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La Main droite du diable, de Ken Bruen Grand Prix de Littérature Policière Étranger 2009 Le Grand Prix de Littérature Policière Étranger a été remis au romancier irlandais Ken Bruen, pour son livre La Main droite du diable paru dans la « Série noire ». L'Irlande, noyée sous l'afflux des devises et livrée à la cupidité, ne se tourne plus vers l'Église, en quête de réconfort et de consolation. Mais la décapitation du père Joyce dans un confessionnal de Dublin horrifie les citoyens les plus blasés. Jack Taylor, que le traumatisme lié à la perte d'un être cher vient d'anéantir, s'est toujours considéré comme à mille lieues d'une éventuelle rédemption. Un travail insolite lui offre pourtant un nouveau départ, et une surprenante association lui permet d'entrevoir que l'unique rêve qu'il poursuit encore éperdument, celui d'une famille, peut encore se réaliser. Quand se mêlent exorcisme inquiétant, prédateur qui rôde et attirance hautement improbable, tout concourt à l'entraîner dans un sombre réseau de conspirations. Le spectre d'une enfant hante chacune des heures qui échappent au sommeil. Désespérée mais lumineuse, l'écriture de Ken Bruen capture le sombre décor de la société irlandaise en cette époque de bouleversements socio-économiques. Ken Bruen est né en 1951 à Galway (Irlande). Après avoir parcouru le monde en qualité d'enseignant d'anglais, il décide de se consacrer à l'écriture. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres et lauréat de nombreux prix de littérature policière.
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Vous avez passé 13 ans à Londres, et presque autant en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Pourquoi avoir choisi Brixton ou Galway pour vos romans plutôt que ces pays que vous connaissez bien ? Ken Bruen — Je suis Irlandais. J’ai pensé que ce serait quelque chose pour moi d’écrire avec la série des R&B sur cette police anglaise qui me fascine tant. Londres est une ville très riche pour le genre de série par épisodes que j’envisageais. Quant à Galway, outre le fait qu’il y a très peu de polars irlandais, jamais aucun roman policier n’avait pris cette ville pour décor. J’ai voulu vérifier que j’étais capable, avec Jack Taylor, de décrire ma ville que je connais si bien. Ce qui explique les deux séries ? Ken Bruen — La série des R&B est un hommage à Ed McBain. Grâce à elle, nous sommes devenus amis. Ces romans ont toujours été conçus, comme disait Greene, pour être légers et distrayants. La série des Taylor devait être plus grave et intense. Son but est de dénoncer les scandales de l’Église, de dresser un tableau de notre société et de la collision entre la vieille Irlande et notre pays actuel, neuf et riche. Écrire les R&B, c’est de la joie à l’état pur. Les Taylor relèvent davantage de la torture. Jack Taylor, le privé de La Main droite du diable, est toujours à la limite de l’autodestruction. Symbolise-t-il votre perception de l’Irlande ? Ken Bruen — Exactement, chaque fois que nous avons l’impression d’être d’aplomb, nous nous effondrons. Ce trait de caractère de Taylor m’a également été inspiré par un grand nombre de mes proches qui ont été détruits par les impulsions qui s’imposent à ce personnage. Jack Taylor est attaché à Galway, mais s’en va puis revient. Vous-même avez beaucoup voyagé. C’est important d’être de quelque part ? Ken Bruen — C’est important pour moi d’avoir un point d’attache, ne serait-ce que pour y stocker mes livres. Chacun devrait avoir un endroit qui ressemble à un chez-soi, où l’on a un sentiment de paix, d’être à sa place. J’ai du sang tsigane. Pour mon psychisme, cela importe de savoir que je peux m’en aller n’importe quand. Rien ne m’apporte plus de sérénité qu’un billet d’avion et l’idée du départ. Dans votre autre série, ce qui lie les inspecteurs Roberts et Brant est une agressivité permanente. Pourquoi ce contrepoint ? Ken Bruen — C’est un truc de macho. Ils ne peuvent admettre l’affection qu’ils éprouvent l’un pour l’autre ou, pire, qu’ils soient dépendants l’un de l’autre. Alors ils le dissimulent derrière l’agressivité. C’est un trait commun aux hommes qui travaillent ensemble en grande proximité. J’ai aussi pensé que cela pourrait être excitant que ces deux personnages passent leur temps à se battre. Vous avez dit : « Seule une vision honnête des crimes et des manquements du passé peut permettre d’aller de l’avant. » L’Irlande en aurait-elle besoin ? Ken Bruen — Désespérément. Tant que les secrets restent enfouis, nous nous cachons derrière eux sans pouvoir avancer. Le passé ne nous lâchera jamais à moins que nous ne l’affrontions. L’Église irlandaise persiste dans une attitude arrogante et se demande ensuite pourquoi les gens perdent la foi. |
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Les enquêtes de Jack Taylor
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Cycle R&B
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Collection presque anecdotique à la Libération, la « Série noire » est vite devenue LA référence d'une certaine manière de voir le monde à travers le polar. Du roman policier américain, puis français, à une littérature noire aujourd'hui sans frontières, rapide évocation d'une longue saga depuis longtemps entrée dans la légende... |
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© www.gallimard.fr 2009 |
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