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| En janvier 2012, dans la collection « Du Monde entier » |
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Martin Amis
La Veuve enceinte
Les dessous de l'histoire
Le héros vieillissant de ce roman, Keith Nearing, se remémore l'été de ses vingt ans, en 1970, quand eut lieu un mystérieux événement qui bouleversa sa vie sexuelle et donc son existence entière. Dans un château en Italie, piégé dans l'histoire de la « révolution sexuelle », il hésite entre trois femmes : sa petite amie Lily, Shéhérazade, l'objet de ses fantasmes, et la très troublante et très « virile » Gloria. Ce sont les obsessions de l'auteur qui, dans ce roman à idées, se font jour : l'identité masculine, l'impossible rapport entre les sexes, la hantise de l'anéantissement, le malaise du corps.
Cette évocation de la libération des mœurs dans les années soixante-dix brille par l'intelligence provocante de sa vision. Excédant les limites du roman à thèse, Martin Amis demeure avant tout un immense styliste, à l'écriture vigoureuse, aux trouvailles fulgurantes, inimitables. Il est ici au mieux de sa forme, plus audacieux que jamais.
Romancier, nouvelliste et essayiste, Martin Amis est né en 1949 à Londres. Les Éditions Gallimard ont publié, notamment, Poupées crevées et Réussir (2001), Expérience (2003), Chien jaune et Guerre au cliché (2007), La Maison des rencontres (2008), Le Deuxième avion (2010).
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Martin Amis
La Veuve enceinte.
Les dessous de l'histoire
Traduit de l'anglais par Bernard Hœpffner
« Du Monde entier », Gallimard, 2012
544 pages - 27,00 €
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Iouri Bouïda
Potemkine ou Le troisième cœur
Feuilletez le livre 
Il y avait à l'époque près de cinquante mille Russes qui vivaient à Paris (à la veille de la Première Guerre mondiale, ils étaient à peine plus de trente-six mille dans toute la France). Ils priaient dans des églises orthodoxes, envoyaient leurs enfants dans des écoles russes et discutaient de Dostoïevski au café de La Rotonde, sur les portes duquel un habitué caustique avait proposé un jour d’inscrire le slogan : « Psychopathes de tous les pays, unissez-vous ! »
Fiodor Zavalichine, aussi appelé Théo, fait partie de ces Russes installés en France pour fuir la révolution bolchevique et, comme beaucoup d’entre eux, il se rend lui aussi à une projection du chef-d’œuvre d’Eisenstein, Le Cuirassé Potemkine, en novembre 1926. En tant que militaire, il a pris part en 1905 à la répression de la mutinerie au sein de la flotte russe et, lorsqu’il découvre sur le grand écran la reconstitution impressionnante de ce massacre dans le port d’Odessa, il est soudainement convaincu d’avoir participé à un crime… Il se précipite au commissariat le plus proche pour faire des aveux, puis essaie de soigner ses remords et sa culpabilité dans un hôpital psychiatrique. C’est là qu’il apprend dans les journaux le récit d’un horrible fait divers : sept femmes sont retrouvées égorgées dans une fosse commune à Deauville. Il attribue sans hésitation ce massacre à son ancien compagnon d’armes et grand mutilé, Ivan Domani, pour qui il avait justement accepté de faire des photos érotiques de sept jeunes créatures. Débute alors pour Théo un long périple chaotique, entre violence et rédemption…
Potemkine ou Le troisième cœur est un livre stupéfiant qui nous confirme plus que jamais que Iouri Bouïda, qui jouit d’un grand prestige dans son pays, occupe une place de choix dans la grande tradition littéraire russe. |
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Une veine populaire où les crimes les plus atroces côtoient les scènes les plus mélodramatiques, où le mal paroxystique et l'innocence marchent de pair [...] Potemkine, qui mêle la croyance, le fatalisme et l'optimisme, est un livre profondément russe. |
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Damien Aubel, Transfuge, 1er janvier 2012 |
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Iouri Bouïda est né en Russie, dans la région de Kaliningrad, en 1954. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont notamment Le Train zéro (1998), très remarqué en France, de Yermo (2002) et de La Fiancée prussienne et autres nouvelles (2005), parus aux Éditions Gallimard.
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Iouri Bouïda
Potemkine ou Le troisième cœur
Traduit du russe par Sophie Benech
« Du Monde entier », Gallimard, 2012
176 pages - 17,25 €
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Chico Buarque
Quand je sortirai d'ici
Feuilletez le livre 
Prisonnier de son histoire et de son lit d’hôpital, Eulálio Montenegro d’Assumpção se confronte à la vie passée. La présence d’une infirmière, de sa fille ou de sa mère décédée, entretient en lui le besoin d’explorer des souvenirs qui s’entrechoquent en fouillant le parcours des générations qui le précèdent et qui le suivent. Sa vision de l’héritage familial se nuance au fil de la mémoire qui évolue, s’immisce en des lieux insoupçonnés à l’ombre permanente du doute.
Né au début du XXe siècle, il raconte l’évolution du Brésil à travers les figures de la dynastie Assumpção. Dans son récit, la fécondité et l’hérédité reviennent comme une obsession à travers l’image du lait. Elle envahit les pensées pour révéler un quotidien fait de jalousie et de quête d’honneur qu’Eulálio est condamné à ressasser.
D’une plume rythmée et colorée, Chico Buarque nous plonge dans les méandres d’un esprit hanté par les fantômes familiaux. Au seuil de la mort, les figures se confondent en une ronde angoissée et nous conduisent à interroger le mouvement de l’histoire. Quand je sortirai d’ici est un texte intense qui examine la mémoire d’un homme compressé par la généalogie et celle de toute la nation brésilienne. |
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C’est à une sorte de métissage de la pensée que Chico Buarque travaille ici, quand tout se carambole dans la tête de son narrateur.
Tout le roman est conçu sur le principe des « pensées parallèles ». Mille choses se confondent et s'agglomèrent dans le monologue interieur du mourant |
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Mathieu Lindon, Libération, 12 janvier 2012 |
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C'est le talent de Chico Buarque d'avoir réussi à concentrer en moins de deux cents pages l'ascension et la chute d'une riche famille carioca. |
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Isabelle Ruf, Le Temps, 7 janvier 2012 |
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Quand je sortirai d'ici est une saga balzacienne avec des arrangements cariocas. |
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Véronique Rossignol, Livres Hebdo, 2 décembre 2011 |
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Chico Buarque est né à Rio de Janeiro en 1944. Après une carrière musicale commencée dans les années 1960 qui fait de lui l’un des musiciens brésiliens les plus célèbres, il se lance dans l’écriture au début des années 1990. Quand je sortirai d’ici est son quatrième roman. Aux Éditions Gallimard ont paru Embrouille (1992), Court-circuit (1997) et Budapest (2005).
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Chico Buarque
Quand je sortirai d'ici
Traduit du portugais par Geneviève Leibrich
« Du Monde entier », Gallimard, 2012
176 pages - 17,25 €
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Rana Dasgupta
Solo
Ulrich, un vieil homme bulgare, a raté sa vie : musicien, d’abord, puis chimiste – ses deux passions –, il voit ses espoirs écrasés lorsqu’il doit rentrer dans son pays, son père étant ruiné et ne pouvant plus lui payer d’études. Soixante-dix ans plus tard, il vit toujours en Bulgarie, alors dans les décombres de l’ère post-communiste, dont Rana Dasgupta donne des descriptions cruelles et convaincantes.
Mais les « rêves éveillés » d’Ulrich, qui occupent toute la seconde partie du livre, vont le tirer de son marasme : le voici sauvé par le pouvoir de l’imaginaire, qui le transporte aux États-Unis. Ses visions et pérégrinations offrent alors un saisissant contrepoint au récit morne d’une vie frustrée. Est-ce pour autant un univers paradisiaque qu’il découvre ? Des péripéties extraordinaires, dignes des Mille et Une Nuits, ne voilent pas tout à fait l’autre face d’une réalité où tout nous parle d’une motivation unique : le succès, l’argent, la richesse.
Rana Dasgupta possède la capacité de donner vie à ses personnages et à ses situations : il en fait des évidences, si bien que le lecteur est prêt à le suivre. Sa langue est inventive, son imagination, débridée, son art de conter, magnifique : la lecture de ce livre est aussi séduisante qu’instructive. |
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De cette décennie bohème, à l'abri des certitudes occidentales, Rana Dasgupta puise l'inspiration fantasque et épique de deux romans, Tokyo : vol annulé, en 2005, et Solo, en 2009, publié aujourd'hui en France chez Gallimard. Le premier reçoit un succès d'estime, le second le prix Commonwealth en 2010. Parcours sans faute pour un écrivain sans peur, accaparé par l'observation d'un monde réel et féérique, où le spectacle narratif devient une évidence. |
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Vanessa Dougnac, Le Point, 16 janvier 2012 |
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Rana Dasgupta est né en Angleterre en 1971. Il a gagné le Commonwealth Writrer's Prize pour Solo, qui a également été accueilli avec enthousiasme en Bulgarie. Après avoir vécu en France, en Malaisie et aux États-Unis, il est maintenant installé à Delhi.
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Rana Dasgupta
Solo
Traduit de l'anglais par Francesca Gee
« Du Monde entier », Gallimard, 2012
464 pages - 24,65 €
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Yuri Herrera
Les Travaux du Royaume
Feuilletez le livre 
Jadis, ils chantaient les exploits de Pancho Villa et d’autres généraux de la Révolution mexicaine dans les fêtes populaires des villages du nord. Aujourd’hui, ils parcourent encore avec leurs accordéons les routes poussiéreuses de Chihuahua et de Sonora, mais ils ont su s’adapter au changement et ils célèbrent désormais les hauts faits de nouveaux héros du peuple : les chefs de grands cartels de la drogue.
Notre protagoniste, Lobo, est l’un de ces chanteurs traditionnels, qui sont en réalité les derniers survivants des troubadours débarqués avec les Espagnols cinq siècles auparavant. Ce n’est donc pas un hasard si, dans une taverne perdue, il croise un soir le chemin d’un Roi dont l’autorité et la puissance l’éblouissent au point de changer le cours de son existence. Suivre le Roi, le servir et l’honorer, voilà ce que Lobo veut désormais. Si le trafic de drogue n’est jamais nommé, on devine immédiatement que l’on est quelque part à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, et que ce Roi fabuleux n’est bien évidemment qu’un sanguinaire narcotrafiquant.
C’est le début d’une aventure furieuse et sans âge, qui mélange les imaginaires, les discours et les époques. Lobo découvre le Palais, la Cour et le Royaume ; il y rencontre la Sorcière, la Fillette et l’Héritier. Ce qui lui arrive relève parfois du rêve et parfois du cauchemar, comme dans un conte de fées constamment réécrit par un auteur de romans noirs.
Pour Elena Poniatowska, avec Les Travaux du Royaume, déjà couronné par plusieurs prix internationaux, Yuri Herrera est entré dans la littérature mexicaine « par la porte d’or ». Il signe ici un premier roman aussi incisif que fulgurant. |
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Né en 1970 à Actopan (Mexique), Yuri Herrera a étudié les sciences politiques au Mexique avant d'entamer des études de lettres aux États-Unis, à Berkeley. Il enseigne actuellement à l'Université de Tulane, à La Nouvelle-Orléans.
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Yuri Herrera
Les Travaux du Royaume
Traduit de l'espagnol par Laura Alcoba
« Du Monde entier », Gallimard, 2012
128 pages - 13,31 €
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© www.gallimard.fr
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