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  La vérité, dit-on, sort de la bouche des enfants. Ils voient tout ou presque de ce qui les entoure. Entendre les histoires d’adultes racontées par leurs mots, c’est aussi les redécouvrir…
 
Jean VAUTRIN
Billy-ze-Kick

  On tire sur les mariées à la sortie des églises. Des vieux qui refusent le béton de la ville en pleine expansion piègent leurs vieilles baraques. Des gamins s’enferment dans les caves des tours achélèmes et le schizophrène Hippo discute des heures durant avec Zulie-Berthe. Cette dernière a sept ans, zozotte et est terriblement précoce. Elle adore les histoires, les zizis et les zézettes, de sa maman, de Clovis son père, des voisins, voisines, vieux, vieilles, ou gamins de sa classe. Tout est bon pour satisfaire sa curiosité. Oui, Zulie-Berthe est un ange ! Son père qui pensait se la couler douce au commissariat en l’absence du chef, se retrouve dépassé. Sa fille est une sorte de Zazie de Queneau en version rock and roll. Billy-ze-Kick, le bandit cruel qui tue tout le monde, est son prince charmant : il fera ses quatre volontés…

  Jean Vautrin, prix Goncourt 1989 pour Un grand pas vers le Bon Dieu, s’est imposé en compagnie de Manchette et avec ce roman, comme l’un des pères fondateurs du néo polar.

 
Jean-Bernard POUY
L’Homme à l’oreille croquée

  Les catastrophes ferroviaires, on lit toujours ça dans les journaux et ça n’arrive qu’aux autres. Mais quand on se retrouve aplati contre une vieille d’au moins vingt-cinq ans, sous quarante tonnes de tôle, pendant cinq heures, le mieux est encore de faire connaissance. Marie-Claude a son corps très doux encastré dans celui de Marcel. À quinze ans, ce dernier sait qu’il sera en retard au bahut. Il comprend aussi qu’il n’a jamais de sa vie été aussi proche d’une femme. Dans une intimité totale, dangereuse, et délicieusement nouvelle. Cinq heures de douleurs, de fous rire et de larmes et Marie-Claude qui disparaît. Marcel qui ne dort plus. Marie-Claude qui ne s’appelait pas Marie-Claude. Qui était en fuite. Que des types recherchent. Marie-Claude... Comment la retrouver avant qu’il ne soit trop tard ?

 
Charles WILLIAMS
Fantasia chez les ploucs

  Décidemment, on ne s’ennuie pas à la campagne, et, s’il y a des ploucs, ils gagnent à être connus… Finley le prédicateur azimuté aux neurones grillés par le soleil… Gimerson, l’éleveur, rose de peau, noir de crasse, qui pleure ses cochons… Le shérif qui devient fou et étouffe de rage dans sa grosse chemise… Et l’oncle Sagamore ! Sagamore ! Celui-là, dans son genre, il confine au génie. Le croiser, même dix secondes, c’est vivre d’inoubliables moments. Il sait tout faire, ne dit rien et tout se trame toujours, comme par hasard, sur ses terres. De quoi faire pleurer les z’honnêtes gens ! Surtout si débarque, dans ce coin de cambrousse, la ravissante Caroline Tchou-Tchou traquée par le FBI, la police de 23 États et autant de gangsters ! Surtout si le narrateur est un gamin de sept ans, qui raconte tout ce qu’il voit avec une candeur aussi grande que feinte…

  Fantasia chez les ploucs, immense chef-d’œuvre de l’humour noir américain, a pour suite Aux urnes, les ploucs !, disponible en Folio policier.

 
Thierry JONQUET
Mémoire en cage

  À quinze ans, Cynthia ne vit déjà que pour la vengeance. On ignore pourquoi et elle seule le sait. Elle qui monologue des heures et distille ses réflexions, ses souvenirs, elle qui élabore les contours impitoyables de son plan. « L’ordure » va payer ! Reste à savoir comment ? Comment réussir la mort de celui qui a tout gâché lorsque l’on est prisonnière d’un fauteuil roulant et d’un corps en souffrance ? Qui se méfierait d’une enfant qui cache si bien son jeu ? Qui se méfierait d’un « légume » laissé dans les couloirs ? « L’ordure », qui est chaque jour près d’elle, n’y pense même pas. Non, il ne se méfie pas… Et tant pis pour les enquêteurs qui se retrouvent bientôt avec trois cadavres sur les bras…

 
Davis GRUBB
La Nuit du chasseur

  Comment ne pas l’aimer cet homme à la voix si chaleureuse qui s’occupe de maman et que le voisinage adore ? C’est un Prêcheur. Un homme de Dieu. Il est arrivé par la route et ne demande rien. Il pourrait remplacer le père, mort au bout d’une corde pour avoir cassé la banque sans jamais rendre le magot… Mais John ne l’aime pas. Cet homme parle trop bien et pose des questions dès lors qu’ils sont seuls. Son intuition de gosse, bien plus nette que celle des adultes, lui annonce le danger. John tiendra sa promesse. Il protégera sa sœur. Elle détient le secret partagé de leur père, mais seul John le sait…

  La Nuit du chasseur est un roman magistral oscillant entre conte et thriller. Ce suspense hallucinant est devenu, avec Robert Mitchum, un chef-d’œuvre du cinéma mondial.

 
Georges SIMENON
Il pleut bergère…

  « Il pleuvait noir. Ma mère prétend que l’expression est de moi. Elle affirme même que je l’ai employée alors que j’étais encore sur les bras. Mais, pour ce qui est des souvenirs, il ne faut pas trop se fier à ma mère. Nous sommes rarement d’accord dans ce domaine. Ses souvenirs sont douceâtres et de teintes passées comme les images religieuses bordées de dentelle en papier… » Jérôme a sept ans lorsqu’arrive chez ses parents tante Véronique et ce qu’il a à dire de cette période n’est pas tendre. À plus de soixante-dix ans, tante Véronique est restée une enfant cruelle, torve, aussi monstrueuse que fainéante et qui regarde les gens avec dégoût. Dans l’eau de son regard, nagent les pastilles venimeuses des prunelles. Entre l’enfant et la vieille diabétique logés dans la même pièce, la haine s’installe comme un jeu ; un jeu dont dépendra la vie d’un homme…

 

ET AUSSI :

Le Boucher des Hurlus de J. Amila, n° 190
Le Loup dans la lune bleue de S. Benson, n° 254
Joe de L. Brown, n° 209
Le Concasseur de O. Friedrich, n° 329
La Reine d’Amérique de R. Greenan, n° 326
Hôpital souterrain de H. Jaouen, n° 137
Dernier parking avant la plage de S. Loubière, n° 335
Chant pour Jenny de S. Westerlund, n° 369
Aux urnes, les ploucs ! de C. Williams, n° 208