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La
Quinzaine de la Pléiade
Album Marcel Aymé
uvres
de Marcel Aymé
Romans
Brûlebois (Gallimard,
1926)
Aller Retour (Gallimard, 1927)
Les Jumeaux du Diable (Gallimard,
1928)
La Table-aux-Crevés (Gallimard,
1929)
La Rue sans nom (Gallimard,
1930)
Le Vaurien (Gallimard, 1931)
La Jument verte (Gallimard,
1933)
Maison basse (Gallimard, 1935)
Le Moulin de la Sourdine (Gallimard, 1936)
Gustalin (Gallimard, 1937)
Le Buf clandestin (Gallimard,
1939)
La Belle Image (Gallimard,
1941)
Travelingue (Gallimard,
1941)
La Vouivre (Gallimard,
1943)
Le Chemin des écoliers (Gallimard, 1946)
Uranus (Gallimard, 1948)
Les Tiroirs de l'inconnu
(Gallimard,
1960)
Essais
Silhouette du Scandale (Éditions du Sagittaire,
1938)
Le Confort intellectuel (Flammarion, 1949)
Théâtre
Vogue la galère (Grasset, 1944)
Lucienne et le boucher (Grasset, 1947)
Clérambard (Grasset, 1950)
La Tête des autres (Grasset, 1952)
Les Quatre Vérités (Grasset, 1954)
Les Oiseaux de lune (Gallimard, 1956)
La Mouche bleue (Gallimard, 1957)
Patron (1960)
Nouvelles
Le Puits aux images (Gallimard, 1932)
Le Nain (Gallimard, 1934)
Derrière chez Martin (Gallimard, 1938)
Le Passe-muraille (Gallimard,
1943)
Le Vin de Paris (Gallimard, 1947)
En arrière (Gallimard, 1950)
Contes
Les Contes du chat perché (Gallimard,
1939)
Autres Contes du chat perché (Gallimard, 1950)
Derniers Contes du chat perché (Gallimard, 1958)

Brûlebois
« En 1925, lors de son retour forcé à Dole,
Marcel Aymé, pour occuper ses loisirs forcés, s'entendit
proposer par sa sur Camille d'écrire l'histoire de Brûlebois,
ce doux ivrogne qui portait les bagages à la gare. [
]
Marcel Aymé accepta, prit un cahier d'écolier et commença
la rédaction de son premier roman. Marcel Eugène Brûlebois
était bien connu à Dole car, outre ses activités
de porteur, il rendait de menus services aux uns et aux autres, quand
il ne s'attardait pas dans les bistrots. Bien élevé et très
poli, il s'exprimait dans un langage châtié qui donna sans
doute l'idée au jeune écrivain d'en faire un ancien sous-préfet.
À la fin d'avril 1926, le roman était achevé. »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

La
Table-aux-Crevés
« Le 4 mars 1929, Macel Aymé commença un nouveau
roman qui, terminé en juin, fut immédiatement soumis à
Gaston Gallimard et accepté. " On m'a seulement dit que
le livre était jugé très supérieur aux précédents
(je ne suis pas sûr que ce soit au pluriel). On m'a seulement fait
part des critiques qui sont : des négligences de style et pas mal
de fautes d'orthographe. La rapidité avec laquelle j'ai écrit
les explique suffisamment. Enfin, je suis bien heureux que le manuscrit
soit pris sans l'ombre d'une discussion, alors que je m'attendais à
le voir refusé. " »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

La
Rue sans nom
« Après avoir obtenu le prix Renaudot pour La
Table-aux-Crevés, Marcel Aymé chercha à se renouveler
avec un roman populiste : La Rue sans nom. Son frère Georges
lui avait suggéré de s'intéresser aux milieux ouvriers,
mais sa première réaction avait été négative
en alléguant qu'il les connaissait mal. Cependant, à la
réflexion, peut-être aidé par la lecture de faits
divers, il décida de traiter le sujet en imaginant une rue peuplée
d'Italiens qui allait prendre peu à peu un visage particulier.
Elle vivrait en chacun de ses habitants, illustrerait l'unanimisme de
Jules Romain et, en même temps, renouvellerait le naturalisme d'Émile
Zola dont Marcel Aymé n'appréciait pas les longues descriptions
fastidieuses. »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé
La
Jument verte
« Publiée en juin 1933, [La Jument verte]
reçut de bonnes critiques dès le début de juillet
et la presse en parlait encore à la fin de l'année. L'une
des phrases de l'article de Ramon Fernandez, publié par Marianne,
servit même de texte publicitaire : " Quant au comique
du livre, sachez que j'avais très mal à la gorge quand je
l'ai lu et que mes éclats de rire ont si bien aggravé mon
état que j'ai failli ne pas pouvoir écrire cette chronique. " »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

Travelingue
« [
] au début de l'Occupation, [Marcel
Aymé] avait donné Travelingue, document ironique
sur une bourgeoisie entichée de cinéma à l'époque
du Front populaire. La critique officielle l'avait encensé car
le roman se situait à une époque qu'elle détestait.
Brasillach l'avait présenté comme " le règne
grandiose de la bêtise divinisée ", mais il avait
aussi rajouté : " Non que la politique soit le fort
de Marcel Aymé. Indomptablement en dehors des partis, il se contente
de passer à travers l'existence, muet et railleur, terriblement
prêt à écouter, à voir, à raconter ce
qu'il a vu et entendu. " »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

La
Vouivre
« Loin d'adhérer à l'apologie du retour à
la terre, préconisé par Pétain, [Marcel Aymé]
se tourna cependant à nouveau vers la campagne de son enfance
et imagina la merveilleuse histoire de la Vouivre qui enthousiasma d'abord
Gaston Gallimard, puis toute la critique. Elle ne se rendit pas compte,
comme Sylvain Roumette dans " Un Siècle d'écrivain
", que le diamant de la divinité des eaux, maudit parce qu'il
suscitait les convoitises et entraînait la mort, était d'origine
germanique
il y avait de cela deux mille ans, il est vrai. "
Un jour, raconte la Vouivre à Arsène, j'étais
couchée sur les graviers du Doubs quand il est venu un cavalier
faire boire son cheval à la rivière. C'était Teutobock,
le roi des Teutons. [
] De son côté, il me regardait
du coin de l'il et il avait beau être pressé, il a
pris le temps de me violer. Tout en me débattant, j'ai glissé
ma main dans son sac de cuir et j'y ai pris le rubis qui ne m'a jamais
quitté depuis. "
Gaston Gallimard avait eu raison d'accepter sans réserve La
Vouivre, car c'est l'un des meilleurs romans de Marcel Aymé. »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

Les
Tiroirs de l'inconnu
« En 1960, [Marcel Aymé] était revenu
au roman avec Les Tiroirs de l'inconnu qui fut apprécié
malgré une composition extrêmement libre. Un peu à
l'image du nouveau roman, il avait cassé le récit traditionnel
pour mêler des monologues intérieurs, divers documents rédigés
par ses personnages, un début d'essai sur l'amour et des fragments
de scénario ou de pièce de théâtre. Il en tira
d'ailleurs Les Maxibules. »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé
Le
Passe-muraille
« [
] en 1943, il avait publié Le Passe-muraille,
fruit de ses observations depuis le commencement de la guerre, mais aussi
de son indignation. L'une des nouvelles de ce recueil, " En attendant
", fut particulièrement appréciée car elle évoquait
avec justesse et finesse les souffrances des petites gens dans leur vie
quotidienne. Il s'agissait d'une série de silhouettes que l'auteur
traçait et animait dans une file d'attente devant une épicerie
de la rue Caulaincourt. Chacun y retrouvera avec ses préoccupations
ou crut y voir son voisin et sa voisine, sans compter que Marcel Aymé
s'était permis de glisser la phrase désormais célèbre
: " Moi, dit le Juif, je suis juif. " Au réalisme
des tickets de rationnement et des difficultés de ravitaillement
de toutes sortes s'ajoutait aussi le fantastique grâce auquel l'esprit
s'évadait et oubliait les réalités de son temps.
Un homme passait à travers les murs, une femme se multipliait à
travers le pays et les continents, les inutiles n'avaient plu droit qu'à
quinze jours d'existence par mois, un décret avançait le
temps de dix-sept ans, etc. En pleine Occupation, Marcel Aymé se
permettait même de tourner en dérision la folie meurtrière
des belligérants »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

Les
Contes du chat perché
« [
] il avait reçu le prix Chantecler, doté
de cinq mille francs, pour ses Contes du chat perché. Depuis
1934, il avait en effet publié plusieurs histoires de Delphine
et Marinette qui avaient beaucoup plu. Il n'y avait guère eu qu'André
Rousseaux, dans Le Figaro, pour faire la fine bouche et oser écrire
: " Ce sont moins des contes pour enfants que des fables, sans le
génie de La Fontaine, étirées en prose, saupoudrées
d'ironie et de gentillesse pseudo-poétiques ". C'est pourquoi
on lit, dans la prière d'insérer d'un recueil de 1939
: " [
] un critique distingué a déjà fait
observer, avec merveilleusement d'esprit, que si les animaux parlaient,
ils ne le feraient pas du tout comme ils le font dans Les Contes du
chat perché. Il aurait bien raison. Rien n'interdit de croire
en effet que si les bêtes parlaient, elles parleraient de politique
ou de l'avenir de la science dans les îles Aléouliennes.
Peut-être même qu'elles feraient de la critique littéraire
avec distinction. "
On rit beaucoup et l'esprit de Marcel Aymé ne fit que conforter
la réussite des Contes du chat perché. Il trouva
même une auxiliaire précieuse en la personne de Nathalie
Parrain qui fut chargée de les illustrer à partir de 1937.
On peut dire qu'il fut ébloui par son talent, comme l'indiquent
ses lettres. Après avoir visité l'une de ses expositions,
il lui écrit : " Vos dessins sont très beaux, d'une
grâce et d'une bonté émouvantes. Je suis content de
les avoir vus. Il me tarde aussi de voir les illustrations du 'Paon'.
Schiffrin m'a dit qu'elles étaient encore plus belles que les précédentes.
Je viens de me mettre à travailler pour vous. Je peux vous dire
que j'ai déjà un poussin, un chat, un chien de chasse (chien
courant) et un cerf avec beaucoup de bois sur la tête. " »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé

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Quinzaine de la Pléiade
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des amis de Marcel Aymé
©
Gallimard 2001
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