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La
Quinzaine de la Pléiade
Album Marcel Aymé

Marcel
Aymé, journaliste
« On
sollicita aussi [Marcel Aymé] pour différents articles.
Un mensuel grivois, Paris-Magazine, dont les photos de nus étaient
bien connues du public, en fit l'un de ses collaborateurs pendant quelques
temps. Mais ses propos restèrent bien anodins et de bon goût...
Plus intéressante fut la proposition d'Emmanuel Berl de lui confier
un article par semaine dans Marianne. Outre plusieurs nouvelles
et romans, il y publia donc les réflexions que certaines information
de son choix lui inspiraient. Commencée le 22 mars 1933, cette
participation dura cinq ans, mais avec une fréquence variable :
vingt-sept articles en 1933, cinquante et un en en 1934, vingt-six en
1935, deux en 1936 et un en 1938.
À l'écoute de son époque, Marcel Aymé regarda,
enregistra et témoigna. Nullement gêné de passer d'un
sujet à l'autre, il aborda les questions les plus diverses et s'intéressa
même à l'actualité étrangère. Dans "Sujets
réservés", le 17 mai 1933, il ironisa sur la censure
qui sévissait dans la presse italienne où il n'était
pas question, par exemple, de s'interroger sur les interventions publiques
du Duce, puisque le texte de ses discours parvenaient aux journalistes
assortis de commentaires à publier... [...]
Mais l'actualité étrangère, aussi importante fût-elle,
n'a pas constitué l'essentiel des préoccupations de Marcel
Aymé dans ses articles de Marianne. La plupart d'entre eux,
au contraire, ont été consacrés aux événements
nationaux, qu'ils furent scolaires, judiciaires, sociaux, politiques,
culturels ou tout simplement anecdotiques. Le 14 février 1934,
il met ainsi en scène un clochard qui mendie avec un képi
et un chapeau melon. Étonné, l'auteur lui pose quelques
questions et s'entend répondre que, lors des émeutes récentes,
les "Cipaux" ont chargé la foule, et que le clochard
s'est "senti frôlé par le fer des canassons".
Lorsqu'il a rouvert les yeux, il a vu par terre, "un képi
et un chapeau melon tout neuf, que le Bon Dieu avait mis là, à
la portée de [sa] main" et qu'il a décidé
de s'approprier.
Ses articles fourmillent de récits drôles grâce auxquels
il s'est forgé peu à peu une image d'observateur humoriste.
Marcel Aymé fut un piéton de Paris en quête de pittoresque
et d'inspiration. Mais il sut également être grave et véhément
lorsque l'actualité le demandait. »
Michel Lécureur,
Album Marcel Aymé
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©
Gallimard 2001
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