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| | LE
PREMIER TITRE Émile Benveniste. Problèmes de linguitique
générale, I (1966) | | |
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| | BRÈVES
En 1978, Georges Dumézil est reçu à l'Académie française ;
il répond à Claude Gallimard, alors P-DG des Éditions, qui
le félicitait de cette insigne promotion : « Cet incident
de parcours est le plus direct effet de la collection des Sciences humaines. Merci. » |
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| | 1966. Benveniste
est dans le bureau de Pierre Nora ; outre qu'il reproche à l'éditeur
d'avoir publié Masse et puissance de Canetti, il lui fait remarquer
que le titre, correctement traduit, aurait dû être Les Masses et
la puissance. Le linguiste avait raison. | |
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| | Parmi les
livres dont Pierre Nora est le plus fier d'avoir été l'éditeur,
La Logique du vivant de François Jacob (1970) occupe une place particulière :
« Il a rendu accessibles au grand public ces sciences rébarbatives
que sont les sciences dures ». | |
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| | Avec la
collection de grande diffusion « Idées » de François
Erval (505 titres de 1963 à 1983) et « Les Essais »
(245 titres de 1931 à 1987) devenue « Nrf Essais »
(sous la responsabilité d'Éric Vigne), les sciences humaines ont
d'autres lieux d'expression à la NRF, et non des moindres. | |
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D'HIER
A AUJOURD’HUI
L'historien Pierre Nora est donc appelé
par Gallimard en 1965 pour restructurer le secteur de la « non-fiction ».
Il s'agit notamment de ranimer la « Bibliothèque des idées »,
de créer une collection jumelle pour les sciences humaines (rejointe en
1971 par la « Bibliothèque des histoires ») et de
convaincre J.B. Pontalis d'adopter une maquette proche de celles des autres « bibliothèques »
pour sa collection de psychanalyse, « Connaissance de l'inconscient »
(1967). « La couverture unifiée imposerait les livres sur le
marché et deviendrait aussi significative dans l'histoire de la Maison
que celle de la collection "Blanche" ». De cette configuration,
on retiendra une distribution assez cohérente des disciplines et
donc des auteurs par collection, que viendra encore préciser « NRF
Essais » après 1988. C'est un signe : le
premier tome des Problèmes de linguistique générale
d'Émile Benveniste, qui s'inscrit dans le prolongement intellectuel des
thèses de Ferdinand de Saussure, inaugure la collection, suivi par Ethnologie
et langage de Geneviève Calame-Griaule. L'émergence du structuralisme
en ethnologie et en linguistique, sous-tendu par l'idée que l'analyse du
langage allait pouvoir unifier toutes les sciences de l'homme, allait être
un premier élément de structuration. En publiant, par exemple, des
uvres « comparatistes » de l'anthropologue Louis Dumont
ou de l'historien des mythes et des religions Georges Dumézil, l'auteur
le plus représenté dans cette « Bibliothèque »
choisie, la collection s'inscrit nettement dans ce mouvement. De même, avec
les travaux de Benveniste et les uvres de référence des russes
Vladimir Propp, précurseur de l'analyse structurale du récit avec
sa grammaire formelle des contes, et Iouri Lotman, la collection se rattache d'emblée
au grand bouleversement qu'a connu la linguistique et la sémiotique jusque
dans les années soixante-dix. Mais l'ethnologie et l'anthropologie
constitue, vingt-cinq ans durant, son champ d'investigation prioritaire, témoignant
de la pénétration des théories fonctionnalistes et structuralistes
puis de la vivacité de leur critique. Pierre Nora avait eu en Brice
Parain et Michel Leiris de brillants prédécesseurs : Alfred
Métraux, Georges Dumézil ou Louis Dumont avaient déjà
publié certaines de leur monographie à la NRF. Aussi l'historien
prolonge-t-il le travail engagé, rééditant quelques textes
(La Tarasque de Dumont) et accueillant les suivants (Homo hierarchicus
et Homo aequalis du même, par exemple). Des classiques de la recherche
américaine et britannique sont, enfin, donnés en traduction au public
français (L'Individu dans sa société de Kardiner,
Les Nuer d'Evans-Pritchard, Les Aborigènes australiens d'Elkin
).
Ils sont bientôt rejoints par plusieurs monographies dues à des universitaires
de la génération suivante, en débat avec le structuralisme
de leurs prédécesseurs (anthropologie interprétative de Geerz ;
Leach ; Sahlins). L'ethnologie française est quant à elle représentée
par des chercheurs de terrain, rattachés aux grandes institutions du moment
(Musée de l'homme, EPHE, CNRS, EHESS
) : les africanistes Geneviève
Calame-Griaule, Jacqueline Delange, Luc de Heusch, Michel Izard, l'ethnopsychiatre
Georges Devereux, l'ethnomusicologue Gilbert Rouget
La collection
donne également une audience toute particulière à des uvres
d'historiens, d'économistes ou de sociologues associant à leur analyse
des perspectives et des méthodes anthropologistes. On pense notamment aux
études de Marcel Détienne, historien de l'antiquité, ou aux
enquêtes régionalistes de Jeanne Favret-Saada ou Yvonne Verdier.
L'uvre majeure de Karl Polanyi, La Grande Transformation, critique
radicale du libéralisme écrite en 1944 et traduite en France seulement
quarante ans plus tard, peut également s'y rattacher. Elle jouit aujourd'hui
d'une audience renouvelée, notamment dans les rangs des altermondialistes.
Quant à Erwin Panofsky, c'est à une forme de sémiologie de
l'uvre d'art qu'il nous convie dans ses célèbres Essais
d'iconologie, qui mettent en uvre un dialogue inédit entre histoire
culturelle et histoire de l'art. Cette transdisciplinarité est également
adopté par Meyer Schapiro, dans Style, artiste et société.
Cette ingérence des problématiques de la sociologie
et de l'histoire culturelle se lit tout aussi bien dans les débats qui
opposent à la fin des années 1970 les partisans d'une philosophie
ou d'une histoire conceptuelle des sciences à une interprétation
culturaliste. La traduction des uvres de Thomas Kuhn est à cet égard
déterminante, de même que celles de Gérard Holton, appelant
à la réconciliation des deux approches. Les chercheurs eux-mêmes
prennent part à ses débats, portant un regard réflexif sur
leur activité à l'image de François Jacob (La Logique
du vivant en 1970) ou d'Ilya Prigogine, prix Nobel de Chimie, s'alliant à
la philosophe Isabelle Stengers pour La Nouvelle alliance (1979), un ouvrage
qui fera date. Evelyn Fox Keller, quant à elle, professeur au MIT, interroge
dans deux ouvrages les développements contemporains des sciences biologiques
dans une perspective épistémologique. Raymond Aron
engage la collection sur le terrain de la sociologie en 1967, avec le volume qu'il
consacre à l'histoire intellectuelle de la discipline (et que suivront
plusieurs ouvrages de philosophie politique) s'achevant sur l'analyse des théories
de Max Weber (1864-1920). La traduction d'uvres de ce dernier, bien insuffisante
jusqu'alors, manifeste un intérêt renouvelé pour ce terrain
de recherches, confirmée ces dernières années par la publication
d'essais et de recueils d'articles de sociologues français du contemporain
comme Lipovetsky, Mendras, Schnapper, Yonnet ou Morel
Avec Max Weber, on
touche également à la question du fait religieux, interrogé
de multiples façons par plusieurs auteurs de la collection et tout
particulièrement par Marcel Gauchet, dans son articulation avec le politique,
dans son désormais classique Désenchantement du monde.
L'économie et la politique bénéficient d'un important
programme de traduction (Shonfield, Galbraith, Reynolds
) et de l'entrée
en scène d'une histoire philosophique ou sociologique du politique (Lefort,
Rosanvallon). L'épistémologie et l'histoire des sciences sociales
tiennent une bonne place, on l'a vu, avec les uvres décisives de
Foucault et d'Aron, mais également de Lazarsfeld sur les sciences sociales
(1970) ou de Schumpeter sur l'analyse économique (1976). | |
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| | ILS
ONT FAIT DATE... Raymond Aron. Les Étapes de la pensée
sociologique ; Penser la guerre, Clausewitz Émile Benveniste.
Problèmes de linguistique générale Roger Caillois.
Approches de la poésie Geneviève Calame-Griaule. Ethnologie
et langage Elias Canetti. Masse et puissance Marcel Detienne.
L'Invention de la mythologie Georges Dumézil. Mythe et
épopée Louis Dumont. Homo Hierarchicus ; Homo
Aequalis E.E. Evans-Pritchard. Les Nuer Michel Foucault.
Les Mots et les choses ; L'Archéologie du savoir
John Kenneth Galbraith. Le Nouvel État industriel ; La Science
économique et l'intérêt général Marcel
Gauchet. Le Désenchantement du monde Clifford C. Geertz.
Bali E. H. Gombrich. L'Art et l'illusion François
Jacob. La Logique du vivant Abram Kardiner. L'Individu dans sa
société Thomas S. Kuhn. La Tension essentielle
Claude Lefort. Les Formes de l'histoire Gilles Lipovetsky.
L'Empire de l'éphémère Iouri Lotman. La
Structure du texte artistique Henri Mendras. La Seconde Révolution
française Erwin Panofsky. Essais d'iconologie
Karl Polanyi. La Grande transformation Vladimir J.A. Propp. Morphologie
du conte Marshall Sahlins. Âge de pierre, âge d'abondance ;
Au cur des sociétés Dominique Schnapper. La
France de l'intégration Max Weber. Histoire économique ;
Sociologie des religions ; L'Ethique protestante et l'esprit du
capitalisme suivi d'autres essais Paul Yonnet. Jeux, modes et masses
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