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Alain Damasio
 

Alain Damasio est né en 1969 à Lyon. Il entre en écriture à 20 ans avec La Zone du Dehors, premier roman que La Volte vient de rééditer dans une version sensiblement révisée. Avec La Horde du Contrevent, son second roman, il signe un livre-univers fondé sur du… vent ! « L’idée première m’est venue en lisant une nouvelle de Bradbury intitulée “La pluie”. Je voulais construire un univers entier à partir d’un seul élément, d’une seule force primordiale qui irriguerait la totalité du livre et déciderait aussi bien de l’architecture que de la technologie, du mode de vie,des philosophies et des croyances — mais qui déciderait aussi du style, du rythme, du souffle épique, qui traverserait toute l’épaisseur strictement littéraire du roman et c’est ça qui m’a poussé à adopter le vent. »
On découvre un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face. Il part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc,un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d'un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou. Là encore, le fond a forgé la forme et a poussé Alain Damasio à adopter une narration polyphonique. « La Horde du Contrevent, c’était d’abord un livre sur le lien, sur un collectif en marche, c’était l’histoire d’un groupe soudé qui va au bout de lui-même. Il était impossible de raconter cette histoire sans immerger le lecteur au cœur même du pack, dans la Horde. Je pense que si le livre prend aux tripes, c’est par cette façon d’embarquer le lecteur, de corps en corps. »
Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire 2006 amplement mérité et a définitivement imposé Alain Damasio comme un auteur avec lequel il faudra compter. Exigeant, il écrit peu (deux romans en dix ans) pour écrire dense et livrer des romans qui résistent. « J’aime l’idée qu’un livre soit une arme, pas de jet ou de poing, plutôt une bombe à fragmentation douce, une grenade qui déchiquette les canaux habituels de la sensation ou dévie les autoroutes de nos pensées acquises. La Horde est un roman qui veut redonner aux gens le goût d’une vie ensemble, d’un partage concret, contre l’individualisme qu’on nous présente comme libérateur alors qu’il est le plus sûr moyen, pour les pouvoirs, de nous contrôler, en pures particules isolées et tristes. Être lié délivre. Soyez complices du crime de vivre. »

 
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