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le résumé du livre
  Rencontre avec Bernard Giraudeau, à l'occasion de la parution du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry dans la collection « Écoutez lire » (2006)

  Vous souvenez-vous de votre première découverte du Petit Prince ?

  Bernard Giraudeau — J'ai rencontré Le Petit Prince de manière tout à fait inattendue, la sienne. Je n'étais plus un enfant, et ce devait être en mer, quelque part du côté des îles de la Sonde. La simplicité du conte m'avait ébloui et plus tard, en vieillissant, j'en ai savouré la profondeur, la limpidité, la force, la joie aussi.

  Aujourd'hui vous enregistrez Le Petit Prince, hier vous avez incarné Saint-Exupéry à l'écran… À quel point vous sentez-vous proche de lui ?

  Bernard Giraudeau — J'aime cet homme et ce chemin d'homme, un peu court, malheureusement. J'avais écrit dans Le marin à l'ancre que j'aurais aimé faire un bout de route avec lui, après l'avoir rencontré sur une piste, dans un hall d'hôtel ou une des baraques de Cap Juby. J'aurais aimé être l'ami et recevoir ses lettres. J'aurais gardé ses dessins, ri de ses blagues de potache et de son talent d'illusionniste. Je rêvais d'être près de lui dans le cockpit du Latécoère à somnoler la nuit avec « un morceau du ciel sous notre aile ». Il y a peut-être une similitude entre les marins et les pilotes, avec ce temps pour l'imaginaire, ces longues heures hors la terre. Oui, nous, là-haut dans les étoiles, nous aurions parlé de ceux d'en bas et inventé d'autres histoires.

  Le Petit Prince va avoir votre voix pour les années qui viennent. Quel sentiment souhaitez-vous communiquer aux auditeurs, en particulier aux plus jeunes ?

  Bernard Giraudeau — J'aimerais — le conte se suffit à lui-même — j'aimerais que l'émotion, l'humour, la tendresse et l'humble message parviennent à tous. Ce livre est un énorme succès dans le monde entier parce qu'il est d'une simplicité et d'une évidence bouleversante. J'espère sincèrement ne pas trahir, ni décevoir, Le Petit Prince est trop beau. Mais il est inattaquable, n'est-ce pas ?

© www.gallimard.fr, 2006

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