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| | LE
PREMIER TITRE Julia Kristeva. Histoires d'amour, Denoël,
1983 | | |
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| | BRÈVES
Pourquoi « L'infini » ? Un nom de baptême qui
évoque aussi bien La Défense de l'infini d'Aragon et L'Infini
turbulent de Michaux que L'Entretien infini de Blanchot et Totalité
et infini de Lévinas. | |  |  |
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| | Découvert
dans « L'Infini » ou accueillis à l'aube de leur
parcours d'écrivain, Benoît Duteurtre et Catherine Cusset poursuivront
leur uvre dans la « Blanche ». | |
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| | Si Philippe
Sollers et Julia Kristeva sont les auteurs les plus représentés
au sommaire de L'Infini, ils sont l'un et l'autre absents de la collection depuis
1987. L'un a choisi la « Blanche », la seconde d'autres
éditeurs. On les retrouve cependant en « Folio ». |
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| | De Daniel
Accursi à Hans Magnus Enzensberger, de Stéphane Zagdanski à
Cécile Guilbert, on peut lire dans « L'Infini » quelque
40 essais, la plupart consacrés à des questions littéraires. |
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| | D'HIER
A AUJOURD'HUI En 1982, Philippe Sollers quitte le Seuil, après
avoir dirigé pendant 22 ans la revue d'avant-garde - pour peu que l'on
s'entende sur ce terme - Tel Quel et la collection du même nom. Tel
Quel : 94 livraisons placées sous le signe de la linguistique, de la
psychanalyse et de la littérature ; vingt années où la réflexion
théorique d'un groupe (Derrida, Barthes, Kristeva, Ricardou, Genette
),
son engagement politique (communisme, maoïsme
) et son entreprise de
réévaluation d'uvres extrêmes et marginales (Sade, Lautréamont,
Artaud, Joyce, Céline, Bataille, Blanchot
) l'ont, au bilan, emporté
sur les exclusions et les désunions qui en ont rythmé les jours.
Mais c'est une autre histoire
1982 : Philippe Sollers publie Femmes
chez Gallimard et se voit offert un bureau, une revue et une collection chez Denoël.
« Un déplacement » dirait l'auteur. Une rupture ? Si la
forme a quelque importance, on peut en douter, tant les deux revues se ressemblent
(capitales éclairées, vignette
). Mais il n'y avait d'autre
choix que de changer le titre de sa revue : « Pourquoi L'Infini ?
Vous tenez vraiment à irriter l'opinion ? - [
] C'est une méthode
qui a fait ses preuves. - Vous n'avez pas peur d'être à cent mille
kilomètres des problèmes actuels ? - Non. Je suis même persuadé
du contraire. - Tout de même, L'Infini, là, comme ça,
aujourd'hui, ça fait ridicule ! - À peu près autant qu'une
formule pas si lointaine, rappelez-vous : "Soyez réaliste, demandez
l'impossible" » (L'Infini, n° 1). Voilà
qui donne le ton : provocation sans complaisance, présence intempestive
à l'époque. Après 1987, la collection est
reprise à la NRF et change de couverture, adoptant la tonalité de
la « Blanche », sans filets. Reste que « L'Infini »
n'est pas « Tel Quel », malgré une certaine continuité
dans le ton, la permanence de quelques thématiques (sexualité, pratiques
déviantes et littérature) et l'interrogation prolongée d'uvres
tutélaires (Céline par Henri Godard et Stéphane Zagdanski
; Genet par Éric Marty et Catherine Millot ; Debord ou Laurence Sterne
par Cécile Guilbert ; Artaud par Raphaël Denys ; Rimbaud par Marcelin
Pleynet ; Bataille par Bernard Sichère
). Autant de points de ralliement
possibles, autant de figures subversives ou clandestines de l'écrivain.
Avant tout, c'est la jeune littérature qui intéresse
« L'Infini »; il n'est pas insignifiant que François Meyronnis,
Yannick Haenel et Frédéric Badré, cofondateurs de la revue
Ligne de risques, soient publiés dans « L'Infini »,
aux côtés de Bernard Lamarche-Vadel. Ne concluons pas pour autant
à l'école, au « club » et, encore moins, à
une approche dogmatique de ce que devait être une littérature nouvelle.
Rachid O., dans sa singularité, est à ce titre une figure exemplaire
; ce jeune Marocain avait dicté un court texte à un ami, qui l'avait
adressé à la collection. Sollers aime, publie dans la revue et incite
le jeune homme à poursuivre son effort. Contre cette «
France moisie » dont il ne cesse de bousculer l'apathie, Sollers a
parié, sur la durée et non sans fulgurance (pensons au récent
Trauma d'Hélène Duffau), sur les récits de Béatrice
Commengé, David Di Nota, Stéphane Zagdanski
qui ont côtoyé,
un temps, ceux de Frédéric Beigbeder, Catherine Cusset, Benoît
Duteurtre ou Alina Reyes. Autofiction, récit intime, dérision
une coexistence plus qu'intéressante d'auteurs de la jeune génération,
aujourd'hui sur le devant de la scène littéraire. À
noter enfin la présence de quelques auteurs dont les expérimentations
littéraires avaient déjà marqué les années
1970, dans le cadre du « Chemin » par exemple, comme Pierre
Bourgeade et Jean-Jacques Schuhl (auteur rare du livre culte Rose Poussière,
qui donne vingt-huit ans plus tard son premier prix Goncourt à «
L'Infini » : Ingrid Caven) ; Gabriel Matzneff, lui, confie à
Philippe Sollers la publication de son journal intime depuis 1990. | |
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| | PRIX
LITTÉRAIRES Prix Goncourt : Ingrid Caven de Jean-Jacques
Schuhl (2000) Prix Goncourt du premier roman : Vétérinaires
de Bernard Lamarche-Vadel (1994) Prix Femina : Amour noir de
Dominique Noguez (1997) Prix Femina du premier roman : L'Enfant
éternel de Philippe Forest (1997) Prix d'histoire littéraire
Andrée-Gautier : Saint-Simon ou l'encre de la subversion de
Cécile Guilbert (1994) Prix de l'essai Andrée-Gautier
: La Danse de Nietzsche de Béatrice Commengé (1988) Prix
Max-Barthou : La Danse de Nietzsche de Béatrice Commengé
(1988) Prix Amic de l'Académie française : Un écrivain
malgré la critique de Lakis Proguidis (2000)
Grand Prix du livre de mode de l'Université de la mode : Femme en
fourreau de Jean-Luc Hennig (2001) Prix Verdaguer : attribué
par l'Institut de France à Judith Brouste pour Jours de guerre (2004)
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