Création : 1990
Nombre de titres parus : 147
Nombre d'auteurs édités : 89
Ventes depuis parution : 190 000 ex.
Meilleure vente : Le Goût du zen. Recueil de propos et d'anecdotes (1993) : 7 000 ex.
 
 « Un lecteur acharné et solitaire ne commet pas l'erreur de croire qu'il s'expatrie de sa bibliothèque le jour où il s'embarque pour l'Asie ; il sait qu'il est toujours, par essence, un chercheur de signes, de paroles implicites, de "façons de parler", d'in-folio et de brochures. »
(Giorgio Manganelli. Chine et autres Orients, « Le Cabinet des lettrés », Gallimard 1996)
 
 
 
 
 

  « Le Cabinet des lettrés », dirigé par Patrick Mauriès, est publié sous la marque du Promeneur (voir la page consacrée à la collection éponyme). Son nom peut évoquer trois anciennes « institutions » : le cabinet de curiosités d'une part, antre du collectionneur d'objets rares ou précieux ; le cabinet de lecture d'autre part, manière de bibliothèque de prêt payant qui offrait la commodité d'un accès plus large et moins coûteux aux productions des libraires-imprimeurs ; la chambre de lecture enfin, assemblée privée de lecteurs qui se constituait pour son seul usage une bibliothèque choisie… « Le Cabinet des lettrés » est tout cela à la fois ; collection d'éditions courantes, elle donne une audience nouvelle à des textes souvent délaissés, à la fréquentation desquels elle souhaiterait que se reconnussent les membres d'une société d'amateurs, partageant de ces singulières affinités. « Ceux qui aiment ardemment les livres constituent sans qu'ils le sachent une société secrète. Le plaisir de la lecture, la curiosité de tout et une médisance sans âge les rassemblent. Leur choix ne correspondent jamais à ceux des marchands, des professeurs ni des académies » est-il déclaré dans le petit épilogue commun à tous les titres de la collection.

 
  LE PREMIER TITRE
Pascal Quignard. La Raison (1990)
 
> Tous les titres de la collection (dernières parutions en tête)
 
  À propos de la bibliothèque idéale
Des écrivains amis ont accepté, à l'occasion du vingtième anniversaire du Promeneur, de renouer avec le fil d’une enquête lancée par Raymond Queneau dans les années 1950 et de s’interroger à leur tour sur le futur de la bibliothèque (idéale ou non) et des livres tels que ceux que persiste à publier Le Promeneur.
 
> Des écrivains répondent à l'enquête du Promeneur
 
  BRÈVES
Un demi-siècle durant, Edward Gorey (1925-2000) conçut d'innombrables petits livres illustrés, devenus des objets de collections. « Le Cabinet des lettrés » entreprit en 1993 d'en être l'éditeur français.
 
  Plusieurs éditions bilingues sont venues enrichir le catalogue d'« antiquités » : Du sommeil, des songes de la mort de Tertullien, De la bile noire de Galien, Lettres de saint Paul et Sénèque et Les Plaidoyers imaginaires du rheteur Calpurnius Flaccus (ces deux derniers titres ayant été établis par le linguiste Paul Aizpurua)…
 
  « Le Cabinet des lettrés » est aussi éditeur de correspondances inédites : Lettres au petit Franz de Jean Genet, Lettres italiennes d'Henri Focillon, alors apprenti historien, Correspondance croisée de Jean Cocteau et Louise de Vilmorin.
 
  « Le Cabinet des lettrés » s'appuie parfois sur le catalogue Gallimard. En 2004, Patrick Mauriès y a ainsi repris le texte de Sir Thomas Browne (né en 1605 à Londres) sur Les Urnes funéraires, que Dominique Aury, si attachée à la littérature baroque, avait révélé en France en 1970. Ne lui auraient certainement pas déplu les illustrations que Miquel Barceló a spécialement exécutées pour la reprise de ce texte dans une collection qui lui convient si bien.
 
 
  Le Proust Fantôme de Jérôme Prieur (2001) a été repris dans la collection « Folio » en 2006.
 
 
  D'une collection l'autre : l'éditeur des Romanciers libertins du XVIIIe siècle dans la « Bibliothèque de la Pléiade » n'est autre que le professeur Patrick Wald Lasowski, qui a donné deux ouvrages à la collection de Patrick Mauriès (récemment paru : Le Traité du transport amoureux)
 
   Pascal Quignard, qui guide les pas du Promeneur vers Gallimard en 1991, signe le premier titre de la collection. Quelle œuvre contemporaine, sinon la sienne, témoignerait mieux des liens qui unissent la lecture à l'écriture, l'exercice de l'imaginaire à la fréquentation de la bibliothèque ? De fait, au Promeneur, « le producteur prend [souvent] le masque du consommateur » — comme l'écrit Pierre Levi au sujet de Cyril Connolly. Un propos qui aurait tout aussi bien pu désigner Gérard Macé et ses bien-nommés Colportages.
  De petit format, souvent illustrés, les volumes du « Cabinet » accueillent des textes brefs qui tantôt relèvent en eux-mêmes d'une forme d'écriture courte ou fragmentaire (contes, pamphlets, vitae, inscriptions épigraphiques…), tantôt sont extraits de recueils plus importants. De tels choix, combinés à la rareté de certains textes, expliquent l'intervention fréquente de chercheurs ou amateurs (très) éclairés.
  « Le Cabinet des lettrés » se caractérise autant par son éclectisme que par l'intérêt qu'il porte continûment à quelques thématiques et générations d'auteurs. Certaines personnalités font l'objet d'une attention toute particulière, comme Pierre Herbart dont « Le Cabinet » a réédité les œuvres. De même partage-t-il, avec la collection « Le Promeneur », une attirance pour les littératures anglaises (le romantisme de De Quincey, la francophilie « bloomsburienne » de Lytton Strachey ou les facéties de Connolly) et italiennes (Soldati, Manganelli et les savoureux « essais » historiques d'Andrea Camilleri) et la littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles... Même intérêt également pour l'histoire de l'art : documents anciens (vies, traités, études) ou plus contemporains (les Lettres à Picasso de Dalí) et essais contemporains d'esthétique y ont la part belle, ainsi que tout ce qui touche à l'esthétique du quotidien, décoration, maquillage et autres accessoires... Des carnets de Pierre Le-Tan aux livres illustrés d'Edward Gorey, artistes et illustrateurs sont mis à contribution. On ne s'étonnera pas enfin de rencontrer nombre d'ouvrages, vies ou essais, sur des écrivains, illustres ou oubliés.
  Retenons enfin la série de textes (anthologies, chroniques, curiosités) concernant l'antiquité et les périodes anciennes, notamment chinoises et japonaises : un livre sur le Zen constitue jusqu'à aujourd'hui le plus grand succès de la collection. Il s'agit bien souvent, de même que pour l'époque moderne, de toucher au plus près, mais par la marge (le détail insignifiant, l'inscription lapidaire, le fragment de mémoires…), un aspect de la vie quotidienne et de l'esthétique d'une époque.
 
 LES « VIES » DU « CABINET » ET AUTRES BREFS PORTRAITS D'HOMMES ILLUSTRES
Vie du Caravage de Giovan Pietro Bellori — Vie de Monsieur de Malherbe de Racan — Scènes de conversation et Cinq excentriques anglais et La Douceur de vivre de Lytton Strachey — Vie des musiciens et autres joueurs d'instruments du règne de Louis Le Grand d'Évrard Titon du Tillet — Charles d'Orléans de Robert Louis Stevenson — Vie de Molière avec de petits sommaires de ses pièces de Voltaire — Femmes anglaises d'Edith Sitwell
Et aussi : Démétrios, le preneur de villes de Jacob Burckhardt — Souvenirs sur Friedrich Nietzsche de Paul Deussen — À la recherche d'André Gide de Pierre Herbart — Armand Silvestre, poète modique de Jean-Yves Jouannais — Friedrich Nietzsche d'Heinrich Mann — Walter Benjamin d'Hans Mayer — Proust fantôme de Jérôme Prieur — Roland Barthes de Patrick Mauriès
 
  CIVILISATIONS CHINOISES ET JAPONAISES
Le Goût du ZenInstructions au cuisinier Zen, Corps et esprit et La Présence au monde du moine Dôgen — Notes de l'hiver 1039 de Fujiwara no Sukefusa — Un malheur absolu de la mère du révérend Jôjin — Notes de Li Yi-chan — Voyages dans les provinces de l'Est
Et aussi : Un détour par l'Orient de Gérard Macé — Chine et autres orients de Giorgio Manganelli
 
  SUR LE XVIIe ET LE XVIIIe SIÈCLE... LITTÉRATURE, ART ET CIVILISATION
Une soirée chez Madame Geoffrin de Madame d'Abrantès — La Petite Maison de Jean-François de Bastide — Vie du Caravage de Bellori — Histoire de Madame de Châteauroux de Mme de Brancas — Histoire de Mademoiselle Rosette d'Alain Chevrier — Le Sylphe ou songe de Madame de R*** écrit par elle-même à Madame de S*** de Crébillon fils — Les Fatigues de la guerre d'Arlette Farge — De la littérature allemande de Frédéric II de Prusse — Petit Traité sceptique sur cette commune façon de parler : « n'avoir pas le sens commun », par François de La Mothe Le Vayer — Tecserion ou La Princesse des Fleurs et le Prince des Autruches de Mademoiselle de Lubert — Trois contes moraux de Jean-François de Marmontel — Sur les papillonneries humaines de Patrick Mauriès — L'Idée du peintre parfait de Roger de Piles — Vie de monsieur de Malherbe de Racan — Anecdotes sur la Révolution de Russie en l'année 1762 de Claude Carloman de Rulhière — Kant et Goethe de Georg Simmel — Scènes de conversation de Lytton Strachey — Vies des musiciens et autres joueurs d'instruments du règne de Louis Le Grand d'Évrard Titon du Tillet — La Belle et la bête de Madame de Villeneuve — Pages d'un journal de voyage en Italie de Vivant Denon — Vie de Molière... de Voltaire — Le Traité des mouches secrètes, Le Traité du transport amoureux, L'Ultime faveur de Patrick Wald Lasowski.
 
 

INFORMATIONS COMMERCIALES
Formats : 125 x 165 mm.
Nombre de titres disponibles : 145
Nombre nouveautés dans l'année : 8
Prix de vente moyen : 14 €
Ventes nettes annuelles : 10 000 ex.
Les 10 meilleures ventes du fonds :
Goût du zen. Recueil de propos et d'anecdotes
Sur les murs de Pompéi
Dôgen. Instructions au cuisinier zen
Salvador Dali. Lettres à Picasso
Tombeaux romains. Anthologie d'épitaphes latines
Évrard Titon du Tillet. Vies des musiciens
Mario Soldati. Fenêtres
Les Jeux de Priape. Anthologie d'épigrammes érotiques
Patrick Mauriès. Roland Barthes
Giovan Pietro Bellori. Vie du Caravage

  Les données concernant les ventes, les prix publics (TTC) et les réimpressions sont représentatives des quatre dernières années.
© www.gallimard.fr 2009. Dernière modification : 31 mars 2009.