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Quand il fait chaud, tout
change. Deux degrés
de plus et ce qui n'était
que tension peut exploser
comme un mauvais fruit,
comme une grenade, comme
un silo à grains.
Le scorpion qui dormait
s'agace sous la pierre.
La concupiscence d'un homme
ne se contient plus. Tout
va plus vite dans une apparente
langueur... La mort, l'amour...
Les passions s'exacerbent,
la brutalité cogne,
la patience se fane. Tout
le monde, pour oublier,
ne boit pas que de l'eau... |
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Charles
WILLIAMS
Fantasia
chez les ploucs |
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Fantasia
chez les ploucs,
c'est, en plein cagnard
et sur les terres
en friche du Sud profond
américain,
la plus fantastique
des chasses à
l'homme jamais proposée
à toute une
foule de petits blancs
miséreux qui
s'ennuient et se forcent
à l'oublier
à grand renfort
de gnôle. Il
faut dire que l'homme
traqué est...
une femme ! Et pas
n'importe laquelle
: Caroline Tchou-tchou,
la plus affriolante
des strip-teaseuses
en fuite, quasi nue,
dans les marais et
poursuivie par le
FBI, la police de
vingt-trois états
et autant de gangsters...
Tout cela au beau
milieu d'une cohue
de soiffards prêts
à tout pour
récupérer
la prime de cinq cents
dollars promise par
l'oncle Sagamore,
grand distillateur
clandestin, magouilleur
de génie et
propriétaire
des terrains où
se trame l'histoire.
Décidément
on ne s'ennuie pas
à la campagne !
Les affaires vont
bon train pour la
plus grande jubiulation
du lecteur et le désespoir
du shérif qui
en mange son chapeau.
On ne lutte pas contre
Sagamore ! Charles
Williams a signé
ici un chef-d'uvre
d'une rare truculence
qui a réjouit
des générations
de lecteurs. |
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Philip
Lee WILLIAMS
Coup
de chaud |
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Tout
aussi sudiste et torride
mais placé
sous le signe de la
tragédie, Coup
de chaud de Philip
Lee Williams se déroule
à Rockston,
bled de « cul-terreux
ruinés »,
enclavé entre
des marais sournois
et d'immenses champs
de sorgho grillés
par le soleil. Pas
un souffle d'espoir.
Le jeune Snake n'en
peut plus. Il lui
faut de l'argent ;
quitter cet endroit
où personne
ne s'arrête,
fuir son timbré
de frère qui
parle aux lézards
et Truly, sa copine,
qui ne pense qu'à
se mettre nue sous
un homme pour peu
qu'il y ait à
portée de main
un pack de bière
fraiche... Charmant.
Surtout lorsque tout
le monde porte une
arme et que le soleil
tape comme une brute... |
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Sébastien
JAPRISOT
L'Été
meurtrier |
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L'été
meurtrier est
sans conteste l'un
des coups de maître
de Sébastien
Japrisot. Grand amateur
de constructions romanesques
parfaites qui tiennent
le lecteur en haleine
jusqu'à la
dernière ligne,
l'auteur parle ici
d'amour, de vengeance,
de secrets de famille
et de trahison. Que
cache l'apparente
bêtise et la
franchise animale
de celle que tout
le monde nomme «
elle ». On le
connaît pourtant
au village ce prénom
et les hommes ne l'oublient
pas . Mais «
elle » est à
part. Non seulement
pour être la
fille d'une «
boche » et d'un
inconnu mais aussi
par son comportement
et le parfum d'incertitude
qui émane de
sa personne. Florimond,
narrateur et personnage
central du récit,
connaît maintenant
le fin mot de l'histoire.
Et quelle fin ! Comment
voir la mort et la
folie sous les traits
d'une fille pareille
? Son frère
pourtant, con comme
un verre à
dent, l'avait prévenu
le Florimond ! «
Méfie-toi des
gens qui ont peu de
mots... ». |
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James
CRUMLEY
La
Contrée finale
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La
chaleur du Texas décrite
par James Crumley
a des relents d'enfer
mais cela vient surtout
de l'aridité
des hommes qui s'y
trouvent. Dans La
Contrée finale,
Milo Milodragovitch
est enfin riche d'un
gros paquet d'argent
sale à blanchir.
Ses amours déclinent.
Comme il s'ennuit,
l'ancien privé
accepte une affaire
banale et devient
le témoin d'un
meurtre commis en
état de légitime
défense par
un ex-taulard black
de cent soixante kilos
au crâne luisant
comme le chemisage
d'une balle blindée.
Milo, parce qu'il
ne supporte pas l'idée
de voir cet homme
grillé sur
la chaise électrique,
bascule dans un monde
de nantis aux réflexes
de bêtes fauves
; un véritable
sésame pourri
ouvrant sur toutes
les corruptions par
une intrigue complexe
où tout repose
sur le mensonge, le
meurtre, les secrets
de famille et la cupidité.
Somptieux. Inoubliable. |
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Newton
THORNBURG
Fin
de fiesta à Santa
Barbara |
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Il
y a le sable, les
hôtels et les
filles bronzées
éclairées
par la douce lumière
des journées
de Californie... Il
y a aussi, la nuit,
dans les ruelles de
bord de plages, des
cadavres jetés
dans les poubelles.
Une folle errance
commence pour Alex
Cutter, vétéran
déjanté
du Vietnam et pour
Richard Bone, jeune
homme désabusé
qui a eu le tort d'être
au mauvais endroit
quand il ne le fallait
pas. Fin de fiesta
à Santa Barbara
de Newton Thornburg
est une traversée
sans retour du Grand
Nulle Part américain
; un livre crépusculaire,
âpre et sombre,
traversé de
scènes lumineuses.
Ivan Passer en a tiré
le film culte Cutter's
way. |
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