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La
Quinzaine de la Pléiade
Album Marcel Aymé
Marcel
Aymé et le théâtre
Sur
les planches
« Céline, qui avait pourtant connu le succès
dès 1932 avec Voyage au bout de la nuit, a toujours envié
la réussite de Marcel Aymé au théâtre. Il est
vrai que, depuis 1948, avec Lucienne et le boucher, il connaissait
une brillante carrière d'auteur dramatique, dont le premier artisan
fut Douking. Il avait déjà lu et apprécié
la pièce avant-guerre, mais n'avait pu trouver de salle pour la
monter. En 1946, il demanda à Marcel Aymé de la reprendre
et d'y apporter quelques coupures car, à l'origine, elle durait
trois heures et demie. Il fallut s'entendre ensuite sur le choix des acteurs.
Arletty se récusa, mais Valentine Tessier accepta, ainsi que Robert
Arnoux, Henri Crémieux, Janie Frazia et Jacques Fabbri. Robert
Kemp et Jean-Jacques Gautier firent la fine bouche, mais Jacques Lemarchand
et Thierry Maulnier encensèrent le spectacle qui tint l'affiche
plusieurs mois au Vieux-Colombier.
Deux ans après, Clérambard lui causa quelques soucis.
Que le comte de Clérambard fût touché par la grâce
après une prétendue apparition de saint François
d'Assise, et que le curé du village ne vît rien, au dernier
acte, du miracle qui s'accomplissait sous ses yeux, fit rire les esprits
libres et grimacer les bigots. Jean-Jacques Gautier fit amende honorable,
dans Le Figaro, en jugeant Clérambard supérieur
à Lucienne et le boucher, mais, quelques jours plus tard,
dans les colonnes du même journal, François Mauriac se déchaîna
contre la pièce et son auteur. [
]
Malgré le déchaînement des cagots, Clérambard,
admirablement interprété par de grands acteurs comme Jacques
Dumesnil, Huguette Duflos, Mona Goya, et habilement mis en scène
par Claude Sainval, dans des décors de Jean-Denis Maclès,
fut joué plusieurs mois à la Comédie des Champs-Élysées. »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé

Le dramaturge
« [
] Marcel Aymé demeura très actif au
théâtre, au point que, de 1953, après La Tête
des autres, à 1961, on vit son nom presque chaque année
à l'affiche. Depuis le succès de Lucienne et le boucher,
il avait découvert un monde nouveau où il se sentait tout
à fait à l'aise. Les acteurs, décorateurs, metteurs
en scène lui parurent simples et agréables, sans compter
qu'ils l'adoptèrent tout de suite parce qu'il n'était pas
un auteur capricieux et exigeant. Claude Sainval, André Barsacq
et Henri Crémieux devinrent ses amis. [
]
L'art dramatique lui-même fit sa conquête, car il demandait
moins de lignage que la création romanesque. Il avait fini par
écrire rapidement et facilement ses pièces. Les dialogues
devenaient une habitude et se créaient vite. Il n'était
plus retenu par les descriptions de lieux et de personnages qu'il avait
pourtant toujours réduites au minimum. Sa nature indolente reprenait
le dessus. Cependant, l'auteur de théâtre se sentait moins
libre que le romancier. En effet, quand il avait campé un personnage,
il devait lui refuser tout changement, alors que le roman permettait plus
de liberté. Il trouvait toutefois que l'évolution de l'art
dramatique qu'il observait était porteuse d'espoir. " Depuis
un quart de siècle [
], le théâtre tend
à s'affranchir des stylisations [
], des auteurs dramatiques
répudiant insensiblement l'art pour la réalité humaine
et ses complexités [
]. Aussi a-t-on vu se multiplier
les pièces où les personnages, soit en duo, soit en solo,
expliquaient au spectateur les secrets dédaléens de leur
moi. On comprend que les romanciers ne se sentent pas trop dépaysés
dans ce théâtre-là, et qu'ils soient tentés
de lui apporter leur contribution. " »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé
La
Quinzaine de la Pléiade
Les jours
/ Les
uvres / Les amitiés
de Marcel Aymé / Marcel Aymé
et son « bestiaire » / Marcel
Aymé journaliste / L'écrivain
au travail / Marcel Aymé dessinateur
/ Marcel
Aymé sur grand écran /
L'association
des amis de Marcel Aymé
©
Gallimard 2001
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