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La Marche turque de Roger Grenier. Entretien

Dans La Marche turque, on retrouve nombre de vos thèmes de prédilection.....

Oui, par exemple, dans « Les trois saisons », les villes d'eaux ; dans « La dernière chance », le personnage du vieux journaliste dont le dernier reportage devient encore plus catastrophique que les précédents ; dans « Le sixième commandement », ce qu'on pourrait appeler mon « inspiration Tchekhov », puisqu'il s'agit de l'histoire d'un couple adultère qui fuit de Saint-Pétersbourg aux Pyrénées (précisément à Pau), sans savoir que son chemin n'est qu'une suite d'étapes vers la mort et le malheur...

Un recueil plutôt sombre ?

Il y a une progression dans la construction du recueil qui, avec les trois premières nouvelles, part d'un comique proche du vaudeville pour glisser, avec les trois suivantes, vers le tragi-comique, et enfin atteindre à une tonalité plus amère. Ainsi des « Clés de la ville », où l'on assiste au naufrage de celui qui fut un grand poète, naufrage qui se révèle publiquement. J'ai transposé là des faits réels qui m'avaient alors profondément attristé.

Et « La marche turque » proprement dite ?

C'est la plus ample des nouvelles. Elle raconte l'éducation sentimentale d'un jeune homme parti chercher fortune en Orient, à Istanbul, et qui reviendra tel qu'il était venu. Comme chacun, il rapporte quelques meurtrissures, des souvenirs doux-amers, l'image d'une femme, bref ce qui, au fil des ans, fait que le passé rend le présent supportable.

Entretien réalisé à l'occasion de la parution de La Marche turque (1993).

© Éditions Gallimard