Création : 1988
Nombre de titres parus : 154
Nombre d'auteurs édités (hors collectif) : 87
Ventes depuis 1991 : 171 800 ex.
Meilleure vente : J.M.G. Le Clézio. La Fête chantée et autres essais de thème amérindien (1997) : 19 400 ex.
 
 « Seuls nous importaient les anonymes des bibliothèques, les œuvres innombrables que n'avait pas retenues, fossilisées, la théologie de la littérature, ces stylistes admirables qu'oblitérait provisoirement l'étiquette de "mineurs". Il nous revenait de réparer les oublis, de reporter au jour les œuvres enfouies, de troubler les hiérarchies, les images exemplaires destinées à faciliter l'administration générale des lettres… »
(Patrick Mauriès, Le Vertige, Gallimard, 1999)
 
 
 
 
 
 

  À qui suit les pas du « Promeneur » se dévoile une bien singulière bibliothèque. Patrick Mauriès y recueille, depuis plus de quinze ans, ses découvertes et ses plaisirs de lecteur inspiré — en une approche qu'il dit lui même « intempestive » de la littérature. La littérature ? un espace d'enquêtes et d'errances, de terres inconnues et de sentiers abandonnés, menant parfois « à la minuscule silhouette d'un personnage [— l'auteur —] que ses choix avaient mis à l'écart, tenu en réserve ». Mais prenons garde : dans l'éclectisme choisi du « Promeneur », il rentre autant de goût pour le baroque et le bizarre, pour le rare et l'unique que d'admiration prolongée pour des auteurs aussi singuliers que Friedrich Glauser, Mario Soldati, Louise de Vilmorin, Giorgio Manganelli ou Peter Ackroyd.
  Sous son enseigne paraissent deux collections : celle, éponyme, du « Promeneur » et « Le Cabinet des lettrés » créé en 1991. Elles sont sœurs par leur conception graphique et le souffle qui les anime ; mais elles diffèrent par leur format et la mesure des œuvres qu'elles recueillent — la seconde proposant de préférence des textes plus courts ou de moindre diffusion. Aujourd'hui, la bibliothèque du « Promeneur » réunit plus de 250 ouvrages.

  Le Promeneur fête le vingtième anniversaire de sa création en avril 2009 : dossier complet sur le site www.gallimard.fr

 
 

LE PREMIER TITRE
Vincenzo Consolo. Le Retable et Lunaria (mars 1988)

 
>Tous les titres de la collection (dernières parutions en tête)
 
  À propos de la bibliothèque idéale
Des écrivains amis ont accepté, à l'occasion du vingtième anniversaire du Promeneur, de renouer avec le fil d’une enquête lancée par Raymond Queneau dans les années 1950 et de s’interroger à leur tour sur le futur de la bibliothèque (idéale ou non) et des livres tels que ceux que persiste à publier Le Promeneur.
 
> Des écrivains répondent à l'enquête du Promeneur
 
 BRÈVES
Paradoxe : alors que le nom de la collection évoque un homme en marche, la figure portée sur chaque couverture de la collection reproduit la silhouette d'un lecteur du XVIIIe siècle, assis.
La lecture comme voyage intérieur.
 
 Le Promeneur avant « Le Promeneur » : trente-deux titres parurent chez l'éditeur de 1988 à 1991 ; on y trouve déjà quelques auteurs fidèles de la collection : Ackroyd, Comisso, Glauser, Savinio…
 
 On ne sera pas surpris de retrouver plusieurs auteurs du « Promeneur » dans la collection « Le Cabinet des lettrés » : Connoly, De Quincey, Le-Tan, Manganelli, Soldati.
 
 Certains ouvrages consacrés à des illustrateurs sont présentés sous coffrets carrés : Le-Tan, Les Styles de Mauriès et Lacroix...
 
 Pierre Le-Tan a signé l'illustration de plusieurs couvertures des romans de Mario Soldati. Il ne s'agit pas alors de vignette mais d'illustration pleine page.
 
 Patrick Mauriès fut par ailleurs l'un des animateurs des Éditions Rivages (collection « Galerie ») et le responsable des éditions françaises de Thames & Hudson.
 
 
 

D’HIER À AUJOURD’HUI
  Le Promeneur fut d'abord le titre d'une revue créée en 1981 par un jeune normalien, Patrick Mauriès, disciple de Roland Barthes, bientôt responsable des pages littéraires de Libération. Avec son amie Michèle Hechter, romancière et traductrice, et fort du soutien de l'éditeur Franco Maria Ricci (avec qui il lancera FMR, revue de grand prestige), il imagine et anime cette petite gazette, façon XVIIIe siècle, « une petite feuille qui paraissait tous les mois et reflétait ma bibliothèque réelle et imaginaire. » La revue devient maison d'édition en 1988, d'abord liée au groupe propriétaire des Éditions du Quai Voltaire (Edima) puis accueillie comme collection en 1991 chez Gallimard — et installée au 26, rue de Condé dans l'hôtel historique du Mercure de France.
  Attaché à l'édition d'art la plus exigeante, lui-même bibliophile éclairé, Patrick Mauriès réserve le plus grand soin à la qualité de réalisation de ses projets éditoriaux. Il confie au designer milanais Pier Luigi Cerri le soin de concevoir la ligne graphique de ses collections : couverture blanche ou grise, à rabats, sur un papier vergé orné d'une illustration en couleurs, elle-même encadrée d'un simple gaufrage ; mince filet rouge délimitant les mentions d'auteur et de titre.
  Composé à la manière d'un cabinet de curiosités, de proche en proche, la bibliothèque du « Promeneur » témoigne autant des enthousiasmes de son maître d'œuvre que de la permanence de ses goûts. Première prédilection : les récits de voyages, les mémoires, souvenirs et chroniques de l'époque moderne et révolutionnaire… et plus généralement tout ce qui relève d'une approche singulière d'une époque, offrant un éclairage inhabituel, portés par la beauté d'un style, l'originalité d'un regard ou d'une situation, sur une période donnée. C'est ainsi qu'il s'est employé à redonner une nouvelle audience à l'œuvre un peu oubliée de cet insigne, mais secret, personnage du XVIIIe siècle que fut Vivant Denon. Plus près de nous, les quatre volumes des Minutes de François Sentein livrent le regard, vigilant et ironique, d'un jeune homme sur l'Occupation, « mouton noir » au témoignage duquel « Le Promeneur » ne pouvait se soustraire. Attentif à toutes les formes de « marginalités », la collection peut se faire aussi l'écho de pratiques ou de formes d'expression réputées « déviantes » (les stupéfiants, avec Schivelbusch, également auteur d'une histoire des voyages en train et d'un essai sur l'éclairage artificiel ; les Gays Savoirs) et prêter attention à des aspects oubliés et autres reliquiae d'œuvre d'écrivains majeurs (les Césars de l'opiomane De Quincey, les Salons de Stendhal). Ce penchant pour l'étrange, pour le merveilleux dans l'érudition, s'exprime aussi par la publication d'essais et d'études singuliers : Essais d'Elia du romantique anglais Charles Lamb, Trois cas de Mort soudaine de Frank Gonzales-Crussi, Trivia de Logan Pearsall Smith, Une voix derrière la scène de Mario Praz, Le Cabinet des merveilles de Monsieur Wilson de Lawrence Weschler. Enfin, une petite « Bibliothèque des libertins érudits » se constitue chemin faisant, avec la publication successives de textes de Jean-Jacques Bouchard, François de La Mothe Le Vayer et de Gabriel Naudé.
  Mais éclectisme n'est pas dispersion. « Le Promeneur » suggère des haltes auprès d'œuvres sûres et reconnues, tantôt devenues rares, tantôt délaissées. Les publications des œuvres complètes d'Heinrich von Kleist ou du poète Olivier Larronde, « météore au ciel de la poésie », la reprise de plusieurs textes de Louise de Vilmorin ressortissent à cette approche. Autre halte marquée : la littérature italienne du XXe siècle, des romans de l'ex-futuriste Palazzeschi, l'auteur des Sœurs Materassi, et des textes inédits en langue française de Giovanni Comisso, aux grands romanciers de l'après-guerre que furent Mario Soldati et Ennio Flaiano, tous deux attachés à l'avant-garde cinématographique italienne. Quant à la création contemporaine, elle est notamment représentée par le premier auteur de la collection, le Sicilien Vincenzo Consolo, puis par Giorgio Manganelli, qui fut avec Alberto Arbasino un des membres du très expérimental « groupe 63 », et par Rosetta Loy. À noter également, l'intérêt du « Promeneur » pour quelques intellectuels italiens au parcours singulier : Piero Camporesi, Giovanni Macchia, Mario Praz, Federico Zeri…
  Très bon connaisseur de la littérature anglo-saxonne, Patrick Mauriès a rendu plus familier aux lecteurs francophones le cercle de Bloomsbury, les romantiques anglais et soutient avec opiniâtreté l'œuvre de l'un des plus fins lettrés que connaisse aujourd'hui l'Angleterre, Peter Ackroyd. Bien loin de ses raffinements se situent les romans policiers et les récits autobiographiques de l'Autrichien Friedrich Glauser (1896-1938), le père du rude inspecteur Jacob Studer.
  On ne saurait enfin omettre la part des œuvres et de la critique artistiques, auxquelles s'est ouvert Le Promeneur dès ses débuts. Albums d'illustrateurs ou de peintres (Mollino, Pierre Le-Tan, Pierre Skira, Christian Lacroix), études sur la décoration et l'esthétique du quotidien (Mauriès, Jullian, Mérot), carnets d'artiste (Carnets d'Afrique de Miquel Barcelo) et essais et documents divers (Francis Bacon de Daniel Farson ; Trois essais sur le style d'Erwin Panofsky…) en constituent la trame, tissée par un directeur de collection que l'on peut résolument qualifier d'esthète.

 
 LES ITALIENS DU « PROMENEUR » :
ROMANCIERS, ESSAYISTES, ARTISTES ET HISTORIENS

Piero Camporesi (1926-1997) — Giovanni Comisso (1895-1969) — Vincenzo Consolo (né en 1933) — Sergio Ferrero (né en 1926) — Ennio Flaiano (1910-1972) — Carlo Emilio Gada (1893-1973) — Rosetta Loy (née en 1931) — Giovanni Macchia (né en 1912) — Giorgio Manganelli (né en 1922) — Luigi Meneghello (né en 1922) — Carlo Mollino (1905-1973) — Aldo Palazzeschi (1885-1974) — Mario Praz (1896-1982) — Alberto Savinio (1891-1952) — Mario Soldati (1906-1999) — Federico Zeri (1921-1998)
 
 L'HISTOIRE AU « PROMENEUR »
Histoire de l'art : Les Belles contrées de Piero Camporesi — La Grottesque d'André Chastel — Les Sept merveilles du monde de Peter A. Clayton et Martin J. Price — Francis Bacon, aspects d'une vie de Daniel Farson — Retraites mondaines. Aspects de la décoration intérieure à Paris, au XVIIe siècle d'Alain Mérot — Goût néoclassique de Mario Praz
Essais, documents et témoignages historiques : Véritable vie privée du maréchal de RichelieuVies remarquables de Vivant DenonLes Ambassadeurs vénitiens et Les Agents secrets de Venise de Giovani Comisso — Les Césars de Thomas De Quincey — Voyage en Sicile et Voyage dans la basse et la haute Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte de Dominique Vivant Denon — Histoire de la société française pendant le Directoire d'Edmond et Jules de Goncourt — Journal d'un voyage à Paris en 1814 de Jean Henry — Les Jeux des Grecs et des Romains de Wilhelm Richter — Histoire des voyages en train, Histoire des stimulants et La Nuit désenchantée de Wolfgang Schivelbusch
 
 L'ART ET LA LITTÉRATURE AU « PROMENEUR »
Histoire et critique littéraires : L'Insignifiance tragique de Florence Dupont — Le Temps et les œuvres de Carlo Emilio Gadda — Tableaux vivants de Pierre Klossowski — Le Théâtre de la dissimulation de Giovanni Macchia — Énigmes romaines. Une lecture d'Ovide de Pierre Maréchaux — Une voix derrière la scène de Mario Praz — Le Très Curieux Jules Verne de Marcel Moré
Albums, critiques d'art : Les Styles de Philippe Jullian — Essais et débris sur la plage et Catalogue Le-Tan de Pierre Le-Tan — Sur un fond blanc de Vera Linhartová — Éloge de la lumière. Rencontres entre les arts de Giovanni Macchia — Styles d'aujourd'hui de Patrick Mauriès et Christian Lacroix— Polaroïds de Carlo Mollino — Trois essais sur le style d'Erwin Panofsky — L'Atelier du voyage. Les Peintres en Orient au XIXe siècle de Christine Peltre — Traité d'incertitude de Pierre Skira — Salons de Stendhal — Le Cabinet des merveilles de Monsieur Wilson de Lawrence Weschler — J'avoue m'être trompé de Federico Zeri
 
 LES ALBUMS DU « PROMENEUR »
Ouvrages illustrés parus au format 215 x 215 mm., brochés et parfois sous coffret illustré : La Grottesque d'André Chastel — Les Sept merveilles du monde de Peter A. Clayton et Martin J. Price — Les Styles de Philippe Jullian — Épaves et débris sur la plage de Pierre Le Tan — Styles d'aujourd'hui de Patrick Mauriès et Christian Lacroix — Louise de Vilmorin. Un album de Patrick Mauriès — Retraites mondaines d'Alain Mérot — Polaroïds de Carlo Mollino — Les Antécédents idéologiques de la calandre Rolls-Royce et Trois essais sur le style d'Erwin Panofsky — Goût néoclassique et Une voix derrière la scène de Mario Praz
 
 

INFORMATIONS COMMERCIALES
Format : 130 x 215 - 215 x 215 mm. (format album)
Nombre de titres disponibles : 125
Nombre de nouveautés dans l'année : 6
Ventes nettes annuelles : 8600 ex.
Prix de vente moyen : 23 €
Les 5 meilleures ventes du fonds :
JMG Le Clézio. La Fête chantée
Federico Zeri. J'avoue m'être trompé
Marcia Davenport. Les Frères Holt
Louise de Vilmorin. Les Mémoires de Coco
Dominique Vivant Denon. Voyage dans la basse et haute Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte

 Les données concernant les ventes, les prix publics (TTC) et les réimpressions sont représentatives des quatre dernières années.
© www.gallimard.fr 2009. Mise à jour : 31 mars 2009.