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Au sommaire du 200e numéro du Débat

Comme son nom l’indique, Le Débat a entendu depuis le départ s’inscrire dans le débat public, à sa modeste échelle, avec le souci particulier d’y apporter une réflexion distanciée sur ses instruments, ses conditions de fonctionnement et ses problèmes. Nous n’avons cessé de le faire en multipliant les éclairages sur le sujet. Ce 200e numéro est l’occasion d’y revenir une fois encore à un moment où les changements de toute nature s’accélèrent et s’amplifient.

Au sommaire du 200e numéro du Débat

Sur l’état du débat public

Les changements techniques amenés par l’ère numérique tiennent bien entendu la première place dans le débat public. Les promesses initiales en matière de conversation civique sont-elles au rendez-vous ? À l’heure de la post-vérité et des fake news, il y a lieu de se le demander. Nicolas Vanbremeersch revient sur les raisons de ces perplexités croissantes.
La montée en puissance des médias et l’accroissement de leur indépendance n’ont pas empêché la dégradation sensible de l’image des journalistes. Jean-François Kahn s’interroge sur ce paradoxe. Alain Duhamel propose une explication de cette détestation.
Les Français avaient donné un nom à ce lieu idéal de l’échange autour de la chose publique : la « culture générale », l’ensemble des repères permettant de s’entendre sur les affaires communes. La notion est aujourd’hui contestée, si ce n’est rejetée. Charles Coustille et Denis Ramond en retracent le parcours.

  • Jean-François Kahn : Le paradoxe des médias
  • Nicolas Vanbremeersch : De quoi les fake news sont-elles le nom ?
  • Denis Ramond, Charles Coustille : La culture générale : histoire d’une désillusion française
  • Alain Duhamel, Pourquoi déteste-t-on tant les journalistes ?

Au-delà du harcèlement

Le choc d’opinion déclenché par l’affaire Weinstein et par le déferlement de témoignages sur les violences faites aux femmes marquera sans doute un tournant dans l’élaboration des manières et des mœurs requises par l’égalité nouvelle entre les sexes.
Mais après ? En supposant ces anciennes pratiques dépassées pour de bon, à quoi ressemblera cette civilité nouvelle dans les rapports entre les femmes et les hommes ? Qu’y deviendra la séduction ? demande Gilles Lipovetsky.
Robert Muchembled réinscrit l’épisode dans l’histoire longue de la civilisation des mœurs décrite par Norbert Elias et en fait ressortir la portée.

  • Gilles Lipovetsky : L’effet harcèlement sexuel : l’avenir de la séduction
  • Robert Muchembled : La civilisation des mœurs sera-t-elle rénovée par les femmes ?

Le masculin en révolution

Le grand mouvement d’émancipation féminine des dernières décennies a tout naturellement polarisé l’attention. Mais il n’a pas moins concerné par contrecoup la condition masculine. Il en a profondément transformé les données et les perspectives sans que l’on y prenne suffisamment garde. C’est le constat de cette carence qui a motivé le travail sur plusieurs années d’un petit groupe informel de réflexion dont ce dossier recueille les résultats.
Premier impératif : prendre la mesure du phénomène. Protestation momentanément victorieuse contre un patriarcat éternel ou dissolution en bonne et due forme de celui‑ci ? Marcel Gauchet interroge ce qu’a représenté la domination masculine et les conséquences de son effacement.
Le XXe siècle aura été celui de la découverte et de l’exploration du domaine de la sexualité. Que nous ont-elles appris? Jean-Marie Lacrosse analyse ce que disent les enquêtes anciennes et récentes sur les pratiques sexuelles quant aux attentes du genre féminin et du genre masculin.
Le bouleversement des rôles établis a eu des effets inattendus. S’il a promu la mixité dans de nombreux secteurs, il a également suscité de nouvelles barrières. Monique Dagnaud montre ainsi la manière dont l’univers numérique s’est prêté à un investissement spécifiquement masculin. Martin Dekeyser met en lumière la culture de l’immaturité qui s’est développée chez les jeunes garçons. Yoann Dabrowski examine, à partir du cas américain, la signification des réaffirmations viriles à l’« adulescence ».
La disparition du patriarcat n’empêche pas l’existence de la paternité. Que représente-t-elle dans ces nouvelles conditions ? Comment s’exerce-t-elle ? Michèle Brian décrit les voies par lesquelles elle se transforme. Marie-Claude Blais plaide pour sa réinvention, en soulignant la place qui lui revient.

  • Marcel Gauchet : La fin de la domination masculine
  • Jean-Marie Lacrosse : Le sexe a-t-il un genre ?
  • Monique Dagnaud : Internet, une passion masculine
  • Martin Dekeyser : La nouvelle culture masculine de l’immaturité
  • Yoann Dabrowski : Masculinités adulescentes en reconfiguration
  • Michèle Brian : Les nouveaux pères
  • Marie-Claude Blais : Réinventer la paternité ?

Et aussi :

  • Pierre Nora, Contre vents et marées
  • Entretien avec Jacques Julliard : Un engagement historien

le-debat.gallimard.fr

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Le débat public et les médias ; Problèmes de société dans Le Débat

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