Photo J. Sassier/Gallimard

Dominique Barbéris
Les kangourous

Roman
Collection L'Arpenteur
163 pages
13,50 €
ISBN n°2-07-076616-0

Bonnes feuilles
Paroles d'auteur
Le conseil de lecture de Dominique Barbéris

   

    Au moment où commence le roman, par un automne pluvieux, il y a une série de meurtres de femmes. Ces meurtres se concentrent tous autour du jardin des plantes. L'un d'entre eux, en particulier, a lieu près d'un enclos, à l'intérieur du jardin, où sont parqués des kangourous — de là le titre un peu insolite, peut-être, du roman.

  « Je revoyais aussi les kangourous.
  Ils ne regardaient pas en face — une manie qu'ils ont de se présenter de profil, comme les lapins. Je n'en avais jamais vu d'aussi près. Je ne savais pas de quel animal les rapprocher; ils avaient des oreilles écartées, des yeux sombres et inquiets, moins veloutés que ceux des biches; leur museau était plus ingrat et plus court.
  En fait, c'était à l'homme qu'ils faisaient penser davantage (je me le suis dit tout à coup). On aurait dit qu'ils n'osaient pas me regarder. (C'était curieux parce que je m'étais tenue devant eux ; je les avais observés à travers les trous du grillage.) Et tout à coup je me suis dit qu'ils n'avaient pas non plus dû regardé le meurtrier en face ; mais certainement , ils l'avaient vu. Aussi nettement qu'ils me voyaient. Le crime s'est passé tout près. Ils avaient entendu les cris. Ils étaient prudemment restés posés sur leur pelouse, un peu maladifs et tremblants. Lorsque la femme avait crié, ils n'avaient pas dû bouger davantage. Mais ils sentaient ; avec ce flair des animaux, ils avaient bien senti qu'il se passait quelque chose de contre-nature. Et ils se cachaient le museau. Et depuis, ils restaient assis dans cete position tellement inconfortable, ils n'osaient pas nous regarder, leurs mains d'infirmes pressées contre leur ventre, dans le geste impuissant que font certains vieillards quans ils se rappellent le passé. »

  Ce qu'en dit la presse...

    Une échographie troublante des délices de la peur.
Marie-Claire

    Dominique Barbéris distille l'angoisse avec élégance dans un roman au charme glacial. [...] Le ton, le style ont un je-ne-sais-quoi d'un peu démodé qui fait le charme de ce récit d'une solitude citadine.
Isabelle Lortholary - Elle

    ...Elle raconte tout cela avec un léger détachement décalé qui donne à ce roman un ton d'une immense ironie dans une ambiance de conte de fées cruel.
Marie-France

  Dominique Barbéris est née en 1958. Normalienne, elle enseigne la stylistique et la grammaire à l'université de Paris IV. Elle a déjà publié La Ville (Arléa, 1996) et, à L'Arpenteur, L'Heure exquise (1998) et Le Temps des Dieux (2000).

Dominique Barbéris nous parle d'un livre qu'elle a aimé : Un Roi sans divertissement de Jean Giono

Autres titres de Dominique Barbéris aux Éditions Gallimard

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