La Chine à l'enseigne de la Nrf
La Chine des écrivains occidentaux

  • Connaissance de l'est de Paul Claudel
  • Le Complexe de Di de Dai Sijie
  • L'Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras
  • Un détour par l'Orient de Gérard Macé
  • Chine et autres orients de Giorgio Manganelli
  • Le Sac du palais d'été de Pierre-Jean Remy
  • L'Ami qui venait de l'an mil de Claude Roy
  • Porte de la Paix céleste de Shan Sa
  • Et aussi...

       
     
Paul Claudel
Connaissance de l'est
suivi de L'Oiseau noir dans le soleil levant
Collection « Poésie/Gallimard » [1974]
  « De L'Oiseau noir dans le soleil levant, Claudel disait "qu'il forme diptyque avec Connaissance de l'Est". Sans doute songeait-il surtout, en rapprochant ces deux textes, à leur "sujet", à cette double découverte de l'Orient qui leur donne en effet une apparente unité. De l'un à l'autre des passages se font ; le Japon est au cœur de Connaissance de l'Est avec les poèmes qui évoquent le voyage de 1898 et les souvenirs de Chine affleurent aisément dans L'Oiseau noir. Plus nettement, dans ce recueil, Claudel revient sur certaines opinions, sur certaines réactions anciennes pour les préciser ou les contredire.
  Les ressemblances toutefois sont plus profondes que n'implique ce parallélisme, plus révélatrices aussi. »
  Jacques Petit
       
     
Dai Sijie
Le Complexe de Di
Collection « Blanche » [2003]
  Muo, myope, puceau et fervent adepte de l'esprit chevaleresque, repart pour la Chine après un long exil en France. Il a décidé de délivrer Volcan de la Vieille Lune, sa fiancée emprisonnée pour avoir divulgué des photos interdites. Or s'il veut atteindre ce but, Muo doit s'attirer les grâces du cruel juge Di. Il ne dispose que d'une arme : la psychanalyse, inconnue en Chine. Dans son combat, la médecine des âmes s'avérera de grande utilité. Muo, devenu psychanalyste ambulant, l'étendard freudien claquant au-dessus de sa bicyclette, progresse vers son aimée à travers un pays en pleine métamorphose, surprenant et même dangereux, prêt à tout pour satisfaire le juge Di, tyran capricieux qui souffre d'un monstrueux complexe.
  Du même auteur :  
  Balzac et la petite tailleuse chinoise

  Collections « Blanche » et « Folio » [2000]
       
     
Marguerite Duras
L'Amant de la Chine du Nord
Collections « Blanche » et « Folio » [1991]
  « J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 [...]. Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie.
  J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de l'enfant : elle n'était pas encore là dans L'Amant, le temps manquait autour d'eux. J'ai écrit ce livre dans le bonheur fou de l'écrire. Je suis restée un an dans ce roman, enfermée dans cette année-là de l'amour entre le Chinois et l'enfant.
Je ne suis pas allée au-delà du départ du paquebot de ligne, c'est-à-dire le départ de l'enfant. »
  Marguerite Duras
       
     
Gérard Macé
Un détour par l'Orient
Collection « Le Cabinet des lettrés » [2001]
  « La lecture de Segalen à la fin de l'adolescence, l'apprentissage rudimentaire et vite abandonné de la langue chinoise, puis trois voyages au Japon ont fini par me donner, autant qu'une connaissance de l'Orient, un autre regard sur ce qui m'était le plus proche. C'est pourquoi prennent place dans un même volume, à la suite de Leçon de chinois et Choses rapportées du Japon, les tercets des Petites coutumes, inspirés par le village d'Île-de-France où j'ai été enfant.
  Hölderlin l'avait déjà formulé, avec d'autres mots : l'une de nos tâches les plus ardues, mais les plus nécessaires, consiste à s'approprier ce qui nous est le plus familier. Chacun à sa façon, avec des détours qui lui sont propres. »   Gérard Macé
       
     
Giorgio Manganelli
Chine et autres orients
Collection « Le Cabinet des lettrés » [1996]
  « Durant de nombreuses années, et peut-être de nombreuses incarnations, j'avais toujours rêvé de ces invraisemblables déplacements intercontinentaux, qui ne peuvent arriver, exclusivement, que comme des cadeaux du destin ; quelles conjonctions astrales ont bien pu mettre en mouvement cette avalanche de translations terrestres, je l'ignore ; mais j'espère qu'elles sont du type de celles qu'on met des années à fabriquer, et qui ne se détruisent pas facilement. On peut se demander pourquoi le voyage exerce une fascination aussi grande sur une personne à vocation sédentaire ; un lecteur acharné et solitaire ne commet pas l'erreur de croire qu'il s'expatrie de sa bibliothèque le jour où il s'embarque pour l'Asie ; il sait qu'il est toujours, par essence, un chercheur de signes, de paroles implicites, de "façons de parler", d'in-folio et de brochures. La syntaxe classique, la fragile et éternelle concinnitas de Pékin se mêlent aux anacoluthes de Kuala Lumpur, à l'hyperbole publicitaire de Hong Kong, à l'emphase rococo du palais d'Été. Et que seront les temples d'Ipoh ? Des énigmes, des emblèmes, des entéro-idéogrammes de la planète ? Le philologue devenu analphabète n'échappera pas pour autant à son éternel destin de lecteur. »
       
       
Pierre-Jean Remy
Le Sac du palais d'été
Collection « Blanche » et « Folio » [1971]
  Simon Anglade déambule dans Pékin. Il doit quitter la ville et sa mémoire l'assaille. Puis Guillaume, à son tour, se laisse envahir par les souvenirs. Ainsi s'organisent non pas une histoire mais plusieurs histoires qui se nourrissent les unes les autres pour former le grand roman d'une société cosmopolite. Espionnage, course au pouvoir, érotisme et amour, désespoir, violence et beauté, tout se mêle. Les aventures de cette multitude de personnages se déroulent pendant un demi-siècle en Europe, aux États-Unis, et surtout en Chine où se confrontent deux mondes, pendant la révolution culturelle. Les éléments épars de toutes ces vies brossées par touches rapides sont des détails d'une vaste fresque d'où se détachent deux motifs principaux, universels : la vanité de la puissance, la lutte contre la mort.
       
     
Claude Roy
L'Ami qui venait de l'an mil. Su Dongpo (1037-1101)
Collection « L'Un et l'autre » [1994]
  « L'autre fut de passage sur terre il y a environ mille ans (1037-1101). L'un est de passage ici, actuellement. Il regarde en ce moment une vanesse, aux ailes décorées d'un subtil motif oriental. Le papillon bat des ailes sur le bord de la fenêtre à tabatière du grenier où l'on écrit et rêvasse. Que veut dire actuellement pour une vanesse, le temps d'un battement d'ailes ? Qu'est-ce que cela veut dire pour l'un ? Qu'est-ce que cela voulait dire pour l'autre ?
  Quand l'un, l'actuel, dit que l'autre est son ami, qu'est-ce que cela peut signifier ? Déjà l'amitié pour celui qui est là, qu'on peut regarder, écouter, toucher, sentir, ce n'est pas si facile à comprendre. Quant à l'amitié pour une trace, la sympathie pour une ombre, le plaisir pris à la présence d'un absent, est-ce un sentiment raisonnable ? »
  Claude Roy
       
     
Shan Sa
Porte de la Paix céleste
Collection « Folio » [1999]
  Zhao le soldat et Ayamei la révoltée courent dans les rues sombres de Pékin. La Place de la Paix céleste — Tian an men — est couverte du sang des étudiants. Du sang des enfants de la Chine moderne, élevés dans l'idéologie étouffante du régime maoïste.
Ayamei se cache, quitte Pékin, parcourt des milliers de kilomètres, fuit vers la montagne. Inlassablement Zhao suit sa piste. Son acharnement est à la mesure de sa foi dans le régime : aveugle et sans limites.
  Au terme de cette longue traque, Zhao, l'autodidacte inflexible, se laissera-t-il contaminer par la beauté et la poésie ou choisira-t-il d'ignorer la voie qu'Ayamei est en train de découvrir ?
  Il deviendra, malgré lui, le héros d'un roman d'amour sobre, pudique et troublant.

  Du même auteur :  
  Les Quatre Vies du Saule

  Collection « Folio » [2001]
  La Joueuse de go
  Collection « Folio » [2002]

       
     

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