Le conseil de lecture de Sébastien Ortiz :

Gros-câlin
de Romain Gary (Émile Ajar)

Collection Folio

  Voici un livre qui d'emblée se glissa sous mon lit sans préméditation car on n'a jamais besoin de raison pour se planquer et ma jeune adolescence pâtissait parfois d'une réelle absence de panneaux de signalisation avec tout ce que cela sous-entend de privation du droit d'asile, de banlieue parisienne et autres systèmes d'évacuation bouchés sans possibilité d'atoll.
  Or, à mesure que je découvrais les frasques tendres et désopilantes de ce double insoupçonné qui se berçait tout seul, s'escrimait à vaincre l'angoisse statistique en se réfugiant auprès de son python de deux mètres vingt « dans un but de rapprochement et de fraternité », effectuait le tour du monde dans un ascenseur aux côtés de Mlle Dreyfus, « une Noire de la Guyane française comme son nom l'indique » qui provoquait en lui un effet immédiat de « surplus américain » — eh bien à mesure que nous échangions ses signes de connivence sans faire appel au SAMU, mon exemplaire de Gros-Câlin vient à muer et à se couvrir d'écailles qui progressivement me tombèrent des yeux
  — « La vie est une affaire sérieuse, à cause de sa futilité »

 

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