Robert Carlier dans les années 50. Photo coll. part.

 

Robert Carlier (1910-2002)

Robert Carlier s'est éteint ce mardi 12 février 2002, à son domicile normand. Personnage discret, d'une grande érudition, il restera l'un des grands animateurs de la vie éditoriale de ces cinquante dernières années.

  Né le 4 septembre 1910 à Paris, ancien élève du Lycée Condorcet (où il se lie d'amitié avec Armand Petitjean) puis étudiant à la Sorbonne en philosophie des sciences, il débute comme conseiller littéraire à l'agence d'Odette Arnaud, par l'intermédiaire de laquelle il vend en 1952, aux Éditions du Seuil, les droits de publication du Petit monde de Don Camillo de Giovanni Guareschi.
  Il prend ensuite la direction du Club français du livre de 1946 à 1952, qu'il quitte en 1952 pour assumer la gérance d'une société concurrente, le Club du meilleur livre (1952-1961), filiale commune des Éditions Gallimard et de la Librairie Hachette. Plus de cinq cents volumes paraîtront sous sa vigilance à ces deux enseignes, qui témoignent de l'intensité et de la qualité de son travail éditorial (collections « Les Portiques », « Événements », « Le Rayon d'Or », « Astrée », « Les Procès de l'histoire »… ; publications mémorables d'Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry, d'œuvres de Beckett, de Breton, de Cocteau, d'Aragon…) et du talent des graphiques qui l'entourent — dont Massin et Jeanine Fricker, tout deux futurs directeurs artistiques des Éditions Gallimard. Il travaille également à la même époque, avec Pascal Pia, pour le Cercle du livre précieux, club de livres érotiques dirigé par Claude Tchou.
  Il est l'initiateur, avec son ami André Bay, de la création du Prix du meilleur livre étranger en 1950, dont les délibérations du jury ont alors lieu à la Brasserie Lipp, réunissant les critiques et éditeurs Jean Blanzat, Pierre-François Caillé, Paul Flamand, Maurice Nadeau, Armand Pierhal, Raymond Queneau et Guy Tosi.
Après la disparition du Club du meilleur livre, il devient éditeur chez Gallimard, où il prend notamment en charge les collections de poche « Poésie/Gallimard » et « Le Livre de poche classique ».

  Depuis le début des années 1970, il travaillait depuis son domicile pour d'autres éditeurs parisiens (« Bouquins », « La Pochothèque »).

Au Club du meilleur livre, dans les années cinquante

 

© Gallimard 2002