Guy Goffette / Gallimard

 

 
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Rencontre avec Guy Goffette, à l'occasion de la parution d'Une enfance lingère (2006)  

  

  Une enfance lingère… L’oreille aurait vite fait d’entendre « légère »…
 
  Guy Goffette — Il y a de la légèreté dans la lingerie, comme dans cette enfance passée au milieu des femmes : entre trois et onze ans, le petit Simon grandit entouré de femmes. Et son éveil à la sensualité, le développement de sa sensibilité, vont passer par le toucher et la vue des pièces de lingerie, parfois angoissantes comme le corset à baleines de la mère.

  S’agirait-il d’un roman initiatique ?

  Guy Goffette — Certaines scènes pourraient certainement être analysées par un psychanalyste ! Par exemple mon dégoût du rose saumon, ce fameux rose de la lingerie utilitaire, paysanne, des années 1950-1960.

  Vous dites « mon » dégoût… Seriez-vous Simon ?

  Guy Goffette — C’est vrai, je dois expliquer ce « Simon-je », ce dédoublement déjà présent dans Un été autour du cou, qui rejoint le mentir-vrai d’Aragon. Dans ces souvenirs, il y a une part de mon enfance à la campagne, mais forcément recréée, et une part d’invention. C’est pourquoi, selon qu’on se situe dans l’action ou dans la réflexion, il y a ce passage de Simon à « je » : « je » ressens, « Simon » agit.

L’enfance de Simon est donc un peu la vôtre…

  Guy Goffette — Oui, dans la mesure où j’ai gardé une idée plutôt paradisiaque de mon enfance, même si j’étais un enfant pauvre, un enfant campagnard, qui court les bois, les champs, et qui vit un peu seul.

En grandissant, Simon découvre qu’un homme peut être léger, en la personne de son oncle Paul, précisément commerçant en lingerie ?

  Guy Goffette — En me faisant découvrir la texture des tissus, l’oncle Paul a commencé à m’initier à la beauté, au passage de l’utilitaire à l’esthétique. Certes, ce grand amateur de femmes était aussi léger qu’amoral, mais, à l’opposé de la rigueur paternelle, il était celui qui travaillait dans le doux, dans le soyeux et, surtout, qui était libre. C’est un personnage qui m’a beaucoup séduit, au point de m’avoir un temps donné envie de lui succéder !

© www.gallimard.fr, 2006

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