Création : 24 mars 2004
Nombre de titres parus : 13
Nombre d'auteurs édités : 13
 
 
  « Mes têtes à têtes, filmés avec soin par Nicolas Ribowsky, avec Jouhandeau, Yourcenar, Cohen, Soljenitsyne, Lévi-Strauss, Dumézil, Simenon, Guilloux, Dolto, Jules Roy, François Jacob, Étiemble, etc., m'ont laissé le souvenir le plus présent, le plus fort. D'abord parce que l'enregistrement avait été fait à leur domicile — et j'en repartais avec l'âme du conquérant qui s'est glissé dans l'intimité du "grand homme" [...]. Ensuite parce que rien n'est plus excitant, pour le journaliste, pour l'écrivain et pour le téléspectateur, que le ping-pong des questions-réponses [...]. C'est parce que ces entretiens chez l'écrivain étaient rares que, rompant avec le cours ordinaire d'Apostrophes, qu'ils prenaient un relief particulier.  »
(Bernard Pivot, Le Débat, mai-août 1990)
 
 
 
 
 

  Pendant des années, Bernard Pivot a présenté « Ouvrez les guillemets », « Apostrophes » et « Bouillon de culture », émissions cultes qui ont fait connaître de grands écrivains à des millions de télespectateurs. Les avoir vus et entendus, avec leurs gestes, leurs regards, leurs façons de s'exprimer, donnait envie de mieux les connaître et de découvrir leurs œuvres en profondeur.
  La collection, dirigée par Prune Berge, rassemble les grands entretiens de Bernard Pivot en DVD.
Coédités par les Éditions Gallimard et l'INA, ces entretiens sont précédés d'une introduction de Bernard Pivot réalisée par Jean-Claude Lubtchansky, et sont suivis d'une bibliographie complète de l'auteur.

 
 

LES PREMIERS TITRES
Neuf entretiens inaugurent la collection le 24 mars 2004 :
Françoise Dolto
Georges Dumézil
Marguerite Duras
Julien Green
Louis Guilloux
Vladimir Nabokov
Jules Roy
Georges Simenon
Marguerite Yourcenar

 
> Tous les titres de la collection
 
 

DOCUMENT
  Bernard Pivot évoque sa rencontre avec Vladimir Nabokov :
  « L'espoir de convaincre Vladimir Nabokov de paraître et de parler à la télévision était mince. Il n'avait accepté d'être filmé que dans son passe-temps estival de chasseur de papillons (plus une petite interview accordée à "Lectures pour tous", dont j'ai appris récemment l'existence et que je n'ai pas vue). Je me décidai cependant à lui rendre visite dans le vieux palace de Montreux où il vivait avec sa femme. Brouillé avec tous ses correcteurs, qu'il décourageait par sa parfaite connaissance du français et du Littré — "Mais Émile l'emploie", disait-il comme si Littré habitait lui aussi Montreux et était de ses amis —, il avait la réputation d'avoir un fichu caractère. Mais j'étais prêt à essuyer toutes les tempêtes pour amener cet écrivain génial sur le plateau d'Apostrophes.
  Il était environs cinq heures, Nabokov avait fait une petite sieste, il était d'excellente humeur et j'eus la chance de plaire à sa femme. Du premier salon où nous commencions à bavarder nous avons été chassé par l'accordeur de piano. Réfugiés dans un autre salon, encore plus vaste que le premier, nous n'avons pas remarqué qu'il contenait aussi un piano. L'accordeur est venu lui administrer ses soins, de sorte que nous avons dû encore nous lever et fuir dans un troisième salon, sans instrument de musique, celui-ci, nous avons d'emblée vérifié. Nabokov était ravi de l'incident. Peut-être le romancier songeait-il à s'en servir ?
Charmé, subjugué par cet homme puissant, ironique, drôle, d'une culture prodigieuse, je me jurais, quoi qu'il m'en coûtât de patience et de câlineries, de le capturer dans mon filet à écrivains.
  "J'ai horreur de l'improvisation, me dit-il. Je n'ai jamais lâché dix mots à mes élèves ou en public que je n'aie soigneusement pesés et écrits.
  — Eh bien ! je ferai avec vous ce que je n'ai jamais admis pour personne : je vous enverrai le texte de mes questions.
  — Et j'y répondrai par écrit. Je lirai mes réponses devant les caméras.
  — Mais... mais...
  — Arrangez-vous pour m'installer à un bureau dont le devant sera garni d'une muraille de livres qui masquera mon texte au public. Je suis très adroit dans l'art de faire accroire que je ne lis pas vraiment et que même à l'occasion mes yeux vont chercher l'inspiration au plafond."
  Ainsi fut fait, en direct, le 30 mai 1975. Il avait demandé qu'on lui serve un whisky d'une certaine marque et, afin de ne pas donner un mauvais exemple à ceux qui regarderaient l'émission, il avait exigé que le whisky soit dans une théière. Je m'entends encore lui dire : "Encore un peu de thé, monsieur Nabokov ?" Ayant des problèmes de vessie, il avait réclamé un urinoir portatif, caché derrière le décor du studio. Il n'eut évidemment pas à l'utiliser.
  Son numéro de faux interviewé terminé, il était heureux comme un magicien qui a sorti des foulards de ses doigts et des lapins de son chapeau et qui a charmé et dupé la salle. Avec des mots et des phrases, il avait réussi le même exploit.
  Un an après, Vladimir Nabokov mourait. Il avait soixante-dix-huit ans. Je revois l'accordeur de piano, j'entends les notes frappées par son index qui insiste... Je revois surtout le beau sourire un peu moqueur de Nabokov et je l'entends dire à sa femme et à moi : "Fuyons, le bruit terrassera le monde..." »
  Bernard Pivot, Le Métier de lire. Réponses à Pierre Nora. D'Apostrophes à Bouillon de culture. Nouvelle édition augmentée. Collection Folio. 2001.

 
 

LES ÉCRIVAINS INVITÉS
Romans : Albert Cohen, Marguerite Duras, Julien Green, Louis Guilloux, Marcel Jouhandeau, Vladimir Nabokov, Jules Roy, Georges Simenon, Marguerite Yourcenar — Ethnologie : Claude Lévi-Strauss — Histoire : Georges Dumézil — Psychanalyse : Françoise Dolto
 

 
  INFORMATIONS COMMERCIALES
Format : 135 x 185 mm.
Nombre de titres disponibles : 13
Prix de vente : 20 €
  Les données concernant les ventes, les prix publics (TTC) et les réimpressions sont représentatives des quatre dernières années.
© www.gallimard.fr 2004