la grammaire à l'université de Paris
IV. Elle a déjà publié La Ville (Arléa,
1996) et, à L'Arpenteur, L'Heure
exquise (1998) et Le
Temps des Dieux (2000).
Dominique Barbéris nous parle d'un livre qu'elle a aimé
: Un Roi sans divertissement de
Jean Giono
Autres titres de Dominique
Barbéris aux Éditions Gallimard
© www.gallimard.fr,
2002
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