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| | LE
PREMIER TITRE Jacques Serguine. Les Fils de rois (1959) |
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| | BRÈVES
En 1967, Georges Lambrichs crée la revue Les Cahiers du Chemin, qu'il animera
jusqu'en 1977, date à laquelle il prendra la direction de La NRF. |
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| | Après 1992,
nombre d'auteurs du « Chemin » prolongèrent leur route dans
d'autres collections : la « Blanche »,
bien sûr, mais aussi « Les Essais » (Starobinski), « L'Infini »
(Bourgeade, Schuhl), « L'Un
et l'autre » (Bobin, Raczymow…) ou « Le
Cabinet des lettrés » (Macé, Quinsat). | |
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| | Plusieurs
auteurs de la collection prirent part à la vie éditoriale de Gallimard :
Jacques Réda, qui succéda à Lambrichs à la direction de La NRF, et Jean-Marie
Laclavetine siègent aujourd'hui encore au comité de lecture… | |
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| | Aux traditionnels
« déjeuners du Chemin », on partageait volontiers un plat
de pâtes… On pouvait y croiser Jacques Réda, Ludovic Janvier, Michel Chaillou,
Jean Roudaut, Jude Stéfan, Michel Deguy, Gérard Macé, Jean-Loup Trassard, Michel
Butor, Jacques Borel… | |  |  |
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| | Dès février
1959, l'éditeur correspondait avec Jean Starobinski au sujet de L'Œil vivant
(1961), alors même que celui-ci était sous contrat avec Plon tout comme
Michel Foucault qui fit son entrée chez Gallimard avec son essai sur Raymond
Roussel en 1963. | |  |  |
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| | Rares furent
les textes du « Chemin » préfacés : Éden, Éden,
Éden de Pierre Guyotat (1970) le fut pourtant, par Michel Leiris, Roland Barthes
et Philippe Sollers ! | |  |  |
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| | D’HIER
A AUJOURD’HUI « On ne pressent pas
Beckett. On ne décrète pas l'apparition de Le Clézio. Un beau jour, leur manuscrit
arrive sur votre bureau. Vous y êtes sensible. C'est là votre seul métier, votre
seul mérite. » C'est ainsi que Georges Lambrichs résumait l'itinéraire
éditorial qui le mena en dernier lieu chez Gallimard, après des débuts en Belgique,
suivis de douze années aux Éditions de Minuit (1945-1957) et d'un bref passage
chez Grasset. Mais, jeune auteur, Lambrichs avait rencontré Jean Paulhan dès 1937
qui l'avait alors publié en revue ; leur dialogue ne connut alors
aucune interruption, notamment durant la période Minuit. Il avait d'ailleurs été
très sérieusement question de son entrée chez Gallimard en 1952, via la reprise
rue Sébastien-Bottin de sa revue 84. En vain. Il fallut attendre la fin
de l'année 1958 pour que les discussions entre Gaston Gallimard et l'éditeur reprissent
et aboutissent. Le 1er janvier 1959, Lambrichs rejoignait les équipes éditoriales
de la NRF, où il devait proposer la création du « Chemin ».
Si cette collection eut tôt fait d'accueillir quelques auteurs
déjà publiés par Gallimard (Klossowski, Pieyre de Mandiargues, Jouffroy, Trassard)
ou Minuit (Butor), ou par d'autres éditeurs (Foucault et Starobinski venaient
de Plon), sa véritable vocation fut de publier des premiers livres, d'écrivains
ou de critiques : Jacques Serguine, Michel Deguy, Philippe Beaussant, Jean
Roudaut, Pierre Bourgeade, Gérard Macé, Jude Stéfan, Henri Meschonnic… et plus
tard, Jean-Marie Laclavetine, Paul Fournel, Henri Raczymow, Patrick Cahuzac y
firent paraître ainsi leur premier ouvrage. Publiés par Lambrichs dans la revue
Monde nouveau avant la création du « Chemin »
tout comme Klossowski , Georges Perros confia à la collection le premier
volet de ses Papiers collés (Poèmes bleus et Une vie ordinaire
y seront également publiés, respectivement en 1962 et 1967). Dès février 1959,
Lambrichs est en étroite relation avec Jean Starobinski, au sujet de L'Œil
vivant (d'abord intitulé Le Regard et la Proie) qui ne paraîtra
que deux ans plus tard, alors même que celui-ci est sous contrat avec Plon (tout
comme Michel Foucault, dont pourtant Lambrichs publie en 1963, en marge de ses
premiers écrits sur la folie, son essai sur Raymond Roussel). 1963
est une année charnière pour la collection ; le 18 octobre 1962, Lambrichs
recevait une lettre d'un jeune Niçois, âgé de 22 ans et n'ayant jamais été publié,
précédant l'envoi d'un manuscrit : « Pourriez-vous me dire
dans quelle mesure la collection "Le Chemin" serait approprié à mon cas, celui
de jeune auteur n'ayant encore jamais rien publié. Certains m'ont affirmé que
cette collection était exclusivement réservée au "Nouveau Roman" ; mais est-ce
à dire aux seuls élèves de la théorie du "Nouveau Roman" dont M. Robbe-Grillet
est le Maître, ou le terme de "Nouveau Roman" est-il pris ici dans un sens un
peu plus large, moins théorique. » Réponse de Lambrichs : « Je
lirai volontiers et tout de suite votre roman. Quant à la collection "Le Chemin",
je pense que l'autonomie de chaque titre publié rejette l'idée, à mes yeux, d'une
chasse gardée tant pour les maîtres que pour les pions. » On ne
peut être plus clair… Le jeune auteur avait pour nom Jean Marie Gustave Le Clézio ;
le roman était Le Procès-verbal, dont le succès fut immédiat, perçu comme
une révélation, et qui reçut en 1963 le prix Renaudot. Il donnera douze autres
ouvrages au « Chemin », dont L'Extase matérielle,
Le Livre des fuites, Désert… D'autres succès commerciaux vinrent
confirmer la reconnaissance par le grand nombre de la « qualité
chemin », tandis que dans le même temps Lambrichs publiait ses
auteurs fétiches, Michel Butor, Pieyre de Mandiargues, Jacques Réda, Jean-Loup
Trassard… Un groupe se forme autour de Lambrichs, le groupe des
auteurs publiés dans la collection et dans Les Cahiers du Chemin, revue
animée par Lambrichs chez Gallimard de 1967 à 1977 année durant laquelle
il prend la direction de La NRF. On y retrouve Jacques Réda, Ludovic Janvier,
Michel Chaillou, Jean Roudaut, Jude Stéfan, Michel Deguy, Gérard Macé, Jean-Loup
Trassard, Michel Butor, Jacques Borel… . « On nous disait du Chemin,
nom de la collection chez le même éditeur […] » (Michel Chaillou).
Nombre d'entre eux ont choisi de prolonger leur route en d'autres
lieux : la « Blanche »,
bien sûr (Stefan), mais aussi parfois dans « Les Essais »
(Starobinski), « L'Infini » (Bourgeade), « L'Un
et l'autre » (Bobin, Raczymow) ou « Le
Cabinet des Lettrés » (Macé). Et plusieurs auteurs recrutés par
Georges Lambrichs ont apporté à Gallimard leur propre science de l'édition, comme
Jacques Réda ou Jean-Marie Laclavetine. Pour cela aussi, l'esprit « Chemin »
est demeuré alerte. | |  |  |
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| | LES
AUTEURS LES PLUS FIDÈLES AU « CHEMIN »
14 titres : Michel Butor 13 titres : J.M.G. Le Clézio
11 titres : Henri Meschonnic 9 titres : Jude Stéfan
8 titres : Pierre Bourgeade, Gérard Macé, Henri Raczymow, Jacques Réda,
Jean Roudaut 7 titres : Michel Deguy 6 titres
: Jean Demelier 5 titres : Philippe Beaussant, Jean-Marie Laclavetine,
Jean Lahougue, Pascal Lainé, Roger Laporte, Georges Perros | |
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