La Main droite du diable, de Ken Bruen

Grand Prix de Littérature Policière Étranger 2009

  Le Grand Prix de Littérature Policière Étranger a été remis au romancier irlandais Ken Bruen, pour son livre La Main droite du diable paru dans la « Série noire ».

  L'Irlande, noyée sous l'afflux des devises et livrée à la cupidité, ne se tourne plus vers l'Église, en quête de réconfort et de consolation. Mais la décapitation du père Joyce dans un confessionnal de Dublin horrifie les citoyens les plus blasés. Jack Taylor, que le traumatisme lié à la perte d'un être cher vient d'anéantir, s'est toujours considéré comme à mille lieues d'une éventuelle rédemption. Un travail insolite lui offre pourtant un nouveau départ, et une surprenante association lui permet d'entrevoir que l'unique rêve qu'il poursuit encore éperdument, celui d'une famille, peut encore se réaliser. Quand se mêlent exorcisme inquiétant, prédateur qui rôde et attirance hautement improbable, tout concourt à l'entraîner dans un sombre réseau de conspirations. Le spectre d'une enfant hante chacune des heures qui échappent au sommeil. Désespérée mais lumineuse, l'écriture de Ken Bruen capture le sombre décor de la société irlandaise en cette époque de bouleversements socio-économiques.

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  Ken Bruen est né en 1951 à Galway (Irlande). Après avoir parcouru le monde en qualité d'enseignant d'anglais, il décide de se consacrer à l'écriture. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres et lauréat de nombreux prix de littérature policière.

   Rencontre avec Ken Bruen (2007)
   En librairie : Les enquêtes de Jack Taylor ; le cycle R&B
   En savoir plus sur la « Série noire »

 

Ken Bruen. La Main droite du diable
Une enquête de Jack Taylor
Traduit de l'anglais par Pierre Bondil
Roman. Collection « Série noire »
Gallimard, 2008
A77608 - ISBN : 9782070776085
368 pages - 21 €

   

 


Rencontre avec Ken Bruen

  Vous avez passé 13 ans à Londres, et presque autant en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Pourquoi avoir choisi Brixton ou Galway pour vos romans plutôt que ces pays que vous connaissez bien ?

  Ken Bruen — Je suis Irlandais. J’ai pensé que ce serait quelque chose pour moi d’écrire avec la série des R&B sur cette police anglaise qui me fascine tant. Londres est une ville très riche pour le genre de série par épisodes que j’envisageais. Quant à Galway, outre le fait qu’il y a très peu de polars irlandais, jamais aucun roman policier n’avait pris cette ville pour décor. J’ai voulu vérifier que j’étais capable, avec Jack Taylor, de décrire ma ville que je connais si bien.

  Ce qui explique les deux séries ?

  Ken Bruen — La série des R&B est un hommage à Ed McBain. Grâce à elle, nous sommes devenus amis. Ces romans ont toujours été conçus, comme disait Greene, pour être légers et distrayants. La série des Taylor devait être plus grave et intense. Son but est de dénoncer les scandales de l’Église, de dresser un tableau de notre société et de la collision entre la vieille Irlande et notre pays actuel, neuf et riche. Écrire les R&B, c’est de la joie à l’état pur. Les Taylor relèvent davantage de la torture.

  Jack Taylor, le privé de La Main droite du diable, est toujours à la limite de l’autodestruction. Symbolise-t-il votre perception de l’Irlande ?

  Ken Bruen — Exactement, chaque fois que nous avons l’impression d’être d’aplomb, nous nous effondrons. Ce trait de caractère de Taylor m’a également été inspiré par un grand nombre de mes proches qui ont été détruits par les impulsions qui s’imposent à ce personnage.

  Jack Taylor est attaché à Galway, mais s’en va puis revient. Vous-même avez beaucoup voyagé. C’est important d’être de quelque part ?

  Ken Bruen — C’est important pour moi d’avoir un point d’attache, ne serait-ce que pour y stocker mes livres. Chacun devrait avoir un endroit qui ressemble à un chez-soi, où l’on a un sentiment de paix, d’être à sa place. J’ai du sang tsigane. Pour mon psychisme, cela importe de savoir que je peux m’en aller n’importe quand. Rien ne m’apporte plus de sérénité qu’un billet d’avion et l’idée du départ.

  Dans votre autre série, ce qui lie les inspecteurs Roberts et Brant est une agressivité permanente. Pourquoi ce contrepoint ?

  Ken Bruen — C’est un truc de macho. Ils ne peuvent admettre l’affection qu’ils éprouvent l’un pour l’autre ou, pire, qu’ils soient dépendants l’un de l’autre. Alors ils le dissimulent derrière l’agressivité. C’est un trait commun aux hommes qui travaillent ensemble en grande proximité. J’ai aussi pensé que cela pourrait être excitant que ces deux personnages passent leur temps à se battre.

  Vous avez dit : « Seule une vision honnête des crimes et des manquements du passé peut permettre d’aller de l’avant. » L’Irlande en aurait-elle besoin ?

  Ken Bruen — Désespérément. Tant que les secrets restent enfouis, nous nous cachons derrière eux sans pouvoir avancer. Le passé ne nous lâchera jamais à moins que nous ne l’affrontions. L’Église irlandaise persiste dans une attitude arrogante et se demande ensuite pourquoi les gens perdent la foi.

© www.folio-lesite/foliopolicier, 2007

   

 

 


En librairie, dans la « Série noire » et en « Folio policier »

Les enquêtes de Jack Taylor

 Delirium Tremens. Traduit de l'anglais par Jean Esch, 2004. Repris en « Folio policier » en 2006

 Toxic Blues. Traduit de l'anglais par Catherine Cheval et Marie Ploux, 2005. Repris en « Folio policier » en 2007

 Le Martyre des Magdalènes. Traduit de l'anglais par Pierre Bondil, 2006. Repris en « Folio policier » en 2008

 NOUVEAUTÉ : Le Dramaturge. Traduit de l'anglais par Pierre Bondil, 2007. Repris en « Folio policier» en 2009

 La Main droite du diable. Traduit de l'anglais par Pierre Bondil, 2008

 NOUVEAUTÉ : Chemins de croix. Traduit de l'anglais par Pierre Bondil, 2009

     

 

Cycle R&B

 Le Gros Coup. Traduit de l'anglais par Catherine Cheval et Marie Ploux, 2004. Repris en « Folio policier » en 2005

 Le Mutant apprivoisé. Traduit de l'anglais par Catherine Cheval et Marie Ploux, 2005. Repris en « Folio policier » en 2007

 Les Mac Cabées. Traduit de l'anglais par Catherine Cheval et Marie Ploux, 2006

 Blitz. Traduit de l'anglais par Daniel Lemoine, 2007

 Vixen. Traduit de l'anglais par Daniel Lemoine, 2008

 

 Cauchemard américain. Traduit de l'anglais par Thierry Marignac, 2009

   
 


La « Série noire »

  Collection presque anecdotique à la Libération, la « Série noire » est vite devenue LA référence d'une certaine manière de voir le monde à travers le polar. Du roman policier américain, puis français, à une littérature noire aujourd'hui sans frontières, rapide évocation d'une longue saga depuis longtemps entrée dans la légende...

   Présentation de la « Série noire »
   Toutes les nouveautés en « Série noire » et en « Folio Policier »

     

 

 

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