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L'Infini, une revue littéraire au temps de l'explosion de l'information En 1982, Philippe
Sollers rejoint les Éditions Gallimard. Tel Quel, fondée
en 1960, disparaît et renaît sous le titre L'Infini,
chez Denoël puis chez Gallimard en 1983. La revue publie des textes
de Philippe Sollers, Julia Kristeva ou Marcelin Pleynet, mais également
de jeunes auteurs et de grandes signatures, comme Philippe Roth, Milan
Kundera, Nabokov. L'Infini vu par Philippe Sollers : L'Infini repose sur le pari suivant : c'est qu'il y a, qu'il y aura, de plus en plus besoin d'une revue littéraire au temps de l'explosion de l'information et des réseaux de communications multiples. Plus la diversification spectaculaire et publicitaire augmente, et plus le langage concentré, médité, de la littérature peut le traverser en acte. Plus les stéréotypes s'enchaînent, et plus le style même des interventions singulières, les corps, les voix, prennent, paradoxalement, la force de leur démesure. Au nihilisme diffus de la «fin du monde» - repli sur soi, néo-académisme, dépression avant-gardiste, morosité, affaissement du désir - succède donc une désinvolture calculée, obstinée, une pensée nouvelle des formes. La télévision ? Les magazines ? La politique devenue marketing ? L'édition journalistique ? La psychanalyse d'État ? Le tourbillon des médias ? Mais ce n'est rien ! Rien, vraiment. Pas de quoi avoir peur. Lisez plutôt ces textes, là, choisis, dans cette publication qui scintille tous les trois mois. Fictions ou essais, sérieux ou fantastiques, purs ou obscènes, ils prennent tout le système à revers, le trouent, le désarticulent. Ils définissent, sans avoir à s'accorder sur un projet commun, une ponctuation radicale, une sorte de nerf hors la loi.
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