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Le
conseil de lecture d'André Rollin :
Vétérinaires
de Bernard Lamarche-Vadel
Collections
L'Infini et Folio

Bernard Lamarche-Vadel
Vétérinaires
Roman
L'Infini/Gallimard 1993
Les
chiens, l'humour et la strychnine
Des
feuilles mortes sur la Marne. Amassées, retenues aux pieds
des racines, elles forment des barrages : une accélération
du fleuve, et « tout se déliait soudain, le
feuillage rassemblé se disséminait, chaque feuille
reprenait sa course folle dans le courant. » Des
bâtiments de briques, de pierre, dominent les alentours, un
hôpital, une cimenterie, un viaduc, « mystérieuses
enceintes, des monstres où logeaient mes inquiétudes
d'enfance ». C'est Paul Maurs, étudiant vétérinaire
à l'école de Maisons-Alfort qui se promène
ainsi sur les berges, fasciné par ces automnes aux arbres
différents. Par les embarcadères.
Roman de terreurs et de ténèbres, « le
monde est plein de mâchoires ». Des chiennes
en chaleur, qu'on tue avec cette strychnine qui glace le cur,
pétrifie le sang. Des congrès qui se tiennent sous
de hautes voûtes lumineuses. Congrès abracadabrants.
Ceux des écrivains ? « Les écrivains
payés net pour dorloter des sentiments infirmes avec des
sensations naines, surestimant, c'est la loi des professions libérales,
leur personne, leur rôle, leurs uvres et le plus souvent
possible aussi leurs honoraires en nous bassinant les trompes d'Eustache
de leurs génuflexions programmées sur les perrons
de l'au-delà dont ils jardinent les bacs à fleurs
dans l'attente d'orner le temple qu'ils réclament où
loger leur exquise sensibilité au démon des miroirs. »
Lamarche-Vadel s'est suicidé, très jeune,
au fond d'un parc.
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titres de Bernard
Lamarche-Vadel aux Éditions Gallimard
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2002
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