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Louis-René
des Forêts (1918-2000)
Louis-René
des Forêts est décédé le samedi 30 décembre
2000 à Paris. L'auteur du Bavard était un homme discret,
réservé ; la parution de son dernier ouvrage au Mercure
de France en 1997, Ostinato, biographie fragmentée, avait
fait figure d'événement littéraire. C'était
la consécration d'une uvre et d'une voix singulières,
rares mais déjà estimées depuis plusieurs décennies
par un public de fidèles et d'attentifs lecteurs.
Indications biographiques
Bibliographie
« Que jamais
la voix de l'enfant en lui ne se taise, qu'elle tombe comme un don du
ciel offrant aux mots desséchés l'éclat de son rire,
le sel de ses larmes, sa toute-puissante sauvagerie. »
(Ostinato)
Indications
biographiques
Louis-René des Forêts est né à Paris en 1918.
Ses premières années sont partagées entre Paris et
la maison de famille dans le Berry, et à partir de 1927, en pension,
près de Fontainebleau puis en Bretagne. Après une scolarité
secondaire à Bourges, il suit des études de droit et de
sciences politiques et commence à faire paraître des chroniques
musicales et littéraires. C'est à la fin des années
trente qu'il fait connaissance de Jean de Frotté, qui le met en
relation avec Patrice de La Tour du Pin, Michel du Boisberranger et Jean
Chauvel. Il est mobilisé en 1939 puis regagne en 1940 sa demeure
dans le Berry. Il s'engagera dans la Résistance.
Ses débuts littéraires datent de la période de l'Occupation
; entre 1941 et 1943, il écrit Les Mendiants, publié
par Gallimard, qui sera suivi en 1946 du Bavard. Il se lie alors
d'amitié avec Raymond Queneau et André Frénaud.
Après une année de travail avec le jeune éditeur
Robert Laffont, il épouse en 1946 Janine Carré et se retire
en province, où il entreprend la rédaction du Voyage
d'hiver, resté inachevé. Il publie dans quelques revues
: L'Arbalète, Les Lettres nouvelles, La Nouvelle Revue française.
En 1953, il revient à Paris et participe chez Gallimard (dont il
sera membre du comité de lecture de1966 à 1983) à
la conception de « L'Encyclopédie de la Pléiade »,
avec Raymond Queneau. Il se lie alors d'amitié avec Michel Gallimard,
Robert Antelme, Georges Bataille et Maurice Blanchot. Il fonde en 1954
le Comité contre la guerre d'Algérie, avec Dionys Mascolo,
Edgar Morin et Robert Antelme.
L'année 1960 est marquée par un retour à l'écriture,
avec la publication de La Chambre des enfants, prix des Critiques.
En 1967, il fonde la revue L'Ephémère, avec Yves
Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupin, Michel Leiris
et Gaétan Picon ; il fait également paraître au Mercure
de France Les Mégères de la mer. Chez le même
éditeur paraîtra en 1997 son dernier ouvrage, Ostinato,
autobiographie fragmentée dont la rédaction avait été
entreprise dès 1975 et dont La NRF, L'Ire des vents, Art
Press, La Quinzaine littéraire et Le Cahier du refuge avaient
donné successivement, entre 1984 et 1994, des extraits et ébauches.
Plusieurs prix lui seront remis dans les années 1980 : prix Maeterlinck
à Bruxelles (1988), grand prix national des lettres pour l'ensemble
de son uvre (1991).
Bibliographie
Œuvres
de Louis-René des Forêts aux Éditions Gallimard et au Mercure
de France
Revues et livres
sur Louis-René des Forêts
- Lignes, n° 11, Séguier, 1990.
- Cahier Louis-René des Forêts, n° 6-7, Le Temps
qu'il fait, dirigé par Jean-Benoît Puech et Dominique Rabaté,
1991.
- L'il de buf, n° 12, mai 1997.
- Revue des Sciences Humaines, dirigé par Françoise
Asso, n° 1, Septentrion, avril 1998.
- Yves Bonnefoy, « Une écriture de notre temps », La
Vérité de la parole, Mercure de France, 1988.
- Edmond Jabès, « Louis-René des Forêts ou le
malaise de la question », Le Livre des marges, Livre de poche,
1987.
- Richard Millet, « Sur Louis-René des Forêts »,
Accompagnements, POL, 1991.
- John Naughton, Louis-René des Forêts, Rodopi, 1993.
- Bernard Pingaud, « Les pouvoirs de la voix », L'Expérience
romanesque, Gallimard, 1983.
- Pascal Quignard, Le Vu de silence, Fata morgana, 1985.
- Dominique Rabaté, Louis-René des Forêts, la voix
et le volume, Corti, 1991.
- Jean Roudaut, Louis-René des Forêts, Seuil, 1995.
- Jean Roudaut, Encore un peu de neige, Mercure de France, 1996.
©
Gallimard 2000
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