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| | LE
PREMIER TITRE Erich-Maria Remarque. Après (Der Weg
zurück), 12 mai 1931. | | |
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| | BRÈVES
Le premier roman de Faulkner traduit en France paraît dans la collection « Du
Monde entier » en 1933 : Sanctuaire. Sur la bande ornant
l'ouvrage, on peut lire : « Une révélation d'André Malraux,
prix Goncourt, 1933 ». | |  |  |
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| | Les plus
grands auteurs français portèrent la collection sur ses fonts baptismaux :
Mac Orlan préface Döblin ; Malraux, Faulkner et le sulfureux Lawrence ;
Supervielle, Ricardo Guiraldes ; et Drieu La Rochelle, Hemingway… |
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| | D'autres
collections vouées à la littérature étrangère avaient précédé « Du
Monde entier » à la NRF, comme « Jeunes russes »
en 1926 ou la « collection polonaise » en 1929. De nos jours,
plusieurs collections accueillent des textes étrangers, à l'image de « Continents
noirs » pour le domaine africain ou la « Série noire »
pour les polars. | |  |  |
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| | D’HIER
À AUJOURD’HUI « Du Monde entier »
est créé au printemps 1931. L'époque est à la littérature
étrangère : les collections se multiplient et la NRF, notamment
sous l'impulsion de Gide et de Larbaud, y consacre depuis la fin de la première
Guerre une part toujours plus importante de son catalogue (Conrad, Dos Passos,
Kafka, Svevo, Tagore
). Jusqu'en 1950 toutefois, « Du
Monde entier » ne s'adresse qu'aux seuls bibliophiles : n'y sont
en effet réunies que les éditions originales de certaines traductions
parues sous la couverture blanche. Ainsi Le Procès de Kafka, dans
la traduction d'Alexandre Vialatte, préfacé par Bernard Groethuysen,
paraît-il simultanément dans « Du Monde entier »
(tirage de tête) et sous la couverture « blanche »
(édition courante). Mais ce n'est pas une loi : La Haine d'Heinrich
Mann (1933), Victoriens éminents de Lytton Strachey (1933) ou encore
Les Histoires de Jacob de Thomas Mann (1935) paraissent en « Blanche »
en édition courante et en beaux papiers. Ce n'est qu'à partir de
1950 que la collection « Du Monde entier » prend son autonomie
par rapport à la blanche, les ouvrages ne portant plus de numéros
d'ordre à partir du 575e volume (1971). Les débuts
de la collection sont marqués par quelques grandes entrées dans
le catalogue. Le domaine anglo-saxon s'enrichit de grandes figures sous l'influence
prédominante de Maurice-Edgar Coindreau : Faulkner, Hemingway, Caldwell,
Steinbeck. La découverte du premier est présentée en 1933,
année de la publication de Sanctuaire, comme une « révélation
de Malraux, prix Goncourt 1933 » (texte de la bande). Coindreau était
en fait en relation avec Faulkner depuis mars 1931 ; il publiera en juin
de la même année un premier article sur l'auteur dans La N.R.F.
et y donnera une traduction de Septembre ardent en 1932 (Une Rose pour
Emily paraissant parallèlement dans Commerce). Il travaillera
alors à la traduction de Tandis que j'agonise. Mais les traductions
françaises de l'auteur paraîtront dans un ordre différent
de leur publication d'origine, malgré les efforts de Larbaud qui avait
lui-même repéré Faulkner : Sanctuaire en 1933,
avec une préface de Malraux (prépubliée dans La N.R.F.),
Tandis que j'agonise en 1934 dans la traduction de Coindreau, avec une
préface de Larbaud, Lumière d'août en 1935, Le Bruit
et la fureur en 1938. Les textes de Sartre sur Faulkner (notamment celui de
juillet 1939 dans La N.R.F., repris dans Situations I, 1947) joueront
un rôle important dans la réception de l'uvre. Suite à
ses travaux sur Dos Passos et Faulkner, Coindreau sera sollicité par Gaston
Gallimard pour la traduction des deux premiers romans d'Hemingway publiés
à la N.R.F., dont L'Adieu aux armes, préfacé par Drieu
La Rochelle (1932). Puis c'est au tour d'Erskine Caldwell d'attirer l'attention
de Coindreau, qui entre en contact avec l'écrivain aux États-Unis
en 1933 et publie successivement ses traductions du Petit Arpent du bon dieu
(1936) et de La Route au tabac (1937). Enfin, en 1939, Coindreau donne
à Gallimard sa traduction de Des Souris et des hommes, préfacé
par Joseph Kessel, sans doute influencé dans ce choix par « la
haute estime que Gide avait pour un de ses ouvrages écrit en 1936 In
Dubious Battle, traduit [pour Gallimard] en 1940 par E. Michel Tyl sous
le titre En un combat douteux ». Autant de publications décisives,
qui marqueront à l'évidence deux décennies de « l'âge
du roman américain » (1930-1950). Première
collection entièrement dédiée au domaine étranger,
« Du Monde entier » n'entraîne pas la disparition
de la littérature étrangère sous d'autres enseignes. De nouvelles
collections sont créées : « Les Classiques russes »
en 1935, suite aux rachats de la collection homonyme aux Éditions Jacques
Schiffrin (La Pléiade), dirigée par Schloezer, en 1933 et de trente-quatre
titres de la « collection russe » des Éditions Bossard
en 1934 ; y seront publiés les traductions de Bounine, Dostoïevski
(dont la N.R.F. publie par ailleurs les uvres complètes), Gogol,
Gontcharov, Grébenschtchikov, Kouprine, Mérejkowski, Pouchkine,
Tolstoï, Tourguéniev... « Les Classiques anglais »
sont lancés quatre ans plus tard, publiant des uvres d'Emily Brontë
(Wuthering Heights), Dickens, Fielding, Thackeray... avant les « Classiques
allemands » en 1941 : Eckhart, Goethe, Hoffmann... C'est également
dans les années trente que des contacts sérieux commencent à
être pris avec la littérature sud-américaine. Jules Supervielle
saluait en 1932, dans les colonnes de La N.R.F., la parution en Argentine
de Sur, la revue de son amie Victoria Ocampo, qui allait édifier
un pont littéraire et éditorial entre les Amériques et l'Europe
où se croiseraient Borges et Drieu, Eduardo Malleau et Henri Michaux...
Invité par Victoria Ocampo à Buenos Aires en 1939, Caillois y créera
un supplément de littérature française à Sur
où seront publiés Breton, Malraux, Ponge... De ces premiers contacts
découlera après-guerre la création de « La Croix
du Sud ». Mais était déjà paru le Don Segundo
sombra de Guiraldes (1932) présenté par Supervielle et auparavant,
Vision de l'anahuac d'Alfonso Reyes, présenté par Larbaud.
Ce même Larbaud qui signalait dès 1925 dans La Revue européenne,
avant Drieu et Michaux, le talent de Borges. Enfin, parallèlement à
« Du Monde entier », Gaston Gallimard crée en 1931
« Les Essais », collection sans directeur déclaré,
se voulant moins « documentaire et anecdotique » que « Les
Documents bleus », et où les intellectuels étrangers
seront, là aussi, largement représentés (Kierkegaard, Max
Scheler, Martin Heidegger et Nicolas Berdiaev, avant-guerre). « Du
Monde entier » n'a jamais eu de directeur attitré. Membres du
comité de lecture et collaborateurs extérieurs, forts de leurs compétences
linguistiques propres et de leur connaissance des littératures nationales,
contribuent à l'enrichir, comme l'ont fait en leur temps Malraux, Crémieux,
Coindreau, Parain ou Queneau. Aujourd'hui Christine Jordis et
Gustavo Guerrero, par exemple, ont respectivement en charge les domaines anglo-saxon
et hispanophone accompagnés dans leur choix, depuis l'après-guerre,
par les responsables des achats de textes auprès d'éditeurs ou agents
étrangers (comme Dionys Mascolo, Yannick Guilloux ou désormais Jean
Mattern) et par la direction éditoriale de la Maison. | |
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| | QUELQUES
« CLASSIQUES » DE LA COLLECTION Amado. Bahia de
tous les saints Babel. Cavalerie rouge Bernhard.
Oui Blixen. La Ferme africaine Burroughs.
Le Festin nu Caldwell. Le Petit Arpent du bon dieu
Carpentier. Le Royaume de ce monde Cortázar.
Les Armes secrètes Döblin. Berlin Alexanderplatz
Dos Passos. Manhattan Transfer Durrell. Le Carrousel sicilien
Faulkner. Sanctuaire, Tandis que j'agonise, Sartoris
(...) Fitzgerald. Le Dernier Nabab Fuentes.
La Mort d'Artemio Cruz Handke. Le Colporteur
Hasek. Le Brave Soldat Chvéik Hemingway. L'Adieu
aux Armes, Le Vieil Homme et la mer, Pour qui sonne le glas
(…) Joyce. Ulysse, Dedalus (…) Jünger.
Sur les falaises de marbre Kafka. Le Procès, Le
Château, La Métamorphose (…) Kundera. La Plaisanterie,
La Valse aux adieux, L'Insoutenable légèreté de l'être (…)
D.H. Lawrence. L'Amant de Lady Chatterley Vargas Llosa. La
Ville et les Chiens Mishima. Le Pavillon d'or (…)
Nabokov. Lolita (…) Pasternak. Le Docteur Jivago
Pasolini. Poésies Roth. Portnoy et son complexe
Strauss. La Dédicace Steinbeck. Des souris et des hommes,
Les Raisins de la colère, La Perle (…) Styron. Le
Choix de Sophie Vassilikos. Z White. Éden-Ville
Zamiatine. Nous autres… et tant d'autres ! |
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| | PRIX
ET DISTINCTIONS
Une moisson de Nobel : Thomas
Mann, Faulkner, Hemingway, Laxness, Pasternak,
Steinbeck, Cholokhov, Asturias, Neruda, Patrick
White, Eyvind Johnson, Montale, Bellow, Elytis,
Milosz, Canetti, Golding, Brodsky, Cela, Paz,
Ôe, Heaney, Pamuk
Prix Pulitzer : Parabole et Les Larrons
de Faulkner, Le Vieil Homme et la mer d'Hemingway, Les Confessions de
Nat Turner de Styron, Rappel à Memphis de Peter Taylor, Rabbit est
riche et Rabbit en paix de John Updike, Pastorale américaine de Philip
Roth... Prix Médicis étranger : La Vie est ailleurs de Kundera,
Livre de Manuel de Cortázar, Le Traité des Saisons de Bianciotti,
Maîtres anciens de Bernhard, La Tâche de Philip Roth. Prix
Femina étranger : Mouflets de Susan Minot, L'Enfant volé de
Ian McEwan, Montedidio d'Erri De Luca. Prix du meilleur livre étranger
: La Tante Julia et le scribouillard de Vargas Llosa, À tout jamais
de Graham Swift, Mon nom est rouge d'Orhan Pamuk... | |
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