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Hommage à Radovan Ivsic Les Éditions Gallimard ont la tristesse d’annoncer la disparition de Radovan Ivsic le 25 décembre 2009 à Paris. Figure emblématique du surréalisme, installé à Paris depuis 1954, proche d’André Breton, il a publié une œuvre poétique et théâtrale majeure et rare, en marge des conventions. Entre 1941 et 1956, il a écrit de nombreux textes de théâtre dont le plus connu est Le Roi Gordogane (1943). Les Éditions Gallimard ont publié la poésie, le théâtre complet et un recueil d’essais de Radovan Ivsic en collection Blanche : Poèmes en 2004, Théâtre en 2005 puis Cascades en 2006. Poète et auteur dramatique croate, né en 1921 à Zagreb, Radovan Ivsic a été interdit aussi bien pendant l’Occupation allemande que par le régime titiste. En 1941, il compose Airia, pièce de théâtre où le langage rompt avec la syntaxe puis le poème Narcisse, aux vers décrochés. L’œuvre est alors considérée par le régime oustachi comme un symbole de l’art décadent et interdite. En 1945 le régime stalinien local lui ferme, à son tour, les portes du théâtre. Sa poésie connaît le même sort. Condamné au silence, il devient essentiellement traducteur, de Jean-Jacques Rousseau, de Molière mais aussi de Maeterlinck, Marivaux, Apollinaire, Giraudoux et on lui doit ainsi les premières traductions de Breton, Lautréamont, Arp, Tzara, Van Gogh, Eluard, Césaire, Ionesco ou encore Jean-Paul Sartre… |
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« Quiconque lit les poèmes de Radovan Ivsic en français est frappé par le dépouillement de la syntaxe, d'où naît l'impression qu'une sorte de vide entoure les mots, leur conférant une capacité maximale d'irradier autour d'eux. Bien que souvent choisis parmi les plus courants, les vocables en reçoivent des résonances illimitées ; les phrases s'égrènent une à une comme si elles étaient énoncées dans le silence nocturne. En outre, faisant entendre un langage d'espace autour du langage des mots, des dispositions typographiques variées ont en commun la propriété de ménager de grandes plages de blanc dans la page, qui parfois n'accueille plus que quelques lignes incandescentes, comme dans l'admirable "Mavena". Le miracle est alors qu'isolées les unes des autres par ces traces de l'inconnaissable, les phrases imposent au lecteur avec une autorité souveraine la richesse de l'univers secret dont elles sont issues. »
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« Ce volume, qui rassemble la production théâtrale de Radovan Ivsic, est avant tout remarquable par sa profonde diversité. Il contient non pas un théâtre, qui serait régi par une formule préconçue, mais plusieurs théâtres, où se joue un langage d'une liberté extrême... Comme l'a souligné Annie Le Brun, les pièces de Radovan Ivsic sont d'abord un voyage, un vrai voyage au pays du langage. Et ils sont bien rares, ceux qui, comme leur auteur, s'embarquent seuls pour une telle aventure, "les yeux fixés au large et les cheveux au vent". Au lecteur, à présent, de s'immerger dans le courant des mots, afin de découvrir un théâtre à l'image même de son auteur : libre et solitaire, mais relié aux autres par la force et la plénitude multiple de son langage. La voix qui s'y fait entendre est, d'un bout à l'autre, celle d'un poète qui, pour paraphraser le mot de Breton, n'a jamais démérité, n'a jamais cessé de ne faire qu'un de la chair de l'être aimé et de l'eau glissant sur les feuilles et les fougères. » Ce volume contient :
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Cascades regroupe une vingtaine de courts essais et entretiens qui reflètent les préoccupations de Radovan Ivsic depuis sa jeunesse. La plupart, dont certains inédits en français, ont déjà fait l'objet d'une publication dans des journaux, des revues ou proviennent de préfaces d'ouvrages divers ou de catalogues d'exposition. Radovan Ivsic y rappelle ses positions qui ne séparent pas l'esthétique de la politique, ayant été amené à mesurer combien le traitement de la langue est lié à celui que le pouvoir réserve aux hommes. Ainsi le voit-on, après la saisie, sous l'Occupation allemande, de son premier livre comme symbole de l'art décadent, prendre les plus grandes distances avec les anciens surréalistes de Belgrade, devenus serviteurs du titisme, rejoints par Eluard qui déclare en 1945 que la Yougoslavie est « une forteresse de la liberté ». Ce volume contient :
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