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| | LE
PREMIER TITRE Paul Claudel. L'Otage (26 mai 1911) |
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| | BRÈVES
Neuf premiers romans paraissent en moyenne en « Blanche »
chaque année. | |  |  |
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| | La première
maquette de couverture n'est pas une création : l'imprimeur brugeois
en avait déjà fait usage en 1908 pour le compte des Éditions
de La Phalange. | |  |  |
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| | À
mesure que certains fonds d’éditeurs entraient dans le giron de la
NRF ou que des auteurs rejoignaient Gallimard, la collection s'est enrichie d’œuvres
majeures parues antérieurement : ainsi du Voyage au bout de la nuit
de Céline ou des Mémoires d’Hadrien de Yourcenar…
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| | Très
rares sont les couvertures de « Blanche » illustrées, comme
le Paris de Ramuz (1939) et Histoire(s) du cinéma de
Godard (1998). | |  |  |
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| | « "La
Blanche", c’est une collection courante devenue mythique, comme la
"Série noire", qui est une fabrique de roman à l’état
originel, un lieu où l’on raconte des histoires. »
De fait, Daniel Pennac, à qui l’on doit ces propos, fut l'un des
auteurs de la série policière à revêtir les couleurs
de la « Blanche ». D'autres lui emboîteront le pas :
Benacquista, Daeninckx, Dantec… | |  |  |
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| | Victime
de sa notoriété, la collection a été plusieurs fois
et indûment plagiée. Notons cependant quelques « déclinaisons »
interne, autorisées (!) : la « Bibliothèque
blanche » destinée aux enfants (1965) ou « La Noire »
(1992) pour les polars. | |  |  |
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| | D’HIER
À AUJOURD’HUI Claudel écrivait à Gide le 2
juin 1910, quelques mois avant la création des Éditions de la Nouvelle Revue Française :
« Je suis très intéressé par vos projets de maison d'édition et
j'espère qu'il en sortira quelque chose. Toute la question est de savoir si une
entreprise commerciale peut vivre en n'éditant que des ouvrages excellents de
forme et de fonds. » Préoccupation partagée par
l'auteur des Caves du Vatican : « J'attends de cette
entreprise un extraordinaire assainissement de la littérature (et de la typographie). »
On se souvient que la revue La NRF avait été créée deux ans plus tôt par
un groupe d'auteurs réunis autour d'André Gide. L'idée de constituer un comptoir
d'édition dans le prolongement du périodique, classique à l'époque, répondait
au souhait de publier les œuvres des auteurs de la revue et de ceux qui leur étaient
chers. Nouveautés et fonds, l'efficace antienne ! L'appellation « Blanche »
fait référence aux couleurs revêtues par la plupart des premiers volumes brochés
publiés par la maison d'édition, dont les couvertures étaient de couleur crème
et non jaune paille comme aujourd'hui. La maquette retenue détonait dans les rayonnages
des librairies où dominait une titraille noire sur fond jaune. Que l'appellation
« Blanche », par tradition et connotation très littéraire
(on pense à la célèbre Revue blanche), se soit imposée et maintenue jusqu'à
aujourd'hui témoigne de cette singularité formelle. Singularité renforcée après-guerre
quand la NRF qui multipliait ses collections et les autres éditeurs
français se mirent à user de plus en plus de papier coloré et de motifs ornementaux
pour les couvertures typographiques de leurs publications : « Les
Cahiers verts », « Les Documents bleus »…
L'histoire de la « Blanche » ? Elle serait
d'abord celle de la composition progressive du fonds de l'éditeur Gallimard, lieu
de pures découvertes et d'élaboration patiente des œuvres. Mais elle renvoie également
aux autres collections de la maison qui, d'année en année, l'ont nourrie et continue
à le faire liées qu'elles sont ou étaient à un éditeur particulier (Paulhan
pour « Métamorphoses », Lambrichs pour « Le
Chemin », Sollers pour « l'Infini »…) ou
voués à un genre, un thème ou un domaine linguistique propre (la « Série
noire », « Haute enfance »…). la « Blanche »
émerge de cet ensemble et témoigne des apports des éditeurs et des auteurs à l'aventure
collective de la NRF. | |  |  |
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| | PERMANENCE
ET VARIATIONS GRAPHIQUES La maquette de couverture a été
conçue à l'occasion de la parution des trois premiers volumes de la collection
par l'éditeur Verbeke à Bruges. On veille déjà au moindre détail, rien n'est laissé
au hasard on sait, depuis Mallarmé, ce que la poésie doit à la typographie,
et inversement. La maquette finale relève d'un refus catégorique de traitement
décoratif au profit d'une lisibilité intacte, privilégiant unité typographique
et sobriété de la composition. Elle se rattache à celle de La NRF par son
papier mat de couleur crème, par l'adoption d'une elzévirienne assez fine et allongée,
aux contrastes de graisses peu marqués, et par l'impression en deux couleurs,
rouge et noir. Elle en diffère cependant par le cadre à filet noir et double filet
rouge. Cette maquette sera stabilisée durant l'entre-deux-guerres,
une fois le filet horizontal entre l'auteur et le titre supprimé, le monogramme
NRF traité typographiquement (Garamond puis Didot italiques), le Didot gras adopté
pour l'impression du nom de l'auteur et le titre et enfin les filets rouges et
noir prolongés en dos. Au cours des années 1950 apparaissent les premiers résumés
en quatrième page de couverture, en remplacement du cadre, du fleuron, du monogramme
ou de l'extrait de catalogue, les bandes suivies de peu par les jaquettes, ou
couvre-livres, illustrées et imprimées en couleurs (1961). Enfin, à partir de
1964, tous les volumes de la « Blanche » sont rognés et,
partant, découronnés. La décennie 1980 verra une tentative d'adoption d'un papier
satiné et brillant de type « kromekote », qui sera abandonné
pour celui que nous connaissons aujourd'hui. | |
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