Création : 1931
Nombre de titres parus : environ 1 700
Nombre d'auteurs édités : environ 800 (hors collectif)
Ventes depuis parution : 11 millions d’ex.
Meilleure vente : Boris Pasternak. Le Docteur Jivago (1956) : 430 000 ex.
 
 « La curiosité cosmopolite marque la première vague NRF : Paul Claudel, Valery Larbaud, André Suarès, Saint-John Perse. Dès ses débuts, la NRF se veut Du Monde entier. »
(François Nourissier, Album NRF, Gallimard, 2000
 
 
 
 
 
 

  « Du Monde entier » est la principale collection de littérature étrangère des Éditions Gallimard. Dotée d'un fonds exceptionnel et demeurée fidèle aux grands noms de la littérature mondiale de ces dernières décennies (Roth, Bellow, Fuentes, Vargas Llosa, Handke…), elle favorise depuis sa création l'émergence et la reconnaissance en France de nouveaux talents ou d'auteurs déjà salués, comme aujourd'hui Martin Amis, Ian McEwan, Zadie Smith, Arundhaty Roy, Manuel Rivas, Amos Oz, Jens Christian Grøndhal, Javier Marías, Dmitri Bavilski… Le Liseur (Schlinck), Testament à l'anglaise (Coe), Sonietchka (Oulitskaïa), Pastorale américaine et La Tache (Roth), Trois chevaux et Montedidio (De Luca), Sourires de loup (Z. Smith), Le Dieu des Petits Riens (A. Roy), Mon nom est rouge (Pamuk) figurent parmi les titres emblématiques de ces dernières années.
  On dénombre aujourd'hui, parmi les titres de la collection, environ 35 langues traduites et, parmi les auteurs, plus de 55 nationalités (dont 24 européennes).

 
 LE PREMIER TITRE
Erich-Maria Remarque. Après (Der Weg zurück), 12 mai 1931.
 
>Tous les titres de la collection (dernières parutions en tête)
 
 BRÈVES
Le premier roman de Faulkner traduit en France paraît dans la collection « Du Monde entier » en 1933 : Sanctuaire. Sur la bande ornant l'ouvrage, on peut lire : « Une révélation d'André Malraux, prix Goncourt, 1933 ».
 
 Les plus grands auteurs français portèrent la collection sur ses fonts baptismaux : Mac Orlan préface Döblin ; Malraux, Faulkner et le sulfureux Lawrence ; Supervielle, Ricardo Guiraldes ; et Drieu La Rochelle, Hemingway…
 
 

La collection a changé plusieurs fois de maquette de couverture. Le logo actuel est un photographisme de Georges Guimbertaud adapté par le graphiste Massin en 1961.

 
 D'autres collections vouées à la littérature étrangère avaient précédé « Du Monde entier » à la NRF, comme « Jeunes russes » en 1926 ou la « collection polonaise » en 1929. De nos jours, plusieurs collections accueillent des textes étrangers, à l'image de « Continents noirs » pour le domaine africain ou la « Série noire » pour les polars.
 
 

Le domaine anglo-saxon est le plus largement représenté : 24 % des titres ont des auteurs américains, 11 % anglais. Viennent ensuite les Italiens (8 %), les Allemands (6 %) et les Russes (4,5 %). Les livres d'auteurs d'Amérique du Sud représentent quelque 7 % du catalogue.

 
 
 

Régulièrement, la collection propose de nouvelles traductions de grands textes de la littérature étrangère : Lolita de Nabokov, Ulysse de Joyce, La Ferme africaine de Karen Blixen, Pedro Páramo de Juan Rulfo.

 
 
 
 D’HIER À AUJOURD’HUI
  « Du Monde entier » est créé au printemps 1931. L'époque est à la littérature étrangère : les collections se multiplient et la NRF, notamment sous l'impulsion de Gide et de Larbaud, y consacre depuis la fin de la première Guerre une part toujours plus importante de son catalogue (Conrad, Dos Passos, Kafka, Svevo, Tagore…).
  Jusqu'en 1950 toutefois, « Du Monde entier » ne s'adresse qu'aux seuls bibliophiles : n'y sont en effet réunies que les éditions originales de certaines traductions parues sous la couverture blanche. Ainsi Le Procès de Kafka, dans la traduction d'Alexandre Vialatte, préfacé par Bernard Groethuysen, paraît-il simultanément dans « Du Monde entier » (tirage de tête) et sous la couverture « blanche » (édition courante). Mais ce n'est pas une loi : La Haine d'Heinrich Mann (1933), Victoriens éminents de Lytton Strachey (1933) ou encore Les Histoires de Jacob de Thomas Mann (1935) paraissent en « Blanche » en édition courante et en beaux papiers. Ce n'est qu'à partir de 1950 que la collection « Du Monde entier » prend son autonomie par rapport à la blanche, les ouvrages ne portant plus de numéros d'ordre à partir du 575e volume (1971).
  Les débuts de la collection sont marqués par quelques grandes entrées dans le catalogue. Le domaine anglo-saxon s'enrichit de grandes figures sous l'influence prédominante de Maurice-Edgar Coindreau : Faulkner, Hemingway, Caldwell, Steinbeck. La découverte du premier est présentée en 1933, année de la publication de Sanctuaire, comme une « révélation de Malraux, prix Goncourt 1933 » (texte de la bande). Coindreau était en fait en relation avec Faulkner depuis mars 1931 ; il publiera en juin de la même année un premier article sur l'auteur dans La N.R.F. et y donnera une traduction de Septembre ardent en 1932 (Une Rose pour Emily paraissant parallèlement dans Commerce). Il travaillera alors à la traduction de Tandis que j'agonise. Mais les traductions françaises de l'auteur paraîtront dans un ordre différent de leur publication d'origine, malgré les efforts de Larbaud qui avait lui-même repéré Faulkner : Sanctuaire en 1933, avec une préface de Malraux (prépubliée dans La N.R.F.), Tandis que j'agonise en 1934 dans la traduction de Coindreau, avec une préface de Larbaud, Lumière d'août en 1935, Le Bruit et la fureur en 1938. Les textes de Sartre sur Faulkner (notamment celui de juillet 1939 dans La N.R.F., repris dans Situations I, 1947) joueront un rôle important dans la réception de l'œuvre. Suite à ses travaux sur Dos Passos et Faulkner, Coindreau sera sollicité par Gaston Gallimard pour la traduction des deux premiers romans d'Hemingway publiés à la N.R.F., dont L'Adieu aux armes, préfacé par Drieu La Rochelle (1932). Puis c'est au tour d'Erskine Caldwell d'attirer l'attention de Coindreau, qui entre en contact avec l'écrivain aux États-Unis en 1933 et publie successivement ses traductions du Petit Arpent du bon dieu (1936) et de La Route au tabac (1937). Enfin, en 1939, Coindreau donne à Gallimard sa traduction de Des Souris et des hommes, préfacé par Joseph Kessel, sans doute influencé dans ce choix par « la haute estime que Gide avait pour un de ses ouvrages écrit en 1936 In Dubious Battle, traduit [pour Gallimard] en 1940 par E. Michel Tyl sous le titre En un combat douteux ». Autant de publications décisives, qui marqueront à l'évidence deux décennies de « l'âge du roman américain » (1930-1950).
  Première collection entièrement dédiée au domaine étranger, « Du Monde entier » n'entraîne pas la disparition de la littérature étrangère sous d'autres enseignes. De nouvelles collections sont créées : « Les Classiques russes » en 1935, suite aux rachats de la collection homonyme aux Éditions Jacques Schiffrin (La Pléiade), dirigée par Schloezer, en 1933 et de trente-quatre titres de la « collection russe » des Éditions Bossard en 1934 ; y seront publiés les traductions de Bounine, Dostoïevski (dont la N.R.F. publie par ailleurs les œuvres complètes), Gogol, Gontcharov, Grébenschtchikov, Kouprine, Mérejkowski, Pouchkine, Tolstoï, Tourguéniev... « Les Classiques anglais » sont lancés quatre ans plus tard, publiant des œuvres d'Emily Brontë (Wuthering Heights), Dickens, Fielding, Thackeray... avant les « Classiques allemands » en 1941 : Eckhart, Goethe, Hoffmann... C'est également dans les années trente que des contacts sérieux commencent à être pris avec la littérature sud-américaine. Jules Supervielle saluait en 1932, dans les colonnes de La N.R.F., la parution en Argentine de Sur, la revue de son amie Victoria Ocampo, qui allait édifier un pont littéraire et éditorial entre les Amériques et l'Europe où se croiseraient Borges et Drieu, Eduardo Malleau et Henri Michaux... Invité par Victoria Ocampo à Buenos Aires en 1939, Caillois y créera un supplément de littérature française à Sur où seront publiés Breton, Malraux, Ponge... De ces premiers contacts découlera après-guerre la création de « La Croix du Sud ». Mais était déjà paru le Don Segundo sombra de Guiraldes (1932) présenté par Supervielle et auparavant, Vision de l'anahuac d'Alfonso Reyes, présenté par Larbaud. Ce même Larbaud qui signalait dès 1925 dans La Revue européenne, avant Drieu et Michaux, le talent de Borges. Enfin, parallèlement à « Du Monde entier », Gaston Gallimard crée en 1931 « Les Essais », collection sans directeur déclaré, se voulant moins « documentaire et anecdotique » que « Les Documents bleus », et où les intellectuels étrangers seront, là aussi, largement représentés (Kierkegaard, Max Scheler, Martin Heidegger et Nicolas Berdiaev, avant-guerre).
  « Du Monde entier » n'a jamais eu de directeur attitré. Membres du comité de lecture et collaborateurs extérieurs, forts de leurs compétences linguistiques propres et de leur connaissance des littératures nationales, contribuent à l'enrichir, comme l'ont fait en leur temps Malraux, Crémieux, Coindreau, Parain ou Queneau.
  Aujourd'hui Christine Jordis et Gustavo Guerrero, par exemple, ont respectivement en charge les domaines anglo-saxon et hispanophone — accompagnés dans leur choix, depuis l'après-guerre, par les responsables des achats de textes auprès d'éditeurs ou agents étrangers (comme Dionys Mascolo, Yannick Guilloux ou désormais Jean Mattern) et par la direction éditoriale de la Maison.
 
 QUELQUES « CLASSIQUES » DE LA COLLECTION
Amado. Bahia de tous les saints — Babel. Cavalerie rouge Bernhard. Oui Blixen. La Ferme africaine Burroughs. Le Festin nu Caldwell. Le Petit Arpent du bon dieu Carpentier. Le Royaume de ce monde Cortázar. Les Armes secrètes Döblin. Berlin Alexanderplatz Dos Passos. Manhattan Transfer Durrell. Le Carrousel sicilien Faulkner. Sanctuaire, Tandis que j'agonise, Sartoris (...) Fitzgerald. Le Dernier Nabab Fuentes. La Mort d'Artemio Cruz Handke. Le Colporteur Hasek. Le Brave Soldat Chvéik Hemingway. L'Adieu aux Armes, Le Vieil Homme et la mer, Pour qui sonne le glas (…) Joyce. Ulysse, Dedalus (…) Jünger. Sur les falaises de marbre Kafka. Le Procès, Le Château, La Métamorphose (…) Kundera. La Plaisanterie, La Valse aux adieux, L'Insoutenable légèreté de l'être (…) D.H. Lawrence. L'Amant de Lady Chatterley Vargas Llosa. La Ville et les Chiens Mishima. Le Pavillon d'or (…) Nabokov. Lolita (…) Pasternak. Le Docteur Jivago Pasolini. Poésies Roth. Portnoy et son complexe Strauss. La Dédicace Steinbeck. Des souris et des hommes, Les Raisins de la colère, La Perle (…) Styron. Le Choix de Sophie Vassilikos. Z White. Éden-Ville Zamiatine. Nous autres… et tant d'autres !
 
 PRIX ET DISTINCTIONS
Une moisson de Nobel : Thomas Mann, Faulkner, Hemingway, Laxness, Pasternak, Steinbeck, Cholokhov, Asturias, Neruda, Patrick White, Eyvind Johnson, Montale, Bellow, Elytis, Milosz, Canetti, Golding, Brodsky, Cela, Paz, Ôe, Heaney, Pamuk
Prix Pulitzer : Parabole et Les Larrons de Faulkner, Le Vieil Homme et la mer d'Hemingway, Les Confessions de Nat Turner de Styron, Rappel à Memphis de Peter Taylor, Rabbit est riche et Rabbit en paix de John Updike, Pastorale américaine de Philip Roth...
Prix Médicis étranger : La Vie est ailleurs de Kundera, Livre de Manuel de Cortázar, Le Traité des Saisons de Bianciotti, Maîtres anciens de Bernhard, La Tâche de Philip Roth.
Prix Femina étranger : Mouflets de Susan Minot, L'Enfant volé de Ian McEwan, Montedidio d'Erri De Luca.
Prix du meilleur livre étranger : La Tante Julia et le scribouillard de Vargas Llosa, À tout jamais de Graham Swift, Mon nom est rouge d'Orhan Pamuk...
 
 
 INFORMATIONS COMMERCIALES
Formats : 118 x 185 - 140 x 205 - 150 x 215 mm.
Nombre de titres disponibles : 1300
Nombre de titres au catalogue : 1800
Nombre de nouveautés dans l'année: 30
Ventes nettes annuelles : 200 000 ex.
Prix de vente moyen : 20,20 €
Poids du fonds dans les ventes : 20 %
Nombre de réimpressions de titres du fonds dans l'année : 45
Proportion des titres repris au format poche :
35 %
Les 10 meilleures ventes du fonds :

Pasternak. Le Docteur Jivago (1958)
Kundera. L'Insoutenable légèreté de l'être (1984)
Lawrence. L'Amant de Lady Chatterley (1932)
Hemingway. Le Vieil Homme et la mer (1952)
Roth. La Tache (2002)
Kundera. L'Immortalité (1990)
Styron. Le Choix de Sophie (1981)
Blixen. La Ferme africaine (1942)
Steinbeck. Les Raisins de la colère (1947)
Nabokov. Lolita (1959)
Dernier catalogue paru : 2002
 Les données concernant les ventes, les prix publics (TTC) et les réimpressions sont représentatives des quatre dernières années.
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